Chars d'assaut et kalachnikovs: la Russie étale ses armes pour séduire l'Afrique
Kalachnikovs dernier cri, systèmes de défense anti-aérienne et programmes de reconnaissance faciale: le complexe militaire russe a exposé au premier forum Russie-Afrique toute sa panoplie pour charmer le continent africain, qui pèse lourd dans son carnet de commandes.
"L'Afrique représente 40% du volume du portefeuille de commandes actuelles, à la fois en termes de valeur et de livraisons de différents types d'armes et d'équipements militaires", a assuré à l'AFP Alexandre Mikheev, patron de Rosoboronexport, la société publique russe chargée des ventes d'armements.
Dans les allées du premier forum économique russo-africain à Sotchi, où Vladimir Poutine a reçu depuis mercredi 23 octobre plus de quarante chefs d'Etat et de gouvernement africains, les stands des entreprises d'armement se taillent la part du lion.
Le conglomérat étatique Rostec, qui comprend l'essentiel du complexe militaro-industriel russe, est représenté notamment par l'entreprise Kalachnikov, le fabricant de systèmes anti-aériens et de blindés Almaz-Antey et le producteur de munitions Pribor.
Des hommes d'affaires russes et africains se pressent pour manipuler les derniers fusils automatiques, se faire prendre en photo l'arme au poing ou feuilleter le "catalogue d'armes d'infanterie et moyens de combat rapproché" traduit en français et portugais pour l'occasion.
"L'Afrique du Sud utilise des modèles plus anciens. Si vous voulez garder les mêmes munitions, elles seront compatibles avec ces nouvelles armes. On les adapte aux besoins de nos clients", vante un représentant du stand en aidant un homme à prendre en main une kalachnikov dernier cri.
"C'est léger!", s'exclame-t-il, avant de glisser: "Je suis médecin en Afrique du Sud mais ça m'intéresse personnellement", puis de s'éloigner pour participer à un panel sur la coopération médicale.
Derrière lui, une représentante de Rosoboronexport chante les louanges du système de reconnaissance faciale "le plus précis du monde" pour garantir "des frontières sûres", "protéger l'infrastructure d'état" et "combattre le trafic illégal".
12 milliards de dollars de contrats
"Nous avons environ 12 milliards de dollars de contrats signés et payés. Vingt pays (africains) travaillent aujourd'hui avec la Russie. Cette année, nous livrons neuf pays africains", dont le Rwanda, le Mozambique, l'Ouganda et l'Angola, reprend le chef de Rosoboronexport.
Selon lui, près de "80% de ce que l'Afrique nous achète est de l'équipement aérien: des hélicoptères de combat, des avions, les systèmes (de défense antiaérienne) Tor, Bouk et S-300", précise-t-il.
"Plus de 900 hélicoptères produits par Russian Helicopters sont enregistrés dans des pays africains. C'est près du quart des hélicoptères du continent", a pour sa part indiqué le PDG de Russian Helicopters dans un communiqué.
Une grande partie de ces contrats concerne également la formation de personnel dans le cadre des accords de coopération militaire signés entre la Russie et des pays africains, ainsi que des programmes de "modernisation et réparation" d'armements anciens.
A l'issue de la première journée, l'Ethiopie a acheté un système de défense antimissile Pantsir-S1, un produit qui intéresse également le Cameroun. Mais aucun contrat d'envergure n'est prévu lors du forum, précise Rosoboronexport.
Ce n'est pas faute de demande: le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a réclamé mercredi à Vladimir Poutine de renforcer l'aide militaire russe à la Centrafrique, avec notamment des livraisons d'"armes plus lourdes".
Depuis 2018, la Centrafrique reçoit des armes russes grâce à assouplissement de l'embargo pesant sur ce pays ravagé par une guerre civile.
Le président namibien Hage Geingob a également dit au président russe que son armée "étaient intéressée par l'aide de conseillers militaires russes".
Mercredi, Vladimir Poutine a indiqué que la Russie continuerait à aider les pays africains en effaçant leurs dettes. Une méthode déjà utilisée par Moscou pour mettre le pied dans la porte en Algérie et en Libye dans les années 2000, effaçant la dette en échange de gigantesques contrats d'armement.
Le patron de Rosoboronexport confirme cette méthodes de "soutien étatique" pour les contrats d'armement : "L'effacement des dettes, des prêts octroyés par l'Etat, le versement d'acomptes provisionnels, des prêts de banques russes", énumère-t-il.
"Tout dépend du partenaire, de ses capacités (financières). Nous voyons au cas par cas. Pour nous, même un contrat à 20 ou 30.000 euros est important pour fournir des pièces de rechange ou former des spécialistes".
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Croisières : le terminal de Casablanca s’attend à un été calme
Avec seulement quelques rares escales prévues en juillet et en août, le port de Casablanca connaîtra une saison estivale particulièrement calme malgré la mise en service de sa nouvelle infrastructure. Une situation jugée prévisible, les compagnies repositionnant leurs navires vers la Méditerranée orientale en été et planifiant leurs itinéraires jusqu’à deux ans à l’avance. Un opérateur et une source de l'ONMT nous expliquent qu'il faudra deux à trois ans pour bâtir un véritable écosystème, encore freiné par le manque de guides, d’autocars et de services adaptés.
Article : Escroqueries financières et phishing : vers un renforcement de la coordination nationale
Les escroqueries financières gagnent du terrain au Maroc comme ailleurs. Réunis à Rabat à l’initiative de Bank Al-Maghrib et de l’ANRF, régulateurs, banques et institutions concernées ont alerté sur l’ampleur du phénomène et appelé à renforcer la vigilance, la coordination et les outils de prévention pour protéger les usagers.
Article : Vague de chaleur : 12 villes ont dépassé les 40°C vendredi 17 juillet
Plusieurs villes marocaines ont enregistré, vendredi 17 juillet, des températures élevées. Elles étaient 34 à dépasser les 30°C. Et 12 villes ont vu le thermomètre grimper au-delà de 40°C.
Article : Mohammed Réda Lahmini élu président de la Commission des affaires économiques, sociales et environnementales de l'APF
Mohammed Réda Lahmini, membre du bureau de la Chambre des conseillers et du groupe de la Confédération générale des entreprises du Maroc, a été élu président de la commission des affaires économiques, sociales et environnementales relevant de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Article : Territoires : pourquoi la richesse reste concentrée dans quelques pôles
ENTRETIEN. Entre 2014 et 2024, les disparités entre les régions se sont accentuées : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma concentrent désormais 58,4% du PIB national. Dans cette interview, le géographe David Goeury explique pourquoi les investissements publics ne suffisent pas à combler ces écarts, et ce qui manque aux territoires en retard pour créer durablement des emplois et de la valeur.
Article : Le budget global du championnat national de football professionnel a atteint 965 MDH
Le président de la Ligue nationale de football professionnel (LNFP), Abdeslam Belegchour a indiqué, vendredi à Salé, que le budget global du championnat national professionnel a atteint 965 MDH.