Renault Commerce Maroc victime d’une fraude interne
Renault Commerce Maroc a détecté une fraude dans les procédures de vente des voitures impliquant des personnes en interne. Au moins trois personnes ont été licenciées. L'audit interne est toujours en cours. Silence sur l'impact financier.
Les équipes de Renault Maroc (le groupe) et sa filiale Renault Commerce Maroc (commercialisation au Maroc des marques Dacia et Renault) sont sur le pied de guerre depuis plusieurs semaines suite à la découverte d’une fraude en interne.
Selon nos informations, qui ont été confirmées par Renault Maroc, leader du commerce de voitures au Maroc avec plus de 40% de parts de marché, la fraude concerne la partie commerciale (vente de voitures) et impliquerait plusieurs personnes dont des employés de Renault Commerce Maroc.
Des poursuites en justice ne sont pas à écarter
Tout commence en juillet dernier quand une mission de contrôle détecte des « manquements à des procédures internes ». Mais ces manquements ne sont pas le fait d’oubli ou d’incompétence. Il s'agit d’actes malveillants à des fins de fraude.
La direction de Renault Maroc ne veut pas donner plus de précision sur la nature des manquements. Elle a bien voulu, après insistance, affirmer que cela touche «les procédures opérationnelles commerciales relatives au commerce automobile».
«Nous ne pouvons pas entrer dans les détails car le contrôle interne poursuit son travail», nous explique-t-on.
Selon nos informations, la fraude est de nature commerciale, impliquant à la fois des personnes internes à RCM et des complices.
Un processus interne a été enclenché suite à cette découverte qui débouchera très certainement sur des poursuites en justice.
Mais selon notre interlocuteur à Renault, «le plus gros des actions menées a été fait pour l’instant en interne». «Les personnes concernées ont été licenciées et des procédures sont actuellement en cours».
Jusqu’à présent, au moins trois personnes ont été épinglées par le contrôle interne de RCM et sont concernées par ces licenciements.
Alors que l’audit se poursuit, le management de Renault nous explique qu’il n’y a pas «de nouvelles procédures instaurées» pour corriger les failles menant à cette fraude, car le groupe dispose d’un important arsenal de procédures, encore faut-il qu'elles soient respectées.
Une attention particulière sera certainement accordée dans les semaines et mois à venir au respect des procédures internes, du moment que c’est un «manquement volontaire de leur application» qui a permis aux fraudeurs de réussir leur coup.
"Pas d’impact sur les clients"
Au-delà de savoir comment les fraudeurs ont agi, une des principales questions consiste à savoir si le client a été impacté par ces fraudes. A cette question, la réponse de Renault est claire et sans équivoque.
«Les manquements enregistrés n’ont eu aucun impact sur nos clients. Aucun dommage de quelque nature que ce soit n’est à déplorer pour les clients de Dacia et Renault. L’impact est constaté en interne», nous affirme-t-on, sans donner des précisions sur l'impact financier de cette fraude sur la société.
«C’est très minime». C’est le seul commentaire que le management a bien voulu faire sur ce point.
Pour information, les ventes de Renault Commerce Maroc (filiale commerciale) se chiffrent en milliards de DH. Selon les données disponibles sur Inforisk arrêtées à fin 2017, RCM a réalisé un chiffre d’affaires d'environ 9 milliards de dirhams pour un résultat net de près de 200 MDH.
Des ventes en forte baisse à fin août
Cette escroquerie interne dont a été victime RCM intervient à un moment où les ventes du groupe ne sont pas au meilleur de leur forme. Les ventes de Dacia ont baissé de 15% à fin août. Celles de Renault ont baissé de 8,8%.
Y-a-t-il un lien entre ces baisses et la fraude dont a été victime la branche commerciale du constructeur automobile ? «Aucun», assure le management.
«Il est vrai que nous avons perdu quelques points de parts de marché (42%), mais c’est tout le marché qui accuse une baisse depuis le début de l’année (-10%)», nous explique-t-on.
Pour la marque Dacia, la baisse s’explique selon le management par «l’arrêt des subventions pour le renouvellement du parc des taxis».
Affaire à suivre.
À découvrir
à lire aussi
Article : Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement
La ministre de l’Économie et des Finances a présenté aux parlementaires l’état d’exécution de la loi de finances 2026 et les grandes orientations budgétaires pour 2027-2029. Croissance revue à la hausse, déficit contenu, dette jugée soutenable et poursuite des grands chantiers sociaux : voici les principaux éléments de son exposé.
Article : Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée
Le célèbre avocat italien Me Fabio Anselmo, désormais conseil de la famille de Abderrahim Fakir, mort lors d'une interpellation à Bologne, livre à Médias24 une analyse des premières orientations de l'enquête et des risques que la procédure choisie fait peser sur la manifestation de la vérité.
Article : Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?
Alors que le MASI perd plus de 6% depuis le début de l’année, les mines et les assurances restent parmi les rares secteurs en hausse. La progression des minières est partagée par les trois valeurs cotées, mais son influence sur le marché repose surtout sur Managem. Dans les assurances, les évolutions sont plus contrastées, avec Sanlam et Wafa Assurance en hausse face au recul d’AtlantaSanad.
Article : Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue
Le gouvernement prolonge jusqu'au 31 août le dispositif de protection de la récolte nationale de blé tendre, afin de laisser aux minotiers davantage de temps pour atteindre leurs objectifs d'achat. En toile de fond, une collecte qui accuse du retard et des importations toujours freinées par un droit de douane de 170%.
Article : Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption
À Salé, le Parti de l'Istiqlal a détaillé l'un des cinq engagements de son programme pour les législatives de 2026 : la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts. Le parti défend cinq axes de réforme pour restaurer la confiance des citoyens.
Article : Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans
Le Parlement français vient de valider une mesure inédite sur le continent européen visant à bannir les moins de 15 ans des réseaux sociaux pour préserver la santé des adolescents.