Transport de marchandises: les acteurs dénoncent l’inaction du ministère

Les professionnels du transport de marchandises sont en colère contre le ministère de tutelle à qui ils reprochent le non-respect des promesses faites en octobre dernier. 

Transport de marchandises: les acteurs dénoncent l’inaction du ministère

Le 6 mars 2019 à 15h33

Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Les professionnels du transport de marchandises sont en colère contre le ministère de tutelle à qui ils reprochent le non-respect des promesses faites en octobre dernier. 

La grève de 48 heures des transporteurs de marchandises de la catégorie des véhicules de moins de 19 tonnes, affiliés à l’UMT a pris fin mardi 5 mars.

« Il n’y a pas eu une grande adhésion et donc pas un grand impact sur l’économie », nous confie une source du secteur.

Une bonne nouvelle pour l’économie nationale qui a évité la paralysie.

Cela dit, le secteur reste sous tension. Au-delà de la grève annoncée par l’UMT, l’Organisation démocratique des professionnels du transport (ODPT) comptait organiser une marche nationale ce mercredi 6 mars pour dénoncer l’inaction du ministère des Transports avant d’y renoncer.

« Ces mouvements de protestation sont de la responsabilité du ministère. Après la première vague de grèves, des réunions ont été tenues et qui ont été sanctionnées d’un PV en octobre 2018. Trois points essentiels avaient été identifiés pour leur trouver une solution. Mais, depuis, rien n’a été fait », dénonce Mustapha Chaoune, secrétaire général de l’ODPT.

L’Organisation démocratique des professionnels du transport comptait elle aussi faire entendre son mécontentement, mais y a renoncé après intervention du ministère de l’Intérieur. « On nous a promis qu’il allait se saisir du dossier et le défendre auprès du chef du gouvernement pour que les promesses du ministère de Transport soient tenues », nous confie notre interlocuteur.

Promesses non tenues ?

Durant les mois d’octobre et novembre 2018, plusieurs mouvements de grève des transporteurs de marchandises ont perturbé la bonne marche de l’économie nationale. Suite à quoi, les professionnels et le ministère ont convenu de créer des comités bipartites pour traiter trois points essentiels :

– La hausse du coût du gasoil professionnel qui représente 40% du coût du transport.

– Le tonnage pour certaines catégories de camions,

– La carte professionnelle pour les conducteurs.

En plus des comités, l’accord conclu paraphait trois principes que les professionnels prenaient pour acquis :

–  Tolérance d’un tonnage supérieur à 30% maximum par rapport à la réglementation, en attendant que la commission en charge de cet aspect, présidée par le secrétaire général du ministère et où toutes les parties sont représentées, procède à la révision des limites de tonnage dans les plus brefs délais,

–  Préparation par une commission présidée par un professionnel du transport d’une proposition concrète de subvention publique du gasoil professionnel, que le ministère soumettra aux autres départements ministériels concernés pour discussion.

–  Exonération des conducteurs professionnels actifs actuellement des frais de formation qui étaient à leur charge.

« Les différents représentants du secteur ont insisté sur le fait que le ministère devait s’assurer de l’entrée en vigueur de ces points dans les plus brefs délais car ils dépendent directement du ministère », insiste Mustapha Chaoune, secrétaire général de l’ODPT.

Sauf que le comité du gasoil professionnel ne s’est jamais réuni. Celui relatif à la problématique du tonnage s’est réuni une seule fois sans résultats probants.

Les professionnels reprochent donc au ministère le non aboutissement de ces deux chantiers.

« Les discussions ont été entamées en octobre 2018, nous sommes au mois de mars 2019 et Ramadan approche à grands pas, les professionnels voient le temps passer sans rien obtenir du ministère », explique Chaoune.

La nécessaire restructuration

Ces points ne résument aucunement les problématiques du secteur qui sont bien plus nombreuses.

L’un deux est la dichotomie dont souffre le secteur. On y trouve d’un côté les grandes entreprises structurées et ayant des canaux de communication réguliers avec l’Etat. Et de l’autre, les petits opérateurs disposant d’un camion ou deux et dont la représentativité est éclatée entre plus d’une cinquantaine d’associations et de syndicats.

Et chaque catégorie a des préoccupations différentes parfois contradictoires, comme sur la question du tonnage.

C’est la raison pour laquelle les professionnels et le ministère avaient également convenu d’une journée de travail pour explorer les pistes de réforme du secteur. Cette journée s’est tenue le 8 décembre dernier, comme annoncé par Médias24 en novembre

Le ministère y avait présenté les grandes lignes d’une stratégie pour la réforme du secteur qui se traduira par un futur contrat-programme entre l’Etat et les professionnels du secteur.

Le ministère a proposé une vision stratégique qui repose sur quatre piliers :

–  La mise à niveau du secteur.

–  La structuration et l’organisation du secteur.

–   La professionnalisation et l’amélioration du niveau de concurrence entre les opérateurs du secteur.

–  La gouvernance.

Chaque pilier est ensuite décliné en plusieurs axes.

Pour la mise en œuvre de cette vision, le ministère de tutelle propose un contrat-cadre relatif à la mise à niveau des acteurs du secteur en plus de six contrats d’application : 

–  Contrat programme pour la mise à niveau du transport international de marchandises.

–  Contrat programme pour la mobilité du transport de marchandise dans le périmètre urbain.

–  Contrat programme pour la la mise à niveau du transport des produits dangereux.

–  Contrat programme dédié aux produits périssables et aux légumes.

–  Contrat programme pour la mise à niveau du transport à l’intérieur des ports.

–  Contrat programme pour la mise à niveau des professionnels de transport de marchandise de la catégorie 2 et 3,5 tonnes.  

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