Fès-Saïss : Rachid Benali s’alarme du retard pris par le barrage M’Dez
A un peu plus d’un mois de la célébration de la fête du sacrifice, Rachid Benali, 1er vice-président de Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural) se veut rassurant. A ses yeux, «l’offre en ovins est abondante et à des prix corrects». Ceci, dans le contexte d’une campagne agricole qu’il qualifie «d’excellente».
Ce qui inquiète les producteurs de la région pour le moment, c’est le retard que va prendre le projet de sauvegarde de la plaine de Fès-Saïss. Entretien.
Médias24: Quelle appréciation faites-vous des prévisions de l’actuelle campagne céréalière ?
Rachid Benali : Le Maroc a fait une excellente campagne céréalière. Ceci, à l’exception des régions d’El Haouz, de l’Oriental et de Souss- Darâa Tafilalet.
-Que dire de l’impact attendu sur le secteur de l’élevage, en particulier celui des ovins ?
-Suite à 2 années de sécheresse qu’a connues le Maroc, les prix des aliments de bétail étaient très élevés mais depuis le début de cette campagne, leurs niveaux ont enregistré une baisse très significative. La botte de paille est passée de 25 DH à 10 DH, ce qui a permis aux agriculteurs de retrouver un certain équilibre.
Grâce aux pluies très abondantes de cette année, les pâturages étaient excellents.
-Faut-il s’attendre à une hausse des prix du mouton du sacrifice face à la surenchère que connaît le marché mondial des matières premières ?
-Il est un peu tôt pour se prononcer sur les prix du mouton de cette année, mais on peut dire d’ores et déjà que les prix ne seront pas plus élevés que ceux de l’année dernière. Deux éléments renforcent cette analyse : le coût de revient est relativement correct et l’offre s’annonce abondante.
- A une année de l’échéance fixée pour la réalisation du projet de sauvegarde de la plaine de Fès-Saïs, êtes-vous satisfaits de son état d’avancement ?
-Voilà un projet qui va donner une nouvelle impulsion à l’agriculture dans la région du Saiss. L’arrivée de la grande irrigation va générer une valeur ajoutée supplémentaire, améliorer la situation de l’agriculteur et surtout créer de l’emploi.
Personnellement, je ne suis pas satisfait de son état d’avancement. Ce projet, qui consiste à transférer environ 125 millions de mètres cube d’eau de l’Oued Sebou vers la région du Saiss s’articule autour de deux composantes. Le barrage sur l’Oued Mdez (piloté par le ministère de l’Equipement) a pris beaucoup de retard alors que les canalisations devant acheminer l’eau (60 km) et relevant du département de l’Agriculture seront achevées dans les délais. .
Malheureusement il n’y aura pas de transfert d’eau si le barrage n’est pas terminé.
-Avez-vous des échos quant à l’avancement des travaux du barrage M’Dez ?
-C’est un projet que nous suivons de très près. Selon plusieurs sources, le barrage aura beaucoup de retard. Sachant qu’il faut au minimum 12 mois pour le remplissage d’un tel ouvrage, on peut estimer qu’il ne sera pas opérationnel avant fin 2023.
-Un retard à ce niveau est-il porteur de gros risques pour l’agriculture régionale et les exploitants concernés ?
-Ce projet qui consiste à irriguer 35.000 hectares, s’inscrit dans la philosophie de la nouvelle stratégie (Génération Green 2020-2030), à savoir la création de richesse pour améliorer la situation des agriculteurs.
Un tel retard va engendrer deux problèmes majeurs. Il y aura un décalage au niveau des investissements prévus dans l’agriculture. Or, ce barrage a été conçu pour améliorer la situation des agriculteurs et créer de nouvelles richesses mais surtout alléger la pression sur la nappe phréatique de la région. Tout retard sur ce projet ne fera qu’aggraver la situation de cette nappe.
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