Dans la région Souss-Massa, les jours « prometteurs » de l’écotourisme
Si le potentiel écotouristique de la région reste encore inexploité, celle-ci a des atouts culturels et naturels incontestables, estime Hassan Aboutayeb, fondateur de l’écolodge Atlas Kasbah. L’offre est également adaptée pour tous les porte-feuilles.
L’écotourisme a de beaux jours devant lui. Hassan Aboutayeb, consultant en tourisme durable et fondateur de l’écolodge Atlas Kasbah, tout près d’Agadir, en est « convaincu ». Créé en 2009, cet hébergement écologique est situé au cœur de la réserve de biosphère de l’arganeraie (RBA), première réserve de biosphère créée au Maroc en 1998.
Joint par Médias24, Hassan Aboutayeb décrit « une structure d’hébergement à taille humaine conçue sur les principes de développement durable, que ce soit au niveau de son lieu d’implémentation, de sa structure architecturale, parce qu’elle est construite sous forme de kasbah traditionnelle qui respecte l’architecture marocaine ». Le volet social est également assuré, puisque des habitants de villages environnant l’écolodge travaillent au sein de l’établissement, où ils ont reçu une formation.
L’établissement s’engage également sur le front environnemental : « Nous n’utilisons que des produits naturels, y compris pour l’entretien des espaces et des locaux. Nous avons aussi recours à l’énergie solaire pour alimenter le bâtiment en électricité et chauffer l’eau. Un système de traitement des eaux usées permet de stocker l’eau au sein de la kasbah. » Un engagement fort qui a retenu l’attention, en 2015, du Salon international du tourisme, organisé à Londres. L’Atlas Kasbah avait en effet reçu la médaille d’or au Trophée mondial du tourisme responsable. A l’échelle nationale, il a reçu en 2009 le trophée du tourisme responsable, dans la catégorie « Environnement », de l’Office national marocain du tourisme.
« Les Marocains manifestent un intérêt grandissant pour leur pays et ses régions »
Hassan Aboutayeb n’a pas choisi la région Souss-Massa par hasard. « En termes de ressources naturelles, le littoral sauvage, les montagnes de l’Atlas, les forêts d’arganiers et les paysages typiquement berbères offrent de très beaux paysages. Le savoir traditionnel de la population locale est également un atout. » Pourtant, les ressources naturelles et culturelles de la région ne sont pas suffisamment développées, estime Hassan Aboutayeb. « Le taux de valorisation avoisine à peine les 5%. Tout le potentiel écotouristique n’est donc pas exploité. Nous avons encore beaucoup de travail à faire. »
D’autant que la pandémie a amorcé de nouvelles façons de faire du tourisme, croit savoir ce consultant. « Avant la pandémie, on avait une clientèle plutôt européenne, à hauteur de 70%. La clientèle marocaine commence toutefois à se développer depuis quelques années. Le seul avantage de cette crise sanitaire, c’est que les Marocains manifestent un intérêt grandissant pour leur pays et ses régions. On reçoit désormais une clientèle à laquelle nous n’étions pas habituée : celle qui partait auparavant en Espagne, sur la Costa del Sol, ou dans les grands hôtels traditionnels. Il y a eu une prise de conscience au sein de la clientèle marocaine. La quête n’est plus celle du confort matériel, mais du bien-être émotionnel. Disons que nos clients veulent un confort nécessaire, mais jumelé avec les valeurs qui sont les nôtres, à savoir l’accueil et l’hospitalité. »
Confinés chez eux, les touristes nationaux éprouvent semble-t-il « un besoin profond d’aller dans des espaces ouverts et naturels ». « La pandémie nous a fait remettre en question des principes, des habitudes ancrés dans nos vies. Les gens sont peut-être plus attentifs à la durabilité et à la préservation des ressources naturelles. Ils veulent aussi se ressourcer à travers la découverte des lieux et de la nature ; se retrouver autour de valeurs écologiques. Lorsque cette crise sera dernière nous, je suis certain que les Marocains confirmeront leur choix d’aller dans l’arrière-pays. »
Une offre « pour tout le monde »
Un constat qui confirme celui formulé par Armelle Solelhac, experte en stratégie marketing pour les secteurs du tourisme et des sports outdoor, et auteure d’une récente étude sur « Le futur du tourisme et ses grands enjeux d’ici à 2030 ».
Lors d’un wébinaire organisé mardi 1er juin par le Centre régional d’investissement (CRI) de la région Marrakech-Safi, elle avait relevé un intérêt croissant pour le « green tourism » : « Cette tendance montre à quel point la clientèle a besoin de sens et d’utilité lors de ses vacances. Beaucoup de visiteurs disent désormais éprouver le besoin et l’envie, de redonner aux communautés qui les reçoivent, de participer à la vie de ces communautés… Ce sont des initiatives où il ne s’agit plus de consommer pour consommer, mais de partager un peu de ses connaissances et de sa richesse personnelle plutôt que de puiser auprès de la richesse des autres. »
Ce nouveau mode de tourisme est-il toutefois adapté au porte-feuille des Marocains ? « Oui », répond Hassan Aboutayeb sans hésiter. « Le tourisme durable au Maroc propose une panoplie d’offres dans le milieu rural, notamment des petits gîtes, des fermes d’hôtes, des auberges ou encore des hébergements chez l’habitant avec des prix très abordables. Il y a désormais une offre pour tout le monde. »
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