img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Déclarations fiscales rectificatives : c'est le rush à la DGI !

Le dernier délai pour le dépôt des déclarations fiscales rectificatives est le 15 décembre. La Direction Générale des Impôts est sous la pression des demandes de dernière minute et continue de négocier les conventions sectorielles. Le point. 

Déclarations fiscales rectificatives : c'est le rush à la DGI !
H.G.
Le 30 novembre 2020 à 16h02 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Malgré la pandémie et ses répercussions économiques, les contribuables cherchent à bénéficier de la main tendue de l’administration fiscale pour régulariser leur situation.

En effet, la loi de finances 2020 a apporté plusieurs dispositifs permettant aux contribuables de régulariser leur situation fiscale, avec pour objectif de rétablir la confiance et de démarrer une nouvelle phase de développement sur de nouvelles bases.

Parmi ces dispositifs, la déclaration rectificative spontanée de la situation fiscale des contribuables de tous les secteurs d’activité, dans le cadre de l’article 247 du Code Général des impôts.

Pour rappel, cette procédure donne aux contribuables, à titre transitoire, la possibilité de souscrire une déclaration rectificative au titre des exercices clôturés de 2016, 2017 et 2018 et de bénéficier de l’annulation d’office des sanctions et, éventuellement, de la dispense du contrôle fiscal, sous certaines conditions.

Valable jusqu’au 30 octobre 2020, puis prorogé jusqu’au 15 décembre lors de la loi de finances rectificative de 2020, ce dispositif concerne l’IS, l’IR professionnel, la TVA, l’impôt retenu à la source prévu aux articles 116, 117, 156 et 158 du CGI, les droits de timbre acquittés sur déclaration et la taxe sur les contrats d’assurance.

Plus de 10 000 déclarations rectificatives

A quelques jours de la date butoir du 15 décembre, quel est bilan préliminaire de cette opération ? Selon nos informations, à date il y a plus de 10 000 demandes de déclaration rectificative réalisées à titre individuel en dehors des conventions.

Il y a 13 conventions sectorielles signées ou en cours de signature. Parmi ces secteurs figurent les pharmaciens, les entreprises de transport de voyageurs et messagerie, les éditeurs, les architectes, les laboratoires pharmaceutiques, les promoteurs immobiliers, le secteur de l’emballage et le secteur de l’agroalimentaire avec tous ses sous-secteurs regroupés dans une seule convention.

Nos sources nous confirment qu’il y a également 19 conventions en cours de négociation.

"Le 15 décembre approche à grands pas. Les délais sont donc courts. Il y a ceux qui demandent à régulariser individuellement. Ceux-là demandent tout simplement l’état des irrégularités sur la base duquel ils font un examen et souscrivent à une déclaration rectificative. Il y a les autres, qui optent pour une déclaration rectificative dans le cadre des conventions signées avec les associations professionnelles", nous explique une source bien informée. 

"C'est le rush au niveau de l'administration fiscale en ce moment. Car les gens attendent toujours la dernière minute pour entamer les procédures", poursuit notre source. 

Pour ce qui est des modalités arrêtées dans les conventions, elles diffèrent selon le secteur et la nature de l’activité. Pour le cas des pharmaciens par exemple, la régularisation a été fixée selon le chiffre d'affaires:

- CA inférieur à 500 000 DH : 1 000 DH par an, soit 3 000 pour les 3 années concernées. 

- Entre 500 000 et 1 MDH : 1 500 DH/an. 

- Au-delà d'un million de DH, il y a deux paramètres à respecter: la marge brute qui doit être supérieure ou égale à 27% et le résultat net fiscal qui doit être supérieur ou égal à 8%. Si la pharmacie est dans les normes, elle paie 0,5% du CA par an. Dans le cas où la pharmacie sous-déclare un des deux paramètres, elle fait une déclaration rectificative ramenant le paramètre défaillant aux normes définies (les 27% et les 8%) sans que le montant à régler ne soit inférieur à 0,5% du CA.

Pour les transporteurs, la convention prévoit cinq tranches de chiffre d’affaires. Le complément d’impôts est de 1,20% pour le CA inférieur ou équivalent à 5 MDH. Il est de 0,60% lorsque le CA est supérieur à 100 MDH. Le minimum des droits supplémentaires à payer est de 12 000 DH par exercice et pour chaque véhicule lorsque le nombre d’autocars exploités est inférieur à 10. Il passe à 10 000 DH par exercice et pour chaque autocar lorsque le parc dépasse 30 véhicules. Entre 11 et 30 autocars, le complément d’impôt est fixé à 11 000 DH.

"Les situations sont disparates et c’est tellement compliqué d’arriver à mettre en place une grille qui répond aux soucis des uns et des autres. Il faut établir une approche qui permet de fixer une grille quel que soit le ratio de la déclaration des contribuables. Donc la DGI essaie de voir si elle met les personnes morales et les personnes physiques dans le même panier… ou si elle les considère distinctement, s'il faut mettre en place des tranches ou des minimums... s'il est plus pertinent de se baser sur l’EBE ou la valeur ajoutée… Tous ces facteurs influencent l’analyse et l'approche à adopter pour chaque activité. C’est une vraie gymnastique intellectuelle car au final il faut converger vers une proposition consensuelle qui prend en compte les capacités contributives de chaque acteur à l’intérieur du secteur", nous expliquent nos sources. 

La crise sanitaire a chamboulé le calendrier

Il faut dire que l'année 2020 n'est pas une année normale, marquée par une crise sanitaire sans précédent. Cet évènement dont l'ampleur est inédite, a chamboulé le calendrier de la DGI et des entreprises intéressées par ce mécanisme. "Les gens adhèrent au principe, mais tardent à concrétiser et à acter leur adhésion. Il est vrai que certains ont quelques problèmes de trésorerie, mais la DGI essaie de résoudre cela à la lumière de ce que permettent les textes. Au vu des circonstances invoquées, elle permet certaines mesures de bienveillance comme le paiement différé ou l'étalement du règlement", nous explique-t-on.

Le plus important c'est de déposer la déclaration à temps. Pour le paiement, il y a toujours un compromis qui peut être trouvé, sous-entendent nos sources qui assurent par ailleurs que crise ou pas, "c'est la dernière chance". "A partir de 2021, le contrôle sera basé sur de nouvelles règles et le fisc sera moins indulgent avec les fraudeurs. Il n'y aura pas de seconde chance", nous assure-t-on. 

Rappelons que cette procédure est volontaire et spontanée, qu'elle soit entamé individuellement ou dans le cadre de conventions sectorielles. Elle n’est pas contraignante et les conventions signées avec les associations professionnelles ne sont pas engageante pour les membres. "Celui qui veut y adhérer dans le cadre des conventions peut le faire, celui qui ne veut pas peut entamer la procédure à titre individuel, et celui qui ne veut ni l’une ni l’autre et estime que ses déclarations sont sincères, il se défendra le jour où il aura un contrôle", résume notre interlocuteur. 

Pour ce qui est du bilan financier de cette opération, notre source estime qu'il est difficile de donner des projections à l'heure actuelle. Les données peuvent changer considérablement d'un jour à l'autre. En plus," il y a un facteur inconnu qui ne permet pas aujourd'hui de chiffrer, c'est le taux d'adhésion pour lequel il n'y a pas encore d'estimation. Les associations professionnelles signent des conventions avec l'administration fiscale mais cela ne renseigne pas sur le taux d'adhésion de leurs membres", nous explique-t-on. 

Il faudra donc attendre les derniers jours de l'année 2020 pour avoir des chiffres précis sur cette opération. 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
H.G.
Le 30 novembre 2020 à 16h02

à lire aussi

Après deux tiktokeurs, Moul l'hout condamné à cinq ans d’interdiction des réseaux sociaux
DROIT

Article : Après deux tiktokeurs, Moul l'hout condamné à cinq ans d’interdiction des réseaux sociaux

L’interdiction d’utiliser les réseaux sociaux commence à s’imposer dans les décisions de justice au Maroc. Après les condamnations d’Adam Benchekroun et de “Moulinex”, l’affaire Abdelilah “Moul l'hout” à Marrakech confirme cette tendance, avec une peine de prison avec sursis accompagnée de cinq ans d’interdiction de publication en ligne.

Visa : les dépenses des consommateurs en hausse de 40 % pendant Ramadan et l’Aïd au Maroc
Quoi de neuf

Article : Visa : les dépenses des consommateurs en hausse de 40 % pendant Ramadan et l’Aïd au Maroc

Selon les données de Visa, les achats réalisés entre le 20 février et le 20 mars 2026 ont été particulièrement soutenus dans l’alimentation, le commerce de détail et le voyage, avec un pic d’activité observé lors de l’Aïd al-Fitr et une montée en puissance des dépenses nocturnes après l’iftar.

Barrages : un taux de remplissage de 75% grâce à un début d’année 2026 exceptionnel
SOCIETE

Article : Barrages : un taux de remplissage de 75% grâce à un début d’année 2026 exceptionnel

Après plusieurs années de sécheresse sévère, les indicateurs repassent au vert au 23 avril 2026. Les précipitations exceptionnelles du début d’année ont permis de porter le taux de remplissage des barrages à 75%. Le point sur la situation hydrique du Royaume.

Le Maroc désigné hôte du Congrès électif de la FIFA en 2027 (RMC Sport)
Quoi de neuf

Article : Le Maroc désigné hôte du Congrès électif de la FIFA en 2027 (RMC Sport)

Selon les informations recueillies par RMC Sport ce mardi 28 avril 2026 auprès de sources concordantes, le Maroc a été choisi pour accueillir le 77e Congrès de la FIFA en 2027. Un événement charnière qui devrait, sauf grande surprise, acter la reconduite de Gianni Infantino à la tête du football mondial.

L’Union arabe de la promotion immobilière lance son bureau régional pour le Maghreb à Casablanca
Quoi de neuf

Article : L’Union arabe de la promotion immobilière lance son bureau régional pour le Maghreb à Casablanca

Réunie à Casablanca, l’Union arabe pour la construction et la promotion immobilière a officialisé la création de son bureau maghrébin et la nomination de Me Mohamed Rachid Tadlaoui en tant que directeur régional, dans le cadre d’une stratégie de développement de partenariats transrégionaux.

Mondial 2026 : la FIFA augmente de 15% sa dotation aux équipes participantes
Quoi de neuf

Article : Mondial 2026 : la FIFA augmente de 15% sa dotation aux équipes participantes

Le Conseil de la FIFA, réuni mardi 28 avril 2026 à Vancouver, au Canada, a décidé d'augmenter de 15% supplémentaires la contribution financière à distribuer aux 48 équipes participantes à la Coupe du monde de football 2026.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité