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Coronavirus

Covid-19 : une étude marocaine affirme l’efficacité du protocole thérapeutique national

Un article scientifique récent, réalisé à partir du contexte marocain, affirme l’efficacité du protocole thérapeutique national mis en place contre le Covid-19. Il relève par ailleurs la présence du Covid long au Maroc.

Covid-19 : une étude marocaine affirme l’efficacité du protocole thérapeutique national
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Le 11 novembre 2021 à 12h02 | Modifié 12 novembre 2021 à 5h01

L’étude en question a été réalisée par une équipe de chercheurs marocains encadrée par Jaâfar Heikel, professeur d’épidémiologie et spécialiste des maladies infectieuses.

Son objectif est de décrire l’évolution de l’état de santé d’un ensemble de patients positifs au Covid-19 et hospitalisés, sur la base de données épidémiologiques, cliniques et paracliniques, sélectionnées au moment de l’admission.

Elle a été menée auprès de 108 patients marocains, âgés de plus de 18 ans, atteints du Covid-19 et admis à la clinique de Vinci à Casablanca. Les patients allergiques à l’un des médicaments intégrés dans le protocole thérapeutique national et les patients souffrant de maladies graves (troubles cardiovasculaires, lésions pulmonaires, dysfonctionnement rénal, etc.) n’ont pas été inclus dans l’étude.

"Le Covid n’est pas une maladie grave si elle est prise à temps"

Joint par Médias24, le Pr Heikel, investigateur principal de cette recherche, nous précise qu’il "s’agit d’une recherche qui s’est intéressée uniquement aux patients hospitalisés suite au Covid. C’est-à-dire, les cas compliqués et les cas graves".

Cinq principaux constats ont été relevés par l’équipe de recherche, dont le premier est relatif à la gravité de la maladie du Covid dans le contexte marocain.

"Cette étude nous a confirmé que la majorité des cas au Maroc, environ 90%, étaient des cas mineurs ou modérés, et donc admis en ambulatoire. Ils ne nécessitent pas d’hospitalisation, ce qui est une excellente nouvelle. Ce constat confirme, encore une fois, que le Covid-19 n’est pas une maladie grave dans le contexte marocain, si elle est prise en charge à temps ; cela signifie que les gens sont dépistés à temps et traités suffisamment tôt."

"En revanche, les personnes qui arrivent en retard, comme les cas présentés dans cette étude, admis au-delà d’une semaine ou dix jours d’infection, et donc avec un retard de diagnostic, arrivent avec des atteintes."

Un taux de guérison de 92% chez les personnes hospitalisées, grâce au protocole thérapeutique national

Le second constat, qui est également important, est relatif au risque de complications de la maladie chez les personnes hospitalisées. "Nous avons mis en place une échelle de symptômes, une sorte d’instrument clinique, composée de dix paramètres, que l’on a mesuré chez les patients participant à cette étude, pour lister les symptômes les plus fréquents chez eux, tels que le mal de tête, le changement de l’odorat et du goût, etc. Nous avons ensuite construit une échelle de risque clinique sur 30 points, afin de calculer le score de chaque personne. Nous avons ainsi constaté que plus les gens avaient un score élevé, plus ils avaient des risques de complications. Et c’est la première fois que l’on calcule au Maroc un score de risque clinique pour le Covid."

Troisième point à relever dans cette étude : le protocole national mis en place par le ministère de la Santé dans tous les hôpitaux du Royaume, pour lutter contre cette maladie. "Sur ce point, nous avons constaté que la mise en place de ce protocole thérapeutique intégré, composé notamment de l’hydroxychloroquine, de l’azithromycine, des corticoïdes et des anticoagulants, a donné de très bons résultats. Nous avons un taux de guérison de 92% chez les patients hospitalisés. Ce taux s’élève à 98% chez ceux non hospitalisés."

Le Pr Heikel apporte toutefois une précision : "Nous ne sommes pas en train de dire que c’est la chloroquine qui a donné de bons résultats, ou que l’azithromycine est efficace, ou autre. Mais lorsqu’on a une stratégie thérapeutique intégrée, où il y a différents éléments qui interviennent, on réussit à vaincre la maladie. C’est donc l’ensemble des médicaments administrés aux patients dans le cadre de ce protocole qui donne de bons résultats."

"Plus on développe une forme grave du Covid, plus on est protégé dans le temps"

Le quatrième constat concerne le Covid long. "Malheureusement, on le voyait sur le terrain et l’étude le confirme : 25% à 26% des patients Covid hospitalisés vont garder des séquelles, c’est ce que l’on appelle le Covid long. Lors de cette étude, on s’est aperçu qu'un tiers des patients hospitalisés guéris sont revenus avec des séquelles, qui se présentent soit sous forme de signes généraux (mal de tête, courbatures et fièvre), soit des troubles de la mémoire, mais surtout avec une dépression et quelques autres symptômes."

"Le Covid long existe donc dans le contexte marocain. Les gens hospitalisés suite à une infection au Covid doivent comprendre qu’ils vont garder un certain nombre de séquelles, plusieurs mois après leur guérison, et doivent donc se faire suivre par leur médecin traitant."

Dernier point de cette étude : "Les personnes ayant développé des formes graves de la maladie ont plus de protection au cours du temps que ceux ayant fait une forme banale, mineure, voire asymptomatique du Covid."

"Les patients qui ont été hospitalisés ont moins de risques de contracter le Covid après, que les personnes suivies en ambulatoire. Et c’est un résultat très intéressant. Plus on a eu un Covid sérieux, plus on a une immunité qui protège par rapport à ceux ayant fait un Covid léger. On l’a déjà vu sur le terrain, et là, ce constat est prouvé par notre étude."

"Attention, on n’est pas en train de dire aux gens qu’il faut développer une forme grave du Covid, mais simplement qu’à chaque malheur, son lot de bonnes choses", conclut notre interlocuteur.

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Le 11 novembre 2021 à 12h02

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