Bilan d'étape du gouvernement: ce que pensent la majorité et l'opposition
Le bilan d'étape de l’action gouvernementale, examiné lundi 3 juin lors d’une séance plénière de la Chambre des conseillers, a suscité des divergences entre les groupes de la majorité qui ont salué un bilan "honorable" et ceux de l’opposition qui y voient un "simple rapport sur les activités des administrations publiques".
Côté majorité, le groupe Justice et développement a qualifié d’"honorable" le bilan de l'action du gouvernement, resté fidèle à l’esprit de son programme.
Le groupe a considéré cette étape comme "décisive" au vu des réalisations accomplies à plusieurs niveaux, citant notamment les avancées tangibles dans l'indice de perception de la corruption, dans l’indice du climat des affaires et dans l'afflux des investissements étrangers, avec à la clé un effort considérable dans le volet relatif à la promotion de l'emploi dans le secteur public.
Ce nouveau souffle social dans le travail du gouvernement s'est concrétisé au niveau de plusieurs indicateurs tels que l’augmentation du budget du programme "Taysir" et l’élargissement de sa dimension géographique, l'élargissement de l'octroi des bourses universitaires et l'adoption du Registre social unifié, indique le groupe.
Le groupe Haraki s’est, à son tour, a insisté sur la nécessité d'accorder plus d’attention aux zones rurales, de renfoncer la cartographie sanitaire et de mobiliser les ressources nécessaires, l’ensemble à la faveur de la cohésion sociale et l’accélération de la promulgation du registre social unifié.
Pour sa part, le groupe du Rassemblement national des indépendants a salué l’importance des réformes entreprises dans de nombreux secteurs, particulièrement la justice, l'agriculture, l'industrie, la pêche maritime, le commerce et les programmes sectoriels y afférents, auxquelles s’ajoute la réforme lancée dans le domaine économique et financier.
Le groupe a souligné l’impérieuse nécessité de hâter la cadence de traitement des problèmes à dimension sociale, tout en renforçant la gouvernance dans les secteurs de la santé et de l'emploi.
Quant au groupe de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), il a salué l'effort positif réalisé dans l'amélioration du climat des affaires et la réforme des centres régionaux d'investissement, enregistrant avec satisfaction l'adoption de la loi relative à la création d'entreprises par voie électronique, ayant conduit à un progrès dans l'indice Doing Business.
Par contre, au niveau de l’entreprise, la compétitivité et le niveau de vie des citoyens, la CGEM parle de l'absence d'un impact positif sur les efforts déployés sur le terrain, en raison du caractère limité du modèle de développement", pointant du doigt certaines lacunes entachant le système d'éducation et de recherche, la faiblesse du taux de croissance et le manque d’efficacité de l'investissement.
Une politique de manœuvres, selon le PI
Pour les partis de l'opposition, le constat était tout autre. Ainsi, le groupe Authenticité et modernité a indiqué que "la gestion gouvernementale demeure sans aucune vision politique claire unissant toutes les composantes de l’exécutif". Le parti a souligné que la véritable vision est celle qui octroie à chaque citoyen son statut, son rôle et son droit pour assurer sa stabilité et son bien-être social.
Même son de cloche chez le groupe istiqlalien pour l’Unité et l’égalitarisme qui a estimé que les chiffres présentés "relèvent d'une politique de manœuvres", soulignant que ces chiffres ont "transformé les résultats en un simple rapport sur les activités des administrations publiques visant à satisfaire certains départements gouvernementaux désorientés" .
"La recrudescence du taux du chômage dans la société a atteint des niveaux record ces huit dernières années, jetant le discrédit sur la capacité du gouvernement de réduire ce taux situé à 8,5%", a prévenu le groupe, s’interrogeant sur la portée de "la stratégie nationale en matière d'emploi".
Le groupe parlementaire a aussi évoqué le secteur de la santé "qui se trouve dans une situation délicate, compte tenu de la faiblesse et de l'absence d’équipements hospitaliers et du manque énorme en cadres médicaux et infirmiers".
Si le groupe de l’Union marocaine du travail (UMT) a affirmé s'attendre à un discours réel de la part du gouvernement concernant les données économiques, sociales et des droits de l’homme, le groupement de la Confédération démocratique du travail a mis en garde contre la détérioration du pouvoir d'achat des citoyens et la hausse de la dette publique.
(Avec MAP)
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