Sommés de fermer à 23h, les restaurateurs redoutent d’énormes pertes
Touchés de plein fouet par la crise du covid-19, les restaurateurs s’indignent contre la décision des autorités les obligeant à fermer leurs portes à 23h. Ils appellent à une extension des horaires d'ouverture.
"La restauration et le tourisme ont été durement et rapidement touchés par la crise du covid-19", nous rappelle Khalid Abbadi, président de l’Association régionale des restaurants de la région de Casablanca-Settat et de la Fédération nationale des restaurants du Maroc, à vocation touristique, qui regroupe près de 1.500 établissements.
Les professionnels du secteur parlent d'une perte de 70% du chiffre d'affaires au niveau national.
Selon M. Abbadi, "si l'on estime qu'un restaurant réalise, en moyenne, un chiffre d'affaires de 250.000 DH par mois, les pertes s'élèvent à plus d'un milliard de DH durant les trois mois de confinement", rien que pour les restaurants touristiques.
"L’obligation de fermer nos portes à 23h ne figure nulle part dans le communiqué conjoint des ministères du Tourisme et de l'Intérieur, qui autorise la reprise de l'activité à partir du 25 juin. Cette décision nous a été imposée à la dernière minute, et nous ne comprenons pas son intérêt".
"Nous sommes prêts à respecter toutes les autres mesures de prévention, notamment la limitation de la capacité d’accueil à 50% et la distanciation d'un mètre entre les tables et le personnel, avec tout ce qu'elles entrainent comme pertes, mais qu'on nous impose de fermer à 23h, en été, après 3 mois d'inactivité, c'est incompréhensible, d'autant plus que les gens commencent à sortir à partir de 21h30, en particulier à Casablanca".
Par ailleurs, "nous cherchons une nouvelle forme de convivialité, puisque les masques cachent les expressions du personnel".
"Nous ne sommes pas écoutés"
Contacté par Médias 24, un restaurateur à Casablanca estime que les restaurants n'ont aucun intérêt à ouvrir jusqu’à 23h parce que les gens sont habitués à dîner très tard. "Les deux heures d’exploitation ne nous permettront pas de payer nos charges", notamment le loyer, les salaires, et d'autres charges fixes, en plus des produits d'hygiène qui constituent une charge supplémentaire.
"Nous avons l’impression que nous ne sommes pas écoutés par les autorités. Pour nous, il est très clair que si on ne rallonge pas les horaires de travail, ça ne sert à rien de rouvrir".
"En plus de la limitation de la capacité d'accueil des restaurants et de la distanciation, j'estime que c'est un cumul de mauvaises décisions qui jouent contre nous."
"Nous sommes vraiment lésés, déjà que nous avons du mal à remplir en temps normal. Les clients sont encore frileux, en plus de toutes ces conditions restrictives, ce sont des milliers d'emplois qui sont menacés", conclut-il.
"Au moins jusqu'à minuit"
"Nous avons préparé un courrier, que nous allons envoyer lundi 6 juillet aux ministères de l'Intérieur et du Tourisme ainsi qu'aux Walis des Régions de Rabat-Salé-Témara, et de Casablanca-Settat, pour demander de reconsidérer les horaires d'ouverture", nous indiquent Hassan Benarfa, président de l'Association des restaurateurs de la région de Rabat et M. Abbadi.
"Nous voulons être autorisés à rester ouverts au moins jusqu'à minuit" dans un premier temps.
"Si nous n'avons pas de réponse dans les plus brefs délais, certains établissements pourront fermer définitivement, puisqu'ils ne vont pas s'en sortir et de nombreux salariés se retrouveront au chômage", souligne M. Abbadi. D'autres ont fait le choix de ne pas ouvrir le 25 juin.
Par ailleurs, "nous avons également le souci de la masse salariale" ajoute M. Benarfa. "L’aide financière de l’Etat a pris fin le 30 juin et nous ne savons pas quoi faire. Nous ne pouvons pas licencier tout le personnel, ni la moitié. Nous pensons à un système de rotation, mais nous ne savons pas si cela marchera".
"En respectant une capacité d'accueil de 50%, les restaurateurs seront amenés à licencier au moins la moitié du personnel. Mais nous avons convenus d'essayer d'en garder au moins 80%, pour préserver le maximum d'emplois", conclut M. Abbadi.
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