Sekkouri : “Le million d'emplois promis sera porté, en grande partie, par les plans sectoriels”
Comment l'objectif d'un million d'emploi a-t-il été fixé ? De quoi se compose-t-il ? Comment sera-t-il réalisé ? Le programme Awrach fait-il partie de cet objectif ? Ce sont certaines des questions que nous avons posées au ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences. Voici ses réponses.
La question de l'emploi est au centre du programme gouvernemental. Les trois partis de la majorité promettent d'apporter des solutions concrètes à même de créer des emplois et de résorber une partie du chômage. Un chômage qui a été aggravé par la crise Covid, qui a frappé de plein fouet le monde et le Maroc.
L'emploi au cœur de l'action gouvernementale se matérialise par une promesse concrète : un million d'emplois en cinq ans.
Ainsi, dans le PLF 2022, le gouvernement vient avec un programme dédié à l'emploi, dit "d'urgence", ayant pour objectif de créer 250.000 emplois en deux ans, avec un investissement public de 2,25 MMDH la première année.
D'autres chiffres, parfois contradictoires, ont été avancés par différents membres du gouvernement, en diverses occasions. Ce qui rend la lecture de la 'stratégie emploi' un peu floue, ou donne du moins l'impression que le gouvernement ne sait pas encore comment réaliser ses promesses.
Pour apporter un éclairage sur la plus importante promesse du gouvernement Akhannouch, Médias24 a interrogé Younes Sekkouri. Le nouveau ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, hérite d'un "super" ministère avec un périmètre large, ayant toutefois pour dénominateur commun la création d'emplois.
À la question principale de savoir comment ce million d'emplois sera créé, le ministre répond : "Le gouvernement prend ses responsabilités mais de façon un peu, disons, scientifique. Dans cet esprit, nous avons un peu plus d'un million."
Il explique que le million d'emplois sera porté par des plans sectoriels. "200.000 emplois proviendront du plan Génération Green. Il y a un programme, il y a du financement, il y a de l'expérience sur le sujet... On a donc la possibilité de se projeter", avance-t-il.
"100.000 emplois proviendront du programme Halieutis, parce que les filières de la pêche en amont et dans la transformation sont importantes. La substitution aux importations, c'est 100.000 emplois. Les métiers sociaux permettront de créer quelque chose comme 100.000 emplois. L'administration, enfin, c'est 250.000 emplois", énumère le ministre.
"L'idée, c'est qu'avec ces données-là, vous êtes dans un chiffre qui avoisine le million. N'oublions pas que nous avons d'autres programmes comme le plan d'accélération industrielle, la charte de l'investissement... Naturellement, nous n'allons pas attendre que l'économie reprenne son souffle dans tous les secteurs ; c'est pour cela que nous avons pensé au programme d'urgence", ajoute Younes Sekkouri, qui ne précise pourtant pas clairement si les 250.000 emplois temporaires du programme Awrach sont comptés dans le million ou pas.
"La politique de l'emploi a ce privilège ou ce défaut d'être à la fois proactive ; vous ne maîtrisez pas l'avenir, on l'a vu avec la crise Covid. Mais en même temps, vous devez faire du structurel pour être sûr d'avancer", poursuit le ministre. Ce dernier assure, à l'inverse de son collègue du gouvernement Mustapha Baitas, que "le million d'emplois se constitue de la répartition sectorielle" détaillée plus haut.
"Naturellement, il restera une partie qui est en interaction avec l'offre et la demande mondiales. N'oublions pas que nous dépendons également des partenaires internationaux. Cela dit, nous essayons de sécuriser au maximum. Nous allons être très agressifs ; c'est ce que vous allez voir dans les jours et semaines qui viennent sur des sujets précis concernant l'investissement et les programmes sectoriels", promet-il.
Mais il n'y a pas que cela. Le ministre confie à Médias24 que le statut de l'auto-entrepreneur subira une réforme. "L'une des problématiques de ce statut, c'est qu'il ne permet pas de recruter des personnes. C'est l'une des choses sur laquelle nous allons travailler : c'est une amélioration en substance de ce statut pour mettre ce dispositif au service de nos concitoyens."
À découvrir
à lire aussi
Article : Engrais : comment le Maroc a aidé l’Inde à éviter la pénurie malgré la crise à Ormuz
Un accord de 2,5 millions de tonnes conclu avec OCP, une diversification menée auprès de 28 missions diplomatiques et des stocks portés à 19,6 millions de tonnes ont permis à New Delhi de sécuriser sa campagne agricole 2026.
Article : Législatives 2026 : le PAM fait le plein de ralliements et lorgne toujours Fouzi Lekjaa
À deux mois des législatives du 23 septembre, le Parti authenticité et modernité multiplie les meetings régionaux et les ralliements. À Berrechid, le samedi 11 juillet, le PAM a défendu son bilan gouvernemental, présenté ses candidats et affiché ses ambitions à Larache, Laâyoune et Dakhla, tout en entretenant le suspense autour de Fouzi Lekjaa. Explications.
Article : Fruits et légumes : avec 710 millions d’euros d’exportations, le Maroc reste le premier fournisseur de l’Espagne
Entre janvier et avril 2026, les ventes marocaines ont progressé de 5,6% sur un an. Le Royaume se classe par ailleurs deuxième en volume derrière la France, avec 232.993 tonnes écoulées.
Article : La nouvelle Xpeng P7+ arrive au Maroc
Smeia, importateur de la marque Xpeng au Maroc, a officiellement présenté la nouvelle P7+ lors d'un essai organisé entre Casablanca et Skhirat. Cette grande berline 100 % électrique vient étoffer l'offre du constructeur chinois sur le marché marocain avec une proposition axée sur les technologies embarquées, le confort et la recharge ultra-rapide.Avec cette nouvelle P7+, Xpeng poursuit l'élargissement de sa gamme au Maroc sur le segment des véhicules électriques. Positionnée parmi les grandes berlines, elle se distingue notamment par son architecture électrique de 800 V, son empattement de 3 mètres et une dotation technologique particulièrement étoffée. Son arrivée intervient alors que l'offre de véhicules électriques continue de s'élargir progressivement sur le marché marocain.
Article : Sahara : Yanja El Khattat rejoint le PAM, d’autres ralliements attendus
Le Parti authenticité et modernité (PAM) a annoncé vendredi 10 juillet que le président de la région Dakhla-Oued Eddahab quittait l’Istiqlal pour porter désormais ses couleurs. Il représentera la formation du tracteur aux élections régionales de 2027.
Article : Qui financera le Maroc vieillissant ? Les chiffres préoccupants du HCP à l’horizon 2060
Le Maroc de 2060 ne manquera pas d’habitants, mais il pourrait manquer de cotisants, d’emplois formels et de marges budgétaires. À partir des nouvelles projections du Haut-Commissariat au Plan, notre analyse montre comment une évolution encore abstraite aujourd’hui pourrait peser concrètement sur les revenus, les services publics, le marché du travail et les territoires dès les prochaines années.