La Samir : Les salariés, un atout pour tous les espoirs de relance
En décidant d’exploiter les capacités de stockage de la Samir, l’Etat refait du raffineur un sujet d’actualité. Qu'en est-il de ses salariés ? Les « Samiriens » ont subi de plein fouet la chute de leur entreprise. Ils sont désormais appelés à jouer un rôle dans sa résurrection espérée.
La Samir a stoppé son activité en août 2015. Le mastodonte employait alors près de 1.100 salariés. Aujourd’hui, ils sont 685 à encore occuper leurs postes.
« 70% des salariés ayant quitté le navire l’ont fait dans le cadre d’un départ à la retraite. Le reste a démissionné. Il s’agit de techniciens ou d’ingénieurs ayant trouvé des postes ailleurs, et pour un salaire parfois double», nous dit une source proche du dossier. Une aubaine pour les concurrents qui profitent aujourd’hui de cadres hautement qualifiés.
« Pour leur part, les centaines de samiriens qui s’entêtent à rester, le font par esprit d’appartenance vis-à-vis d’une entité qui peut encore beaucoup donner au pays », estime notre interlocuteur. La preuve, si l’Etat s’apprête à louer les réservoirs de Samir, c’est pour reconstituer ses réserves de sécurité en carburant en profitant de la baisse des prix à l’international. Une décision d’intérêt général dans un contexte particulièrement contraignant.
« Le rôle stratégique d’une raffinerie est de capter les opportunités et gérer les périodes de crise », commente cette source.
Les salaires sont régulièrement versés au personnel, mais leurs montants ne constituent que 60% de ceux perçus avant la crise. A la Samir, la structure salariale est en partie constituée d’indemnités occasionnelles. Cette partie est aujourd’hui suspendue.
D’où viennent les rémunérations? Elles sont assurées en puisant dans les entreprises gravitant autour de la Samir (filiales et sociétés dans lesquelles elle détient des participations). Les dividendes de la filiale Salam Gaz servent notamment à cette fin.
Officiellement, la liquidation du raffineur n’a pas encore démarré. Il jouit d’une prorogation judiciaire permettant de garantir « la continuité de l’exploitation » et ce, en attendant une issue au processus de cession, objectif poursuivi vainement depuis 4 ans.
La présence du personnel constitue un atout dans les négociations en cours pour cette cession. Leur profil qualifié et hétéroclite (ingénieurs, techniciens, traders, commerciaux etc.) est un argument de vente. D'autant que le recrutement de nouveaux salariés impliquerait des contraintes superflues. « Rien que pour leur formation, cela nécessiterait 2 à 3 ans, sans pour autant atteindre le niveau d’un technicien ayant accumulé 20 ans d’expertise », nous explique une source.
Dans l’immédiat, cette expertise sera mise au profit de l’activité de stockage, objet du contrat de bail qui sera conclu entre la Samir et l’Etat marocain. « Le redémarrage de l’activité de stockage repose sur trois piliers : Le premier concerne le savoir-faire du management en poste, condition que le personnel de Samir remplit parfaitement. Le deuxième concerne l’aspect financier. Mobiliser les ressources nécessaires permettrait un redémarrage entre un mois et 45 jours. Pour le troisième, il s’agira de faire appel à des ressources externes, à travers la sous-traitance de certains travaux », explique une source proche du dossier.
Le volet sous-traitance implique le recours à des spécialistes de la construction métallique. En la matière, Buzzichelli Maroc faisait figure de partenaire historique de la Samir. Mais comme le raffineur, l’ex fleuron industriel a lui aussi été placé en liquidation. La chute de la Samir a eu un effet cascade sur des entités dont il constituait le principal donneur d’ordre.
Des rapports internes et externes (y compris celui dressé par un service d’inspection public) estiment que l’exploitation des réservoirs de la Samir « est possible », mais sous réserve d’une « utilisation progressive ».
Une partie de « la capacité de stockage nécessite de petites réparations, tandis qu’une autre partie requiert des réparations moyennes à importantes. Mais pour ces installations, la remise à niveau peut se faire dans un délai raisonnable à condition que soient mobilisés les ressources financières appropriées ».
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