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BUSINESS

Désaccord entre la RAM et ses pilotes sur la rémunération pendant la crise

Une réunion s’est tenue, vendredi 15 mai, entre la direction de la RAM et l’Association marocaine des pilotes de ligne pour discuter des moyens de relancer l’activité. Selon plusieurs sources fiables, cette rencontre n’a abouti à aucun accord, car d’un côté, aucun plan chiffré de relance n’a été présenté par le management et de l’autre, aucune baisse des salaires n'est jugée acceptable par l’AMPL. Un nouveau bras de fer s’annonce avec un dialogue de sourds en perspective.

Désaccord entre la RAM et ses pilotes sur la rémunération pendant la crise
Samir El Ouardighi
Le 18 mai 2020 à 16h43 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Contrairement à une information parue chez plusieurs confrères, l'AMPL n'a concédé, vendredi 15 mai, aucune baisse salariale de 45% pour les cinq prochaines années à la direction de la RAM qui estime pourtant nécessaire une baisse des salaires lorsque l'activité de la compagnie reprendra.

L’AMPL refuse toute baisse salariale supplémentaire

« A l'issue de la réunion avec la directrice de la RAM, il n’y a eu aucun résultat probant », nous déclare d’emblée un pilote membre du bureau de l’AMPL, qui préfère rester anonyme tant qu’aucune avancée n’aura été réalisée entre le management et l’association des pilotes de ligne.

« Au risque de nous répéter, l’AMPL n'a concédé aucune baisse de salaire de 45% pendant 5 ans. Si certaines compagnies étrangères tentent de négocier des mécanismes de réduction salariale, les salaires de nos pilotes dépendent déjà du niveau d’activité de la RAM.

« En effet avec la crise actuelle, des baisses salariales d'environ 45% ont déjà été consenties de manière contractuelle et il n’y a donc pas lieu d’en discuter à l’image d’autres compagnies.

« Ce point a été négocié en 1999 avec l’ancien président Mohamed Hassad et par la suite tous ses successeurs ont confirmé cette architecture salariale, dont Abdelhamid Addou en 2019.

« Pour résumer, nous sommes payés quand nous travaillons et ne le sommes pas, ou moins, quand l’activité s’arrête ou baisse comme avec la crise du Covid-19 », tient à rappeler notre source en ajoutant que la réunion n’a abouti à aucun accord concret.

La RAM n’a présenté aucun plan chiffré de relance

« Lors de cette réunion, nous avons fait part de notre étonnement face à l’absence de chiffrage des besoins, sachant que le déploiement des moyens est conditionné à l’identification des besoins », dénonce le membre de l’AMPL.

En d’autres termes, sans présentation par la direction d’un plan chiffré de relance, l’AMPL ne peut pas estimer le nombre de sacrifices à consentir qu'ils soient d'ordre salarial ou d'éventuels départs de pilotes 

Pas d’accord sans connaître les besoins humains

« Pour nous, la lettre du président n’est qu’une accumulation de formulations "prêt-à-porter" car nous n’avons vu aucune stratégie adaptée à la RAM.

"Sans présentation de données chiffrées et de stratégie de reprise, il ne peut par conséquent y avoir d’accord.

« Si les discussions sont toujours en cours, l’AMPL attend toujours des éclaircissements sur les besoins humains de la compagnie pour être fixée sur l’avenir professionnel de nos pilotes », conclut notre source qui insiste sur l’impossibilité d’avancée sans présentation préalable d’un plan de relance formalisé et dûment chiffré.

Pas de plan de relance sans validation préalable de l’Etat

Questionnée sur l’absence de présentation par la direction d’un plan de relance, identifiant les besoins humains, une source fiable l’explique par le fait que les négociations avec l’Etat-actionnaire n’ont pas encore été finalisées.

« Tant que les discussions se poursuivent avec notre principal actionnaire et que ses arbitrages ne sont pas définitifs, nous ne pouvons pas présenter de plan de relance avec les chiffres réclamés par l’AMPL.

« En dehors de cette nécessaire validation des pouvoirs publics, la direction de la RAM tient aussi des réunions avec les syndicats pour que des efforts soient consentis », explique notre interlocuteur en laissant entendre que les représentants du personnel devront accepter des sacrifices, soit des baisses salariales et/ou des départs.

Face à une crise quinquennale, l’AMPL doit accepter une baisse salariale

Sachant que la baisse actuelle d’activité durera 3 ou 4 mois avant la reprise mais que la crise risque de s'éterniser pendant 5 ans, notre source s’interroge sur la réelle volonté de collaboration et de sacrifice de l’AMPL.

« Si les pilotes de l’AMPL ne consentent à aucune baisse de salaires après la reprise, la compagnie va se retrouver dans une position très délicate.

« En effet, dans le cas probable où l’activité repartirait à un niveau réduit en décembre et que les pilotes gardent leur salaire normal, elle ne pourra tout simplement pas suivre », conclut notre source qui juge nécessaire une renégociation temporaire de la rémunération des pilotes, au moins jusqu'à ce que la crise passe. 

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Tags : coronavirus, covid
Samir El Ouardighi
Le 18 mai 2020 à 16h43

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