Croissance. L’économie marocaine devrait croître entre 6 à 6,5% en 2021

Face aux diverses prévisions de croissance projetées en 2021, Médias24 a consulté un expert en prospective économique, qui avance que le Maroc réalisera une croissance comprise entre 6% et 6,5% au maximum en 2021. Un taux qui reste toutefois insuffisant pour effacer les pertes de 2020 et retrouver le niveau du PIB de 2019.

Croissance. L’économie marocaine devrait croître entre 6 à 6,5% en 2021

Le 28 novembre 2021 à 9h35

Modifié 14 décembre 2021 à 10h20

Face aux diverses prévisions de croissance projetées en 2021, Médias24 a consulté un expert en prospective économique, qui avance que le Maroc réalisera une croissance comprise entre 6% et 6,5% au maximum en 2021. Un taux qui reste toutefois insuffisant pour effacer les pertes de 2020 et retrouver le niveau du PIB de 2019.

Les prévisions de croissance pour l’année 2021 divergent. Le gouvernement annonce une prévision de 5,9%, le HCP a établi en juillet une prévision de 5,8%, tandis que Bank Al-Maghrib a évoqué, lors de son conseil tenu le 13 octobre, une estimation de 6,2%.

À cinq semaines de la fin de l’année, quel sera le chiffre de la croissance ? C’est la question que Médias24 a posée à un expert en prospective économique. Il se fonde, non pas sur des prévisions économiques, mais sur les chiffres des comptes nationaux et les projections mathématiques de leur évolution.

Selon lui, la croissance ne devrait pas être inférieure à 6%. Et pourrait même atteindre 6,5%. Ce qui rejoint approximativement les prévisions de Bank Al-Maghrib. En effet, le wali avait annoncé une prévision de 6,2% en octobre, tout en ajoutant que celle-ci pouvait être appelée à augmenter d’ici la fin de l’année.

L’agriculture et le tertiaire derrière le coup de boost de fin d’année

Qu’est-ce qui plaide en faveur de cette forte croissance ? Trois éléments, nous apprend notre expert :

1- La réévaluation de la valeur ajoutée agricole : dans ses comptes nationaux du premier semestre, le HCP a tablé sur une croissance du PIB agricole de 17%, suivant en cela les données de la récolte qui étaient disponibles à ce jour. Mais avec la bonne récolte des cultures des mois de septembre et octobre, cette valeur ajoutée agricole devrait monter à 20% sur l’année 2021.

2- La bonne tenue des activités industrielles : la valeur ajoutée du secteur industriel augmentera d’au moins 4,1%. C’est la même prévision émise en juillet par le HCP. C’est un rebond de plus de 11 points par rapport à 2020. « La production industrielle pourrait même connaître une augmentation en fin d’année. » Cela est dû principalement à un effet que les économistes ignorent souvent, et que tient à rappeler notre expert : « La corrélation de la saison agricole et de l’industrie agroalimentaire. »

« L’industrie agro-alimentaire va performer cette année grâce à la bonne tenue de l’aval. C’est un effet mécanique. Et cette industrie a un poids dans la valeur ajoutée industrielle », précise-t-il. À cela s’ajoute la bonne tenue des autres industries qui ont bénéficié d’un grand soutien de l’État dans leur effort de relance. La valeur ajoutée industrielle sera, selon notre source, encore plus forte en 2022, grâce aux nouveaux investissements qui sont en cours de réalisation ou planifiés, et qui vont entrer en production l’année prochaine.

3- L’augmentation des richesses produites par le secteur tertiaire. Ce secteur a réalisé une croissance de 3,8% sur le premier semestre. Cette croissance va s’accélérer, selon notre source, du fait de la levée des restrictions sanitaires et grâce également aux externalités positives de la bonne année agricole.

« Le secteur tertiaire va accélérer sa croissance sur le deuxième semestre, parce que les activités liées à ce secteur bougent énormément dans le monde rural. Mais cette croissance sera tirée essentiellement par la reprise du secteur informel, qui est une grande composante du secteur tertiaire, du fait de l’assouplissement des restrictions sanitaires et du retour à la vie normale dans plusieurs métiers comme les cafés, les restaurants, les hammams, les souks… »

Il faut une croissance minimale de 6,7% pour effacer les pertes de 2020

À tout cela s’ajoute l’effet de la demande intérieure, qui sera plus avancée que prévu, notamment grâce au relèvement des prévisions de croissance du PIB agricole. « La population agricole représente 42% de la population globale du pays. Quand les revenus agricoles augmentent, les gens investissent, consomment, dépensent, organisent un ensemble d’évènements traditionnels… Tout cela exerce un effet important sur la demande intérieure et impacte également le monde urbain », explique notre source.

Tous ces arguments plaident, selon notre expert, pour la réalisation d’une croissance moyenne de 5% sur le deuxième semestre, après une croissance de 7,6% réalisée au premier semestre, comme le montrent les comptes nationaux du HCP.

« La croissance moyenne sera de 6,3% selon ce scénario. Mais elle peut monter jusqu’à 6,5% si la production industrielle s’accélère sur le mois de décembre », poursuit notre expert, qui préfère donner une fourchette de croissance allant de 6% à 6,5% au maximum.

Mais ce niveau reste insuffisant, selon lui, pour effacer les pertes de 2020, année qui a connu une récession de 6,3%. Le niveau de production de 2019 ne sera atteint qu’en 2022. Pour revenir au niveau du PIB de 2019 (1.137,3 milliards de dirhams), il faut au moins une croissance de 6,7%. Une bonne partie des pertes accusées en 2020 (plus de 71 milliards de dirhams de PIB) seront ainsi effacées en 2021, mais il faudra attendre au moins le premier trimestre 2022 pour revenir au niveau de production de l’année 2019.

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