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Impact Lab veut faire bouger l’agriculture marocaine par l’agritech

L’accélérateur Impact Lab, à travers son programme Launchpad Agritech, vise à accompagner les jeunes pousses à développer des solutions innovantes dans l’agritech.

Impact Lab veut faire bouger l’agriculture marocaine par l’agritech
M. E. O.
Le 5 juillet 2021 à 15h01 | Modifié 5 juillet 2021 à 16h09

Hausse des températures, pluviométrie aléatoire, baisse des revenus des agriculteurs… autant de facteurs qui poussent les acteurs de l’innovation à vouloir se positionner dans la recherche de solutions pour contrer ces effets négatifs du changement climatique.

Une prise de conscience des enjeux du changement climatique est nette, notamment en Afrique où l’agriculture demeure le secteur phare qui représente au moins 15% du PIB et l’emploi près de deux tiers de la population active. Encouragé par un meilleur accès aux nouvelles technologies et l’intégration des solutions agricoles intelligentes et de précision, le secteur peut enregistrer une croissance solide.

Impact Lab veut faire bouger l’agriculture marocaine par l’agritech

Si le continent africain compte aujourd’hui 1,2 milliard d’habitants, la population doublera en 2050. De ce fait, « la sécurité alimentaire et les challenges du secteur agricole sont des enjeux clés en Afrique, et le continent fait face à des défis qui diffèrent de ceux existants dans d’autres pays », explique pour Médias24 Salma Kabbaj, co-fondatrice d’Impact Lab, un accélérateur aux ambitions africaines qui accompagne les jeunes pousses dans leur démarche d’innovation depuis 2014.

« Notre ADN est d’accompagner les organisations à utiliser les méthodologies de l’innovation collaborative pour adresser les enjeux socio-économiques en Afrique et accélérer le développement de solutions innovantes locales », affirme-t-elle.

Depuis son démarrage, Impact Lab a accompagné plus de 200 startups de 18 pays différents incluant le Maroc. « On déploie des programmes d’innovation en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest, depuis 2018, en partenariat avec des partenaires grandes entreprises ou des accélérateurs africains. L’objectif est de créer des ponts entre les écosystèmes d’innovation africains pour créer de nouvelles opportunités de marché pour les startups du continent car, pour se développer et attirer des investisseurs dans leur tour de table, elles doivent chercher la croissance dans d’autres pays ».

Le Maroc peut être pionnier de l’agritech sur le continent

Le secteur agricole demeure intrinsèquement lié au développement du pays et il en est même une composante essentielle pour sa croissance socio-économique.

« Le Maroc doit définir une stratégie de positionnement en tant que hub de l’innovation dans l’agriculture, un secteur qui dispose d’atouts forts au Maroc. Pour ce faire, des ressources devraient être mobilisées au niveau gouvernemental pour encourager les entrepreneurs intéressés par l’agritech », estime Salma Kabbaj.

Impact Lab a mené un diagnostic pour le ministère de l’agriculture en 2017 sur les écosystèmes de l’innovation autour de la chaîne de valeur agro-industrielle qui a fait ressortir des atouts exceptionnels qui devraient faire émerger un écosystème de startups riches autour du secteur : « des instituts de formations extrêmement performants, des centres de recherche reconnus à l’échelle internationale, de grandes entreprises agro-industrielles ouvertes à l’innovation, une stratégie nationale sur le secteur, avec une stratégie de rayonnement à l’échelle du continent africain », énumère Salma Kabbaj.

Malgré cet état des lieux florissant, il a été constaté que les entrepreneurs qui s’intéressent au secteur restent « focalisés sur des projets traditionnels de production à faible valeur ajoutée ».

Un constat qui est dû, selon notre interlocutrice, à une méconnaissance des opportunités d’innovation et de l’univers des services autour de la chaîne de valeur agro-industrielle.

Le programme Launchpad Agritech, initié par Impact Lab propose un modèle d’accélération des startups agritech qui s’attaquent à des problématiques propres aux spécificités africaines.

L’accès à l’information pertinente sur l’agritech fait partie de la proposition de valeur du programme. La méconnaissance des diverses opportunités dans l’agritech constitue un frein pour lancer sa startup dans le secteur. L’accélérateur développe du contenu sur l’agritech, qui est ensuite partagé sur les réseaux sociaux et sur une plateforme dédiée.

« On a mobilisé des experts qui décortiquent les opportunités d’innovation et les enjeux autour de la chaîne de valeur agro-industrielle comme l’amélioration de la prise de décision des agriculteurs, l’optimisation des ressources hydriques dans l’exploitation agricole, la gestion des différents intermédiaires le long de la chaîne de valeur agricole ou l’inclusion financière dans le monde rural », décrit Salma Kabbaj.

« On a également développé du contenu mettant en avant les success stories agritech marocaines, africaines et internationales ; et l’impact positif des nouvelles technologies sur le secteur à l’échelle internationale comme l’IoT ou la blockchain. Les nouvelles technologies constituent un levier fort pouvant apporter des solutions à forte valeur ajoutée à un secteur qui reste très peu transformé », poursuit-t-elle. L’intelligence artificielle peut, par exemple, augmenter la productivité agricole de 45% et réduire les coûts de 35%.

L’agritech devrait pousser à la transformation du paysage agricole.  Prévoir les problèmes de récolte dus à la sécheresse, recueillir et analyser les données des différentes exploitations, développer l’accès aux marchés et les informations sectorielles sont des exemples de solutions intelligentes proposées par les startups agritech pour répondre aux enjeux du secteur.

Pour répondre à cet enjeu, le programme Launchpad Agritech se positionne comme une porte d’entrée pour les startups désirant mettre sur le marché des solutions intelligentes dans l’agritech, avec comme ambition de les accompagner à décoller à l’échelle continentale.

L’appel à candidature du programme qui s’est clôturé le 16 juin a permis de sélectionner dix startups marocaines pour un accompagnement accéléré de six semaines dont l’objectif est de les appuyer pour passer du prototypage de la solution à sa mise sur le marché.

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M. E. O.
Le 5 juillet 2021 à 15h01

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