La décarbonation devient une priorité pour les bailleurs de fonds étrangers
Les ambitions du Royaume pour décarboner son économie concordent aujourd’hui avec les orientations des bailleurs de fonds étrangers qui en font une priorité, voire une condition pour octroyer les financements.
Le nouveau plan d’action 2021-2025 de la Banque mondiale sur le changement climatique, inaugure un changement de paradigme, qui consiste à passer de l’investissement dans les projets verts à un verdissement des économies dans leur ensemble, a déclaré Riccardo Puliti, vice-président pour l’Infrastructure à la Banque mondiale, intervenant lors d’une table ronde organisée par le Policy Center for the New South sur le thème : "Décarbonation de l’économie marocaine : Défis et opportunités au lendemain de la COP26".
“Dans le cadre de ce nouveau plan, le groupe Banque mondiale a annoncé l'objectif ambitieux de 35% de son financement en moyenne, au cours des cinq prochaines années, visant à avoir des bénéfices climatiques”, a-t-il précisé.
“Au début de 2021, le fonds d’investissement pour le climat, qui est géré par la Banque mondiale, a annoncé la mise en place d’un programme d’investissement pour accélérer la transition pour la sortie du charbon. En juin, le G7 a annoncé un appui de 2 milliards de dollars à ce programme et à d’autres programmes complémentaires du fonds d’investissement pour le climat, visant l’accroissement de la pénétration des énergies renouvelables.”
L’ambassadeur du Royaume-Uni, Simon Martin, qui a également participé à cette rencontre, a révélé quant à lui que le Maroc et son pays coopèrent “pour aligner la politique d’investissement du Fonds Mohammed VI avec les nouvelles exigences des donateurs et des banques internationales de développement”.
“Je crois qu'un travail conjoint est nécessaire à tous les niveaux pour s’assurer que le capital et les contributions prévus au Fonds Mohammed VI pour l'investissement sont alignés sur l’Accord de Paris, et contribuent à la mise en œuvre d’infrastructures à faible émission et résilientes”, a-t-il indiqué.
La sortie progressive du charbon, nouvel engagement écologique du Maroc
L’ambition du Maroc de faire des énergies renouvelables le fer de lance de son développement économique nécessite un investissement à grande échelle. Or, l’infrastructure a un coût élevé, tandis que le budget de l’État est limité.
Cette forte orientation de la Banque mondiale, mais aussi d’autres bailleurs de fonds étrangers, ouvre donc des possibilités pour le Royaume, tout en lui ajoutant des contraintes.
Alors que le Maroc reposait jusque-là dans sa production d’électricité sur le charbon, les nouveaux engagements pris lors de la COP 26 de Glasgow lui imposent une sortie graduelle de cette source d’énergie fossile. La Banque mondiale en fait également une priorité, selon Riccardo Puliti.
Sur ce sujet, Mohammed Bouramtane, directeur Pôle Développement à l’ONEE, a déclaré que cette dernière avait abandonné, dans la dernière mise à jour de son plan d’équipement, deux centrales à charbon prévues à Nador et à Jerada, par anticipation du retrait progressif du charbon au Maroc.
Cela a été rendu possible grâce à la baisse des coûts des énergies renouvelables à des niveaux très compétitifs “qui permettent de les intégrer au réseau électrique de façon économiquement efficiente”.
“Ce nouveau plan d’équipement prévoit d’ailleurs de dépasser certainement l’objectif de 52% en énergies renouvelables dans le mix énergétique du Maroc, initialement prévu”, précise-t-il.
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