Après la résolution du conseil de sécurité, les petites phrases de Omar Hilale
Après la résolution du conseil de sécurité votée vendredi 29 octobre, le Maroc attend les initiatives de l'envoyé personnel Staffan de Mistura. Conformément à la résolution, il doit reprendre le processus politique sous forme de tables rondes, là où il s'était arrêté.
Mutisme total à Alger. Un silence de cimetière est tombé sur le pays voisin après le vote de la résolution 2602 du conseil de sécurité, vendredi 29 octobre. Dans une brève de quelques lignes, l'agence officielle a annoncé un renouvellement du mandat de la Minurso, point. Aucune trace de l'événement dans les colonnes des médias algériens.
Le Maroc a eu la victoire modeste, sobre. Nasser Bourita et Omar Hilale ont chacun donné des déclarations, à Rabat et New York, pour tirer les conclusions:
-les acquis du Maroc sont confortés, presque verrouillés: la résolution n'évoque pas les solutions dépassées comme le referendum. Elle confirme les paramètres de solution: politique, durable, mutuellement acceptable, basée sur le compromis.
-la finalité du processus politique est ainsi confirmée. Il n'y a pas d'autre but que cette solution politique dont les paramètres sont ainsi définis.
-le cadre unique pour y arriver est confirmé une nouvelle fois: le format des tables rondes dont deux ont déjà eu lieu avec la participation de l'Algérie.
-Le mot Guergarat n'est pas cité. Cet épisode qui a vu la sécurisation de la circulation routière entre le Maroc, la Mauritanie et l'Afrique subsaharienne, est classé. Le conseil de sécurité accable le polisario en exprimant sa profonde préoccupation quant à la rupture du cessez-le-feu.
-la proposition marocaine d'autonomie est le seul projet de solution cité et d'ailleurs salué comme sérieux et crédible.
La résolution replace donc le processus des tables rondes au centre des prochaines étapes du processus politique.
Enrôlement des enfants, posture algérienne: les petites phrases de Omar Hilale
L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a affirmé, vendredi à New York, que sans l’Algérie, "partie prenante" au conflit artificiel autour du Sahara marocain, "il ne peut y avoir de processus politique”.
“Pour tout le monde et pour le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Algérie joue un rôle” dans ce différend régional. “Elle est responsable et partie prenante”, a insisté M. Hilale, soulignant qu’“en l’absence de l’Algérie, il ne peut tout simplement pas y avoir de processus politique".
M. Hilale répondait à une question sur la décision algérienne de ne pas prendre part aux tables-rondes et sur l’impact de ce boycott sur le processus politique, et ce lors d’une conférence de presse tenue suite à l’adoption, par le Conseil de sécurité de l’ONU, de la résolution 2602 prorogeant le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2022.
"Il y a la posture et il y a les décisions. Attendons de voir si la posture prise va être suivie des mêmes décisions; si l'Algérie va défier la résolution onusienne après avoir pris part à deux tables rondes: en décembre 2018, avec le ministre Messahel; et en mars 2019 avec le ministre Lamamra. Pendant ces deux tables rondes, 90% des échanges ont eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères marocain et algérien. Si l'Algérie décide malgré le conseil de sécurité, de ne pas prendre part aux tables rondes, elle n'a qu'à l'annoncer au conseil de sécurité et le Maroc prendra les décisions qui s'imposent".
M. Hilale a rappelé, dans ce sens, les faits “têtus” de l’histoire notamment la lettre que "Son Excellence le président de la république algérienne avait adressée au Secrétaire général de l’ONU, demandant instamment la reprise du processus politique. Il a fait la même demande devant les Chefs d’Etat africains".
De son côté, le ministre algérien des Affaires étrangères a envoyé des missives au SG de l’ONU sur le même sujet, tout en multipliant les déclarations et les tweets faisant appel à la reprise du processus politique, a relevé l’ambassadeur, ajoutant que même le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU “n’a cessé de faire des démarches de pression sur des membres du Conseil de sécurité et sur le Secrétariat pour la nomination d’un envoyé personnel” afin de permettre la reprise de ce processus.
“L’Algérie a mobilisé tout le monde pour exiger, et parfois avec des termes très critiques à l’égard du Secrétariat et du Secrétaire général de l’ONU, la reprise du processus politique”, a précisé M. Hilale.
“Alors qu’il y a une nomination et que tout le monde attend la reprise du processus politique, l’Algérie se dérobe” de sa responsabilité, a indiqué l'ambassadeur, en rappelant que l’Algérie a tenté un “dernier chantage” en envoyant une lettre la semaine dernière au Conseil de Sécurité pour “annoncer qu’elle se retire du processus (politique) afin de faire pression sur les membres du Conseil de sécurité”.
Or, "le Conseil de sécurité a bien confirmé, dans sa nouvelle résolution, le processus politique, les tables rondes, la participation de l’Algérie (citée 5 fois), et la solution politique pragmatique, réaliste, mutuellement acceptable et basée sur le compromis”, a expliqué le diplomate.
"Pour la 18e résolution consécutive, le Conseil de sécurité souligne le sérieux et la crédibilité de la proposition marocaine d'autonomie", a ajouté Hilale. "Le Conseil a mis à nu les allégations et les mensonges de l'Algérie et de son polisario au sujet d'une prétendue guerre hollywoodienne au Sahara, en ignorant totalement leur narratif guerrier, attestant ainsi de l'irréversibilité de l'action pacifique menée par le Maroc à Guergarat".
Omar Hilale a présenté des photos montrant l'enrôlement d'enfants soldats par le polisario, "un crime de guerre". Voici la vidéo intégrale des déclarations de Omar Hilale. A savourer.
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