La Samir : le syndic perd patience avec l’État et CFG Bank

Le syndic de la Samir réclame l'annulation de l'ordonnance autorisant l'État à exploiter les bacs de stockage du raffineur. Il demande également l'éviction de CFG Bank en sa qualité de banque d'affaires.

La Samir : le syndic perd patience avec l’État et CFG Bank

Le 21 octobre 2021 à 19h51

Modifié 21 octobre 2021 à 19h54

Le syndic de la Samir réclame l'annulation de l'ordonnance autorisant l'État à exploiter les bacs de stockage du raffineur. Il demande également l'éviction de CFG Bank en sa qualité de banque d'affaires.

Au tribunal de commerce, le juge-commissaire chargé de la liquidation de la Samir se penche sur deux dossiers délicats : le premier tend à l’annulation de l’ordonnance ayant autorisé, en mai 2020, l’État marocain à exploiter les bacs de stockage du raffineur. Le deuxième vise à démettre CFG Bank de son rôle de banque d’affaires, mission qui lui a été dévolue en juin 2020.

Ces dossiers se font l’écho de demandes déposées par Abdelkbir Safadi, syndic judiciaire du raffineur. Elles ont été enregistrées simultanément le 27 septembre 2021. Une audience s’est tenue le 2 octobre pour aboutir à un renvoi à début novembre.

Deux requêtes « en rétractation » qui sonnent comme un « coup de gueule ». Pour la première, le syndic déplore que l’État n’ait pas daigné conclure son contrat de location avec la Samir, et ce, 16 mois après l’autorisation rendue par le juge.

Pourtant, c’est le gouvernement lui-même qui en avait initié la demande. Une démarche motivée à l’époque par le bénéfice que le pays aurait tiré de la chute des prix du pétrole à l’international (frôlant alors les 20 dollars). Il s’agissait de renflouer les stocks de sécurité en exploitant l’importante capacité de stockage dont dispose la Samir, soit 1,8 M de tonnes réparties entre les sites de Mohammédia et de Sidi Kacem.

Plus d’une année d’atermoiements qui, du côté de la Samir, est interprétée comme un manque à gagner. Selon nos sources, on étudie sérieusement la possibilité de réclamer des dédommagements pour la période couverte par l’autorisation. Autrement dit, tous les loyers que l’État aurait dû verser de mai 2020 à l’annulation de l’ordonnance, une fois celle-ci confirmée. Soit « 100 millions de dirhams par mois », souligne une source. Des revenus qui auraient servi à réhabiliter l’unité de production pour une reprise éventuelle.

D’autant que l’État n’était pas l’unique entité en lice dans ce dossier. Plusieurs investisseurs avaient manifesté leur intérêt pour la location des capacités de stockage du raffineur. Les demandes officiellement déposées avaient été bloquées à la suite de l’offre étatique.

« Si nous avions stocké le pétrole à 20 dollars en exploitant l’ensemble des capacités de la Samir, nous aurions pu gagner 8 milliards de DH en comparaison aux prix actuels », note cette source.

La deuxième requête consiste à « faire annuler l’ordonnance rendue le 16 juin 2020, ayant désigné CFG Bank en qualité de banque d’affaires à même d’accompagner le syndic dans la procédure de cession des actifs de la Samir », précise une source judiciaire.

Cette demande du syndic est assimilable à un « retrait de confiance » à cette banque qui « n’a pas rempli les engagements pour lesquels elle a été nommée par une décision judiciaire, à savoir, entre autres, la prospection et l’examen des offres de rachat visant le raffineur », nous révèle un autre interlocuteur proche du dossier. « Cet établissement n’a rien fait », résume-t-il.

Des parties à la procédure condamnent le manque d’implication de la banque, qui devait tenir un rôle central dans la procédure. « Le syndic a, à plusieurs reprises, transmis à CFG des offres pour qu’elle puisse en étudier le sérieux. Ces sollicitations sont souvent restées sans suite », accuse notre interlocuteur.

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