Fusions-acquisitions : reports et annulations en masse à cause du Covid

Selon des avocats d'affaires de cabinets internationaux, la crise et le manque de visibilité ont conduit à la suspension voire à l'annulation de plusieurs opérations de fusions-acquisitions et autres décisions d'investissement.

Fusions-acquisitions : reports et annulations en masse à cause du Covid

Le 19 juin 2020 à 15h27

Modifié 10 avril 2021 à 22h42

Selon des avocats d'affaires de cabinets internationaux, la crise et le manque de visibilité ont conduit à la suspension voire à l'annulation de plusieurs opérations de fusions-acquisitions et autres décisions d'investissement.

En paralysant l’économie marocaine, la pandémie et les mesures qu’elle a engendrées ont contribué à la décélération et la suspension d’opérations stratégiques menées par les entreprises.

En effet, la fermeture des frontières, le confinement obligatoire, l’arrêt d’activité des entreprises et le manque de visibilité sur l’évolution de la situation économique sont des facteurs qui ont conduit à l’avortement ou au ralentissement des opérations investissements. 

Pour en mesurer l’impact, Médias24 a contacté trois avocats d’affaires de cabinets internationaux. Voici leurs explications.

« Il est difficile de valoriser une entreprise à l’heure actuelle »

« La crise découlant de la pandémie du Covid-19 a clairement eu de nombreuses conséquences sur les opérations de certaines entreprises (fusion-acquisition, joint-venture, etc.), notamment en raison de la fermeture des frontières marocaines et étrangères depuis le mois de mars 2020. Cela a empêché les dirigeants d’entreprises de se réunir, sur le même territoire, pour procéder à la conclusion de leurs transactions », explique Rim Tazi, avocate au barreau de Casablanca.

« Les administrations ne travaillaient pas à plein régime et ne géraient que les urgences (certaines étaient même fermées), ce qui a pu créer des retards conséquents dans la mise en œuvre des opérations », ajoute la même source.

L’indéniable impact de la crise sur ce type d’opérations est également constaté par Maître Safia Fassi-Fihri, avocate au barreau de Casablanca est associée gérante du cabinet BFR & Associés.

Jointe par Médias24, Maître Fassi-Fihri explique qu’en raison de « la très mauvaise visibilité à laquelle ils font face, certains clients ont préféré garder leurs fonds. De plus, il est très difficile de valoriser une entreprise à l’heure actuelle; nous ne savons pas ce que les sociétés vont devenir et comment elles vont réagir à la crise, il est donc compliqué de mettre un prix sur une entreprise ».

Quant aux reports et annulations, Maître Fassi-Fihri explique qu’il y a « trois cas qui se sont présentés. Le premier est celui des partenaires qui étaient en pourparlers avant la crise et qui ont décidé d’arrêter et d’attendre meilleure fortune.

D’autres ont signé les accords, mais les acheteurs ont fait valoir le covid-19 comme étant un événement de changement significatif, dans le cadre de la « MAC clause » (Material adverse change) qui est souvent prévue dans les conditions suspensives. Cette clause donne le droit à l’acheteur d’annuler la transaction si jamais il y a des éléments ou événements qui touchent, de manière significative, les agrégats financiers de la société.

Le troisième cas est celui des partenaires qui ont signé leurs accords et qui, même après la levée des conditions suspensives, ont décidé de décaler le « closing » et d’attendre une meilleure visibilité », explique l’avocate.

En effet, la conjoncture économique actuelle ne permet pas aux investisseurs de se projeter et d’engager leurs fonds.

Pas de nouveaux projets à l’horizon 

« Nous constatons un ralentissement de prise de décisions pour les nouveaux projets en raison du manque de visibilité sur la situation économique dans les mois à venir. Les investisseurs qui n’avaient pas déjà entamé des opérations avant la pandémie préfèrent, pour la plupart, les reporter de quelques mois. Certaines opérations qui concernent des secteurs spécifiques, en particulier le tourisme et l’hôtellerie, ont été gelées », explique Maître Jaafar Laidi, avocat au barreau de Casablanca.   

Face à cette situation inédite, due au coronavirus, de nouveaux paramètres sont à prendre en compte, notamment pour les entreprises qui sont en phase de due diligence.

Pour Maître Tazi, il s’agit notamment, « de l’impact sur la trésorerie, l’accès au financement, l’impact en termes d’approvisionnement de l’entreprise par ses fournisseurs qui sont en arrêt d’activité, les délais de paiement des clients qui ont du s’allonger en raison de la crise, l’analyse des clauses de force majeure des contrats de la cible, etc. ».

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