En milieu rural, des écoles satellites plus proches mais des écoles communautaires mieux dotées
La généralisation de la scolarisation dans le milieu rural au Maroc repose sur deux modèles distincts d’établissements, les écoles satellites et les écoles communautaires. Une étude comparative établit les avantages et les inconvénients de chaque modèle et émet des recommandations pour l’avenir.
Un rapport évaluant l’expérience des deux modèles de l’école satellite et de l’école communautaire a été publié, mardi 30 novembre, par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS).
Cette étude conclut que malgré les efforts déployés, les écoles communautaires n’ont pas réussi à s’ériger en modèle au niveau de la qualité des ressources et de l’éducation. Elles souffrent, dans la plupart des cas, d’un manque de personnel encadrant et de faibles ressources en infrastructures, ce qui va à l’encontre de leur conception initiale.
De leur côté, les écoles satellites souffrent encore plus du manque de ressources et d’infrastructures, mais elles demeurent des écoles de proximité qui répondent à la contrainte de la dispersion de l’habitat en milieu rural. L’étude recommande de les équiper en infrastructures et en ressources nécessaires, notamment pour contribuer à la généralisation du préscolaire.
La différence entre école satellite et école communautaire
Au départ, il n’y avait que des écoles dites "autonomes" qui existaient dans les localités à habitat regroupé. La généralisation de la scolarisation en milieu rural a ensuite reposé sur les écoles satellites, afin de couvrir les localités rurales les plus éloignées et les moins peuplées.
Cette appellation provient du fait que ces établissements étaient dotés de quelques salles de cours et implantés dans les douars autour d’une école "mère", ce qui faisaient d’eux des écoles satellites.
Cette politique a effectivement permis de rapprocher l’école des populations des zones les plus reculées, et a ainsi contribué sensiblement à la généralisation de la scolarisation en milieu rural.
Sauf qu’elles ont fait l’objet de critiques pour leur manque de qualité et d’efficience. Le programme d’urgence de 2009, ainsi que la réforme actuelle, ont alors préconisé l’instauration du modèle des "écoles communautaires" qui seront mieux équipées et soutenues, contribuant par conséquent à une discrimination positive en faveur du milieu rural.
En effet, ces écoles communautaires reposent, selon cette étude, "sur un regroupement des élèves d’une même commune au sein d’une école dotée d’infrastructures de base (électricité, eau potable, assainissement, route, etc.) et d’appui social (internat, cantine, transport scolaire, programme Tayssir et logement de fonction pour les enseignants et le personnel administratif)".
Rendement scolaire : un bilan mitigé pour les écoles communautaires
L’étude souligne qu’il n’y a pas de différences notables dans les performances des élèves en mathématiques et sciences entre les écoles communautaires et les écoles satellites.
Par ailleurs, en arabe, les écoles communautaires ont de meilleures performances que les écoles satellites en matière d’acquis linguistiques. En revanche, et paradoxalement, les scores des élèves en langue française montrent un très léger avantage pour les écoles satellites.
Ainsi, le rapport souligne que les données du programme national d’évaluation des acquis (PNEA) 2019 indiquent que "malgré quelques nuances qui ne donnent pas un grand avantage aux écoles communautaires, par rapport aux écoles satellites, les scores des élèves ne reflètent pas une distinction notoire entre les deux types d’écoles".
L’étude montre enfin que même si les écoles communautaires sont relativement mieux équipées et bénéficient de plus d’appui social, elles sont plus touchées par l’absentéisme que les écoles satellites, qui profitent du souci des familles de garder leurs enfants à proximité. En revanche, on note que les classes multi-niveaux, caractéristiques des écoles satellites, sont rares dans les écoles communautaires.
Le rapport note qu’"à part quelques cas réussis, la plupart de ces écoles souffrent d’un manque de personnel encadrant et de faibles ressources en infrastructures".
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