Soudan: tirs de gaz lacrymogènes sur les manifestants à Khartoum

La sécurité soudanaise a tiré mardi 9 avril des gaz lacrymogènes sur les milliers de manifestants antigouvernement toujours rassemblés près du QG de l'armée, qui a toutefois tiré en l'air pour repousser ces forces de l'ordre, ont rapporté des témoins.

Soudan: tirs de gaz lacrymogènes sur les manifestants à Khartoum

Le 9 avril 2019 à 10h40

Modifié 10 avril 2021 à 20h58

La sécurité soudanaise a tiré mardi 9 avril des gaz lacrymogènes sur les milliers de manifestants antigouvernement toujours rassemblés près du QG de l'armée, qui a toutefois tiré en l'air pour repousser ces forces de l'ordre, ont rapporté des témoins.

Depuis samedi, des milliers de Soudanais, bravant l’interdiction de manifester, sont rassemblés devant le quartier général de l’armée, dans la capitale à Khartoum.

Lundi 8 avril, la foule a exhorté l’institution militaire, qui n’est pas directement intervenue depuis le début de la contestation il y a près de quatre mois, à soutenir leur mouvement de contestation et à discuter avec eux d’un « gouvernement de transition » pour remplacer le président Omar el-Béchir.

A cette heure, les intentions exactes de l’armée restent inconnues.

Tôt mardi, les forces de sécurité du puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS) et la police antiémeutes -qui mènent la répression depuis le début du mouvement en décembre- ont elles tiré des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants, ont rapporté des témoins et un manifestant.

« Il y a des tirs intenses de gaz lacrymogènes après quoi l’armée a ouvert les portes du complexe pour laisser entrer les manifestants », a ajouté un des témoins.

« Quelques minutes plus tard, un groupe de soldats a tiré en l’air pour repousser les forces de sécurité qui faisaient usage de gaz lacrymogènes« , a-t-il ajouté.

Un autre témoin a confirmé les faits alors qu’un journaliste de l’AFP a lui-même entendu les coups de feu, qui ont duré 3 à 4 minutes.

Lundi, au troisième jour de leur rassemblement, les protestataires ont exhorté l’armée à soutenir leur mouvement de contestation et à discuter directement avec eux d’un « gouvernement de transition » pour remplacer le président Omar el-Béchir.

Devant les manifestants, l’opposant Omar el-Digeir, chef du Parti du Congrès soudanais, a appelé l’armée à « engager un dialogue direct » avec l’Alliance pour le changement et la liberté, une union de partis d’opposition et de professionnels soudanais, « afin de faciliter un processus pacifique débouchant sur la formation d’un gouvernement de transition ».

« Quand l’armée est là, nous n’avons pas peur », ont scandé les manifestants, faisant le V de la victoire, tandis que les forces de sécurité tentaient en vain de les disperser avec des gaz lacrymogènes.

« Les forces armées soudanaises comprennent les motifs des manifestations et ne sont pas contre les demandes et les aspirations des citoyens, mais elles ne laisseront pas le pays sombrer dans le chaos », a répondu ultérieurement le ministre de la Défense, le général Awad Ahmed Benawf.

« L’histoire ne le pardonnera pas si les forces armées laissent le pays perdre sa sécurité », a-t-il dit lors d’une réunion de hauts gradés, selon l’agence officielle Suna.

Dans un communiqué, le général Kamal Abdelmarouf, chef d’état-major de l’armée soudanaise, a précisé que celle-ci « continuait d’obéir à sa responsabilité de protéger les citoyens ».

(Avec AFP)

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