Exclusif. Coalition des créanciers pour sauver la Samir
Les principaux créanciers de la Samir sont désormais réunis en assemblée. Deux réunions et un mémorandum transmis au syndic et au juge-commissaire. Des démarches concrètes entreprises et un souffle nouveau au dossier de la cession.
Les créanciers de la Samir sont appelés à plus d’implication dans le dossier de la liquidation. Ils sont désormais réunis en « assemblée », structure formelle créée à l’initiative des contrôleurs (Douane, BCP, Salariés), eux-mêmes créanciers du raffineur.
Dans la discrétion la plus totale, l’assemblée des créanciers s’est constituée en novembre 2018, mois au cours duquel elle a tenu deux réunions, la première à Mohammedia (14 novembre) et la deuxième à Casablanca (28 novembre 2018).
Les représentants des principaux créanciers y ont pris part, dont Carlyle, Glencore ou encore BB Energy. Selon nos sources, les parties prenantes représentent à elles seules 75 % de la dette de la Samir, dont le chiffre n’a pas encore été officiellement arrêté mais qu’on estime à plus de 40 MMDH.
D’ordinaire, les contrôleurs doivent rendre compte aux autres créanciers de l’accomplissement de leur mission à chaque étape de la procédure. Au cours des réunions, les trois contrôleurs de la Samir ont présenté un rapport sur l’état d’avancement de la procédure de liquidation. L’accent a été mis sur les trois principaux volets de celle-ci, à savoir la vérification des créances, la cession et la préservation du patrimoine global de la société.
Les parties prenantes en sont arrivées à cette conclusion principale : « Désormais, les créanciers de la Samir ne doivent plus se contenter d’attendre le recouvrement de leur dette. Ils doivent également assumer leur responsabilité dans la recherche d’une issue à la crise du raffineur », rapporte une source sûre.
"Céder la Samir par tous les moyens nécessaires"
A ce titre, la possibilité d’une reprise de la Samir par les créanciers a été discutée, et ce dans le cadre d’une reconversion de la dette en part de capital. L’option de la gestion libre a également été évoquée. Selon notre interlocuteur, « les créanciers ont également été invités à encourager des investisseurs potentiels et surtout à contribuer au plaidoyer auprès de l’Etat pour que ce dernier dévoile sa position quant au devenir de l’industrie du raffinage. »
En guise de premier pas, l’assemblée des créanciers a dressé un mémorandum qui a été transmis, début décembre, à Abdelkbir Safadi et Abderrafii Bouhamria, respectivement syndic judiciaire et juge-commissaire chargés de la liquidation. Lesquels ont été appelés « à prémunir les actifs de la société de la dégradation et surtout à œuvrer par tous les moyens nécessaires à leur cession, et ce dans les plus brefs délais. »
Cette démarche a eu ses premiers effets réels. A la demande du syndic, le juge-commissaire a débloqué des fonds destinés à engager des travaux d’entretien de l’outil de production basé à Mohammédia. Cette décision a fait l’objet d’une ordonnance rendue le 31 décembre 2018. Aucun chiffre n’a été révélé quant au budget mis à la disposition du liquidateur.
L’autre initiative concrète émane d’un membre de l’assemblée. Sur les trois offres aujourd’hui sur la table, l’une d’entre elles sort du schéma classique et présente un intérêt certain, en raison de la crédibilité de l'investisseur international.
Cette offre n’est pas celle d’une cession simple et conforme à l’article 655 du code de commerce, formule chère au juge-commissaire. A en croire les différents échos, ce dernier n’est pourtant pas insensible à cette proposition et attend une réponse définitive de l’offreur. Au tribunal de commerce de Casablanca, on aborde aujourd’hui le sujet Samir avec la flexibilité qui sied à un dossier dans l'impasse. Le raffineur est mis en vente depuis le 8 février 2017, soit plus de deux ans sans trouver preneur.
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