img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

La baisse des taux des crédits sans impact sur la dynamique économique

Au premier trimestre 2019, les taux des crédits bancaires ont poursuivi leur baisse entamée en 2016. Toutefois, cette détente ne se transforme toujours pas en dynamique économique.

La baisse des taux des crédits sans impact sur la dynamique économique
S.N.
Le 13 mai 2019 à 14h19 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Selon la dernière enquête de Bank Al-Maghrib, le taux débiteur moyen appliqué par les banques s’établit à 4,89% au premier trimestre 2019, en baisse de 17 points de base par rapport à un trimestre auparavant.

En fait, la tendance baissière se poursuit depuis 2016, un an après la dernière baisse du taux directeur à 2,25%.

Aussi bien les taux des crédits pour les particuliers que ceux des entreprises ont enregistré une baisse. De même, toutes les catégories de crédits coûtent moins cher.

Cette tendance favorable intervient dans un contexte de taux directeur stable à un niveau très bas (2,25%), de forte concurrence entre les banques pour préserver ou gagner des parts de marché sur le segment crédits, et de déficit de liquidité relativement stable et suffisamment comblé par la Banque centrale.

Le crédit bancaire évolue toujours lentement

Toutefois, cette tendance peine à se transformer en dynamique économique. Le crédit bancaire au secteur non financier croit toujours à un rythme très lent.

Surtout, les prêts aux entreprises font quasiment du surplace. Au premier trimestre, ils ont évolué de moins de 2%. Quant aux crédits aux particuliers, ils maintiennent invariablement leur taux de progression aux alentours de 5%.

Ce ralentissement persistant du crédit bancaire reflète la morosité économique qui sévit depuis plusieurs années déjà. La dernière fois où la croissance a dépassé le seuil des 5% c’était en 2011. L’année dernière, elle s’est établie à moins de 3%, selon les données provisoires non agrégées du HCP (2,8% selon les calculs de Médias24).

En 2019, Bank Al-Maghrib prévoit une croissance de 2,7%. La valeur ajoutée agricole est toujours volatile en fonction de la pluviométrie et le PIB non agricole croit toujours lentement.

L'œuf ou la poule ?

Au cours des dernières années, une question revenait avec insistance : Est-ce que c'est le ralentissement du crédit bancaire qui est derrière la morosité économique ou est-ce l'inverse ?

Autrement dit, est-ce que le crédit bancaire ralentit par manque de dossiers de demande ou parce que les banques elles-mêmes ont verrouillé l’octroi de prêts face à la montée des impayés, et donc fermé le robinet à l'économie ?

Il est vrai que les banques se montrent plus prudentes vis-à-vis de certains secteurs à risque. Mais il s’agit plus d’un problème de demande, médiocre en quantité et en qualité. La concurrence dans le secteur bancaire et l’abaissement des taux prouve bien que les banques sont à la recherche de dossiers bancables à financer.

Pourtant, des efforts ont été faits pour oxygéner l’économie. Entre autres, une grande partie des crédits de TVA détenus par les entreprises sur l’Etat ont été remboursés et les délais de paiement dans le cadre des marchés publics ont été sensiblement réduits.

Manque de confiance et de visibilité

Il faut croire que ce type de mesures nécessite un délai de transmission et que d’autres problématiques sérieuses n’ont pas encore été résolues :

- Par exemple, le secteur immobilier, une locomotive de l’économie qui pèse 30% du crédit bancaire, est en pleine crise et on ne voit toujours pas le bout du tunnel. La demande qui reste à servir n’a pas une offre adaptée en termes de standing, de prix, de localisation, de mécanismes de financement, d’équipements publics…

- Le problème des délais de paiement inter-entreprises n’est toujours pas réglé, la loi n’étant toujours pas appliquée.

- L’accès des TPME à la commande publique n’est toujours pas facilité malgré les avancées sur le plan législatif.

- Dans l’industrie, si des filières se portent bien comme l’automobile et l’aéronautique, beaucoup d’autres font face à de sérieuses difficultés : métallurgie, sidérurgie, chimie…

- Dans le secteur tertiaire, plusieurs branches d’activités sont minées par l’informel : commerce, transport.

- L'inexistence de cohérence d’ensemble dans la conduite des réformes et l’impulsion d’une nouvelle dynamique n’est pas assurée, ce qui rend la croissance économique faiblement inclusive.

- Surtout, il y a un manque de visibilité et de confiance quasi général qui freine l’investissement et donc la croissance et les créations d’emplois. Le contexte politique y est pour beaucoup.

Le 18 avril, BAM, le GPBM et la CGEM se sont réunis pour faire le bilan des mesures décidées en 2016 dans le but de relancer le crédit aux entreprises. Ils ont également pris de nouvelles mesures et mis en place des structures de suivi. Même si elles s'avèrent efficaces, ces actions ne pourront produire leurs effets que sur la durée...

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
S.N.
Le 13 mai 2019 à 14h19

à lire aussi

Les prix du gasoil et de l'essence en baisse, ce 1er mai
Energie

Article : Les prix du gasoil et de l'essence en baisse, ce 1er mai

En ce début du mois de mai, le litre du gasoil a vu son prix baisser d'un dirham. La baisse a également concerné le prix de l'essence.

Dessalement : 8 à 10 ans pour changer d’échelle industrielle (Amine Mohamed)
Eau

Article : Dessalement : 8 à 10 ans pour changer d’échelle industrielle (Amine Mohamed)

Porter le taux d’intégration locale de 35 % à 70 % dans le dessalement de l’eau est une ambition qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie industrielle, estime le président du Cluster marocain des métiers de l’eau. Au delà de la simple production d’eau potable, Amine Mohamed nous déclare que le véritable objectif est de bâtir une filière industrielle compétitive, innovante et exportatrice pour le Maroc.

Sahara : le Canada, la Suisse, le Honduras… avril 2026 confirme le basculement diplomatique
NATION

Article : Sahara : le Canada, la Suisse, le Honduras… avril 2026 confirme le basculement diplomatique

INFOGRAPHIE. Canada, Suisse, Royaume-Uni, Autriche, Équateur, Belgique… Les déclarations s’accumulent, et les formules se ressemblent, “la plus crédible, réaliste et viable”. Ce n’est plus de la diplomatie de courtoisie, c’est un alignement. Notre infographie actualisée.

Le compte rendu du Conseil de gouvernement du jeudi 30 avril 2026
Quoi de neuf

Article : Le compte rendu du Conseil de gouvernement du jeudi 30 avril 2026

Le Conseil de gouvernement, présidé par Aziz Akhannouch, s’est réuni le 30 avril 2026 pour examiner plusieurs projets de loi et des nominations à de hautes fonctions.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 30 avril
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 30 avril

La Bourse de Casablanca clôture la séance du 30 avril 2026 en baisse, avec un repli des principaux indices dans un marché animé par Managem et Attijariwafa bank.

La FRMF soutient la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA
Quoi de neuf

Article : La FRMF soutient la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA

La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), présidée par Fouzi Lekjaa, annonce son soutien à Gianni Infantino lors de sa candidature à la présidence de la Fédération internationale de football association (FIFA).

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité