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AGRICULTURE

Récolte record de dattes pour la campagne 2020-2021

Le Maroc est en passe de réaliser, pour la deuxième année consécutive, une production record de dattes. Le constat est relevé dans la principale région de production (Draâ-Tafilalet), où la cueillette touche à sa fin. Et déjà des lots de la variété Boufegous sont présents sur le marché au détail à des prix jugés compétitifs.

Récolte record de dattes pour la campagne 2020-2021
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Le 23 novembre 2021 à 12h25 | Modifié 23 novembre 2021 à 17h09

Selon une source  de l’interprofession de la filière du palmier dattier, les premières estimations font état d’une récolte en hausse de 15% à 20% par rapport à la saison précédente, qui s’était soldée par une production de 143.000 tonnes.

Ainsi, l’objectif de 160.000 tonnes ciblé par le contrat programme 2010-2020 est quasiment atteint, voire dépassé. Et la hausse devrait se maintenir sur les prochaines années, compte tenu de l’entrée progressive en production des nouvelles plantations ; si les conditions climatiques s’avèrent toutefois favorables.

En effet, l’objectif de 3 millions de palmiers a été atteint lors de la campagne 2019-2020, constate notre source.

La superficie des palmeraies, qui était de l’ordre de 47.000 ha au début du Plan Maroc vert, s’établit actuellement à plus de 61.000 ha. En ce qui concerne la valorisation, une capacité de conditionnement et de stockage sous froid de 25.000 tonnes est d’ores et déjà installée, pour un objectif à terme de 30.000 tonnes.

À noter que le contrat programme de la filière ciblait la réhabilitation des palmeraies existantes sur une superficie globale de 48.000 ha, ainsi que la création de nouvelles plantations modernes sur 17.000 ha, pour atteindre une production de 160.000 tonnes de dattes en 2020 et 185.000 en 2030.

La dynamique devait être accompagnée par une production de 300.000 plants in vitro par an, en impliquant des laboratoires privés sous la supervision de l’Institut national de recherche agronomique (INRA).

Aujourd’hui, les objectifs visés en ce qui concerne la production paraissent à portée de main. Il reste à savoir si un taux suffisant de valorisation sera atteint.

Pour le moment, les efforts déployés au niveau du stockage sous froid et de l’emballage et conditionnement sont encore en dessous des besoins de la production, qui est fortement concentrée sur les mois d’octobre-novembre, relève l’interprofession.

De plus, la consommation des dattes au Maroc reste faible et concentrée sur le mois du jeûne et lors des fêtes religieuses. Le Marocain consomme en effet à peine 3,5 kg de dattes en moyenne par an, contre 10 kg chez les pays producteurs de ce fruit riche en nutriments.

Et pour cause ! La datte ne figure toujours pas parmi les habitudes de consommation des Marocains. Les grandes surfaces ont un rôle à jouer dans ce domaine, en proposant le fruit durant toute l’année. Il en est de même en matière d’organisation d’actions de sensibilisation et de communication autour de la valeur nutritionnelle de la datte.

Selon les professionnels, outre cet aspect de déficit de promotion et de sensibilisation des Marocains, le faible niveau de consommation des dattes s’explique aussi par la cherté du produit local. "Et ce n’est pas la faute du producteur", se défend le chef de file d’un groupement d’intérêt économique.

À l’appui, il cite l’exemple d'une variété très prisée, Mejhoul, cédée à la ferme entre 30 ou 35 DH/kg et que l’on retrouve sur le marché à 100 ou 150 DH, voire plus. Le circuit de distribution est en effet plombé par une pléthore d’intermédiaires, dénoncent nos sources.

Et ce, sans oublier le poids des importations qui pèsent 40.000 tonnes en moyenne par an, dont la moitié en exemption de droits de douane. C’est le cas de la Tunisie qui dispose d’un accord commercial préférentiel avec le Maroc, d’où son offre fort compétitive.

Aujourd’hui, la filière du palmier dattier contribue à hauteur de 60% dans la formation du revenu agricole des oasis. Elle fournit 3,6 millions de journées de travail à plus de 2 millions d’habitants. Elle génère également un chiffre d’affaires annuel avoisinant 2 milliards de DH et une valeur ajoutée d’environ 1,4 milliard.

Au niveau de la production, le Maroc maintient sa place de 12e producteur de dattes au monde et devrait gagner en classement, compte tenu de la trajectoire haussière de son volume. Une vraie montée en puissance est attendue dès la campagne prochaine, avec l’entrée en production de l’ensemble des palmiers plantés. Le tout, avec un mix variétal noble.

À terme, les variétés Mejhoul, Nejda et Boufegous constitueront plus de 50% de la production. Ces variétés ont un potentiel important sur le marché local, mais surtout à l’exportation.

Le marché mondial à l’importation du Mejhoul est estimé actuellement à près de 45.000 tonnes. Il est dominé à raison de 35% par la même variété israélienne. La production additionnelle marocaine de Mejhoul devrait à terme approcher les 40.000 tonnes. Un volume dont une part non négligeable devrait être écoulée sur les marchés extérieurs.

Actuellement, le marché mondial à l’export se décline, en termes de variétés, en trois composantes : un marché de la variété Deglet Nour monopolisé à 90% par la Tunisie et l’Algérie ; un marché des variétés communes approvisionné surtout par l’Iran, le Pakistan, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Irak ; un marché pour la variété Mejhoul, approvisionné principalement par Israël et la Californie.

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