Transport touristique en crise : La FNTT présente ses revendications à El Otmani
Gel des dettes, application d'un taux d'intérêt unifié, exonération fiscale, et arrêt immédiat des procédures judiciaires initiées par les banques... Voici les revendications de la Fédération nationale du transport touristique au Maroc, présentées au Chef du gouvernement, ce mercredi 26 mai.
La Fédération nationale du transport touristique au Maroc (FNTT) continue d’alerter sur les difficultés du secteur dues à la multiplication des procédures judiciaires, initiées par des banques ou sociétés de leasing, en vue de la restitution de leurs véhicules.
Dans ce sens, la FNTT est allée à la rencontre du Chef du gouvernement, Saâdeddine El Otmani, ce mercredi 26 mai, dans le but de demander son intervention auprès de Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, qui “ne réagit à aucune des sollicitations de la fédération”, comme l’affirme Mohamed Bamansour, secrétaire général de la FNTT.

"Nos entreprises vont finir par couler à ce rythme"
Selon M. Bamansour, “la ministre du Tourisme a été réactive”. Elle a reçu les membres de la FNTT à plusieurs reprises et a organisé deux rencontres, avec les parties concernées, présidées par le secrétaire général du ministère et “en présence du directeur général du Groupement professionnel des banques du Maroc, également signataire du contrat-programme 2020-2022 (de soutien et relance du tourisme, ndlr)”.
“Il s’est engagé, auprès de nous, à mettre en place une formule unifiée quant au report des échéances de crédit, mais il n’a pas respecté son engagement”, indique M. Bamansour.
Ce dernier rapporte que chaque établissement de crédit agit selon les conditions qui l'arrangent, dans le cadre des reports des échéances de crédit.
“Certains prétendent ne pas avoir pris connaissance du contrat-programme, d’autres acceptent de reporter les échéances de crédit à condition d’appliquer, chaque 3 mois, le taux d’intérêt avec lequel le crédit a été accordé. Celui-ci peut atteindre 10 voire 14%. C’est une montagne de crédits à laquelle devront faire face nos entreprises. Elles finiront par couler à ce rythme”, poursuit-il.
La FNTT indique avoir également demandé l’intervention de la banque centrale qui “s’est contentée de transmettre nos réclamations aux établissements bancaires et de nous transmettre, par la suite, leurs réponses qui ne correspondent pas à la réalité puisque le report de crédit avec des intérêts ne s'aligne pas avec les mesures du contrat-programme. De plus, ils occultent les procédures judiciaires initiées à l’encontre des transporteurs touristiques”.
Ces procédures se poursuivent malgré les multiples réclamations de la fédération. Selon M. Bamansour, “des transporteurs continuent d’être convoqués aux tribunaux, sachant que dans 70% des cas les convocations sont envoyées à leurs bureaux qui sont fermés faute d’activité”.
“Seuls ceux qui, via le portail Mahakim.ma, prennent connaissance des procédures initiées à leur encontre et ont recours à un avocat arrivent à se défendre. La moitié d’entre eux arrivent même à obtenir gain de cause, mais les juges ne tranchent pas automatiquement en notre faveur, même si les conditions actuelles sont claires; les frontières sont fermées, l’activité est paralysée et nous ne pouvons pas compter sur les touristes locaux, car ils se déplacent dans leurs voitures personnelles. Nous sommes les seuls oubliés de cette crise”, martèle M. Bamansour qui ne manque pas d’attirer l’attention sur l’impact psychologique de ces procédures, cumulées à l’effet de la crise financière.
La FNTT revendique "des solutions concrètes"
La FNTT propose et réclame le gel des dettes des entreprises de transport touristique jusqu’à fin 2021, assorti d’une garantie de la CCG “pour retrouver un minimum de confiance” suite au comportement “non-éthique” des établissements de crédit “qui ne respectent pas l’article 7 du contrat-programme”.
“Nous demandons des solutions concrètes et leur sérieuse application. Dans ce sens, le GPBM doit communiquer, de manière claire, sur nos droits et obligations, conformément à ce qui a été prévu dans le contrat-programme 2020-2022”, poursuit le secrétaire général de la fédération.
La FNTT appelle, par ailleurs, à l'exonération fiscale exceptionnelle au titre des années 2020-2021, au profit du secteur du transport touristique et demande à bénéficier du fonds de soutien du ministère du transport qui profite notamment aux taxis et transporteurs de marchandises mais pas au transport touristique.
Autre requête majeure formulée par la FNTT: l’arrêt immédiat des procédures judiciaires à l’encontre des entreprises de transport touristiques et son personnel.
Toutes ces demandes ont été adressées au Chef du gouvernement lors de la rencontre du 26 mai avec la FNTT qui a insisté sur son intervention auprès du ministre des Finances pour mettre un terme à la tourmente dont souffrent les 1.640 entreprises que compte le secteur.
>> Lire aussi: Transport touristique : les banques multiplient les ordonnances de restitution de véhicules
à lire aussi
Article : “Escobar du Sahara” : ce que les accusés doivent payer à l'Etat
Au-delà des peines privatives de liberté, le verdict comporte un important volet pécuniaire. Les condamnés devront verser près de 8,5 milliards de dirhams à l'Administration des douanes, auxquels s'ajoutent des confiscations d'avoirs, des sanctions pour infractions à la réglementation des changes et des condamnations civiles.
Article : Affaire Naciri-Bioui, le verdict : jusqu'à 12 ans de réclusion pour les principaux accusés
Abdenbi Bioui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Saïd Naciri a, quant à lui, été condamné à 10 ans de réclusion. Les premiers détails.
Article : Affaire “Escobar du Sahara”: huit heures après la clôture de l'audience, toujours pas de verdict
CASABLANCA. Il est un peu plus de 19 heures ce jeudi 25 juin et le verdict dans l'affaire "Escobar du Sahara" ou "Naciri-bioui" impliquant Said Naciri et Abdenbi Bioui se fait toujours attendre.
Article : Casablanca : la plage de Aïn Diab envahie de déchets, des interrogations sur leur origine
Des déchets plastiques, des emballages et des caisses endommagées jonchent depuis plusieurs jours la plage de Aïn Diab. Si l'origine de cette pollution reste inconnue, les images recueillies par Médias24 relancent les interrogations sur les rejets en mer.
Article : Ebola en RDC : un premier vol marocain achemine 9 tonnes de matériel à la MONUSCO
Un avion militaire marocain a livré à Bunia neuf tonnes de matériel médical, pharmaceutique et logistique destinées à appuyer les opérations de la MONUSCO face à l’épidémie d’Ebola en Ituri. Une deuxième rotation est prévue dans les prochains jours avec du matériel complémentaire et une équipe médicale marocaine spécialisée.
Article : Dispositif national d’alerte précoce : ce qui bloque, ce qui va changer d'ici 2027
Pour sa deuxième journée, la consultation nationale sur les systèmes d’alerte précoce a mis en lumière les lacunes persistantes en matière d’évaluation des risques et de surveillance. Le nouveau dispositif national, prévu avant 2027, devrait tracer une refonte totale adossée à la promesse d'une coordination institutionnelle interopérable.