img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Coronavirus

Covid. Les cas en réanimation et les décès ne baissent plus, faut-il s'en inquiéter ?

Le nombre de cas en réanimation et de décès ne baisse plus. Faut-il s'en inquiéter ? Le professeur Ahmed Rhassane El Adib prévient que l’équilibre épidémiologique demeure extrêmement fragile. Il déplore un relâchement total du respect des gestes barrières au sein de la population.

Covid. Les cas en réanimation et les décès ne baissent plus, faut-il s'en inquiéter ?
Solène Paillard
Le 24 février 2021 à 19h15 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Le variant anglais du Coronavirus se propage à grande échelle en Europe. La situation sanitaire se dégrade dans de nombreux pays de ce continent, notamment en France, et les mesures de restriction y ont été renforcées.

Le Maroc, qui compte déjà 24 cas confirmés contaminés par le nouveau variant anglais, a suspendu plusieurs liaisons aériennes et il y a un grand risque qu'il en arrête davantage. Il a également renforcé la surveillance génomique et maintenu les mesures de restriction en vigueur depuis janvier. Des décisions qui s'imposaient pour ne pas renverser la tendance à l'amélioration de la situation sanitaire au Maroc et pour garder un contexte favorable au déroulement de la campagne de vaccination qui compte déjà près de 3 millions de personnes vaccinées.

Cela dit, l'amélioration de la situation sanitaire au Maroc, qui dure depuis plusieurs semaines, semble s'estomper. Faut-il s'inquiéter ?

Face à l'inefficience d'indicateurs comme les nouveaux cas Covid confirmés ou celui des cas actifs, en raison de la faiblesse du nombre de tests de dépistage et du système de déclaration des guérisons, deux autres indicateurs permettent de mesurer la situation épidémiologique réelle : les cas en réanimation et les décès.

Ces deux indicateurs pêchent toutefois par leur décalage par rapport à l'évolution des infections : une personne atteinte de la Covid ne décède ou n'est admise en réanimation généralement que 2 à trois semaines après son infection.

Donc une aggravation des infections peut ne pas être visible à travers ces deux indicateurs que deux ou trois semaines après. Il se trouve que le nombre de cas sévères ou critiques et celui des décès, qui étaient en baisse continue depuis décembre 2020, se stabilisent depuis la mi-févrirer. Le premier au-dessus des 400 cas, le second à un niveau proche ou supérieur à dix décès.

Covid. Les cas en réanimation et les décès ne baissent plus, faut-il s'en inquiéter ?

Covid. Les cas en réanimation et les décès ne baissent plus, faut-il s'en inquiéter ?

Quelle lecture faut-il faire de cette évolution ? Des professionnels de la santé impliqués dans la lutte anti-Covid confirment la stabilisation dans les services de réanimation. Ils ne peuvent toutefois expliquer pour l'instant cette évolution et préfèrent attendre quelques jours encore pour être fixés.

Parmi eux, Ahmed Rhassane El Adib, professeur en anesthésie-réanimation au CHU Mohammed VI de Marrakech, qui tient toutefois à apporter les précisions suivantes.

Selon lui, l’épidémie a battu son plein entre juillet et décembre ; le virus a largement circulé pendant cette période et une immunité naturelle s’est créée. Il alerte toutefois sur le fait que cette immunité est extrêmement fragile : "Le taux de létalité est bas, la campagne de vaccination avance à grands pas ; je suis optimiste, mais je suis aussi prudent. Nous sommes en train d’atteindre une phase où les réinfections pourraient survenir, notamment avec les nouveaux variants. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle vague ; le virus est toujours là et l’épidémie va se poursuivre encore longtemps."

Le Pr El Adib s’inquiète d’un "relâchement total" du respect des gestes barrières au sein de la population. "Les rassemblements battent leur plein ; c’est extrêmement dangereux. On voit des accolades, des embrassades, des rassemblements… La journée, les cafés sont bondés. Certes, la campagne de vaccination est encourageante, mais l’équilibre sur lequel nous sommes actuellement est extrêmement fragile."

En conclusion: stabilisation du nombre de cas sévères ou critiques sans explication pour le moment; et appel à renforcer la vigilance.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : covid-19
Solène Paillard
Le 24 février 2021 à 19h15

à lire aussi

Équipementier : pourquoi le Maroc peut réclamer beaucoup plus à Puma
Football

Article : Équipementier : pourquoi le Maroc peut réclamer beaucoup plus à Puma

Signé en 2019, le partenariat entre la FRMF et Puma ne correspond plus au nouveau poids des Lions de l’Atlas dans le football continental et mondial. Entre le parcours historique au Mondial 2022, la place du Maroc dans le Top 10 mondial, le sacre continental et la perspective de 2030, la sélection nationale a changé de dimension. Puma paie-t-il encore le Maroc à sa juste valeur ?

Réforme des prix des médicaments : les principales mesures de la version finale du décret
ECONOMIE

Article : Réforme des prix des médicaments : les principales mesures de la version finale du décret

Près d'un an après son annonce au Parlement par le ministre de la Santé, le décret réformant les prix des médicaments est enfin inscrit à l'ordre du jour du Conseil de gouvernement prévu ce jeudi 9 juillet. Voici les principales dispositions de sa version finale.

Mines : les projets de cuivre ouverts à l'investissement par l'ONHYM
Mines

Article : Mines : les projets de cuivre ouverts à l'investissement par l'ONHYM

Le cuivre n'a jamais valu aussi cher, et le Maroc entend en profiter. Autour du modèle de partenariat de l'ONHYM, projets d'exploration et unités industrielles dessinent une chaîne de valeur intégrée, de la mine à la cathode.

École privée, logement, viande rouge : pourquoi les aides publiques peuvent nourrir la hausse des prix
ECONOMIE

Article : École privée, logement, viande rouge : pourquoi les aides publiques peuvent nourrir la hausse des prix

Le crédit d’impôt pour les frais de scolarité proposé par le RNI relance une vieille question de politique économique. Une aide à la consommation améliore-t-elle réellement le pouvoir d’achat ou finit-elle par être absorbée par les prix ? Dans des marchés peu régulés, où l’offre est limitée et où la formation des prix reste opaque, la réponse n’est jamais automatique. L’argent public, censé soutenir les ménages, n’atteint pas toujours pleinement sa cible.

Bourse de Casablanca : le MASI recule de 0,93% le 8 juillet 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI recule de 0,93% le 8 juillet 2026

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 8 juillet 2026 en baisse. Le MASI a cédé 0,93% à 18.055,63 points, dans un volume global de 2,67 MMDH.

Fonds des justiciables : la Cour des comptes contrôlera enfin les caisses des avocats
DROIT

Article : Fonds des justiciables : la Cour des comptes contrôlera enfin les caisses des avocats

Les caisses des avocats, qui gèrent les fonds déposés par les justiciables auprès des avocats, seront désormais soumis au contrôle de la Cour des comptes, une mesure adoptée après de longs débats au Parlement.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité