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RAM: Les quatre revendications principales des pilotes pour sortir de la crise

Cinq jours après le début de son mouvement de protestation, l’Association marocaine des pilotes de ligne a convoqué une conférence de presse pour s’expliquer. S’estimant victime d'une volte-face de la direction, elle a exposé les exigences suivantes: revalorisation salariale, promesse de paix "salariale" et non pas "sociale", repos mensuel de 4 jours et filet social pour leurs collègues de la filiale RAM Express.

RAM: Les quatre revendications principales des pilotes pour sortir de la crise
Samir El Ouardighi
Le 23 juillet 2018 à 17h30 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

On en sait désormais plus sur les revendications des pilotes syndiqués de l’AMPL à l’origine de la crise qui se poursuit depuis son déclenchement mercredi 18 juillet.

Lors d’une intervention de 2 heures à son siège casablancais, son président Amine Mkinsi a réaffirmé que le mouvement en cours n’était pas une grève mais l’aboutissement logique de 20 mois de "tergiversations et de promesses non tenues du management de la RAM".

"Le timing de notre mouvement peut susciter des interrogations chez l'opinion publique mais l’AMPL n’a vraiment pas eu le choix. Nous avions beaucoup trop patienté et n’avons obtenu aucune avancée sur nos doléances. Le blocage de la situation s'explique donc par nos revendications insatisfaites, dont 4 cruciales, qui s’éternisent depuis trop longtemps", a déclaré le président élu en 2016.

Augmentation salariale demandée: 15.000 DH sur 5 ans

Pour faire taire la rumeur sur des prétentions de revalorisations salariales mensuelles "soit-disant" comprises entre 30.000 et 50.000 DH, Mkinsi a précisé qu’elles étaient de 15.000 DH pour un commandant de bord et de 10.000 DH pour un copilote.

>> Lire aussi : RAM: Le bras-de-fer avec les pilotes a déjà coûté 20 MDH

"Sachant que nous n’avons pas été augmentés depuis 10 ans, la direction n’y a vu aucun inconvénient lors de nos premières négociations. Au départ, elle a même accepté sa concrétisation rapide étalée en 3 tranches sur 5 ans. Puis, volte-face: elle nous a imposé que son application ne soit effective qu’après la signature du contrat-programme avec l’Etat sur lequel personne n'a de visibilité", a déclaré le président Mkinsi pour mettre un terme aux accusations de personnel navigant "trop gâté".

Paix salariale oui, paix sociale non

Lors du même round de négociations où la compagnie avait accepté oralement le principe de cette augmentation, il a été convenu entre les deux parties que les pilotes signeraient un engagement de 7 années durant lesquelles, ils ne réclameraient aucune autre revalorisation salariale.

"Alors que nous nous étions mis d’accord sur ce principe, le management a encore changé d’avis en exigeant que nous nous engagions non pas sur 7 ans de paix salariale mais 7 ans de paix sociale.

"Il est hors de question de lui signer un chèque en blanc car cela aurait voulu dire que nous n’aurions plus aucun mot à dire sur l’amélioration de nos conditions de travail", dénonce Mkinsi en citant l’exemple du décès, qui aurait pu être évité, d’un copilote marocain en juin 2017 à l’aéroport Mohammed V.

"Notre collègue a eu une crise cardiaque et alors qu’il aurait pu être ranimé, il a mal été pris en charge par son assurance sanitaire. Le jeune homme de 27 ans a été transporté trop tard dans une ambulance complètement délabrée sans urgentiste ni réanimateur. Dans cette affaire, la RAM est autant responsable que l’ONDA qui contrôle les accès aux avions", accuse le commandant de bord.

4 jours de repos contre 5 pour les pilotes étrangers

Afin d’éviter ce genre de drame dû, selon elle, au surmenage et au sous-effectif, l’AMPL a exigé que l’ensemble des pilotes puisse bénéficier de 4 jours consécutifs de repos. Là-encore, la direction ne s’y serait pas opposée avant d’émettre une condition supplémentaire.

"Comme tous les salariés du monde, nous avons droit à un repos de 48 heures par semaine mais avec les remplacements à la dernière minute et les changements de programme, ça devient de plus en plus compliqué.

"Le problème est que nos collègues étrangers travaillant à la RAM bénéficient d’un congé mensuel ininterrompu de 5 jours. De notre côté, nous ne réclamons que 4 jours mais le management a encore trouvé le moyen de retarder sa mise en œuvre en la liant au nombre de vols programmés ce qui la rend impossible en haute saison", précise le président de l’AMPL.

Reclassement des pilotes malades de la filiale RAM Express

La dernière exigence des pilotes syndiqués concerne les conditions de reclassement de leurs collègues de la filiale RAM Express dont la flotte est constituée d’avions ATR.

"En cas de maladie invalidante, les pilotes qui assurent des vols domestiques ou court-courrier vers le sud de l'Espagne n'ont pas filet social contrairemement à leurs collègues travaillant sur des avions moyen et longue distance.

"En d’autres termes, si du jour au lendemain, ils ont un problème de vision ou autre, ils peuvent être licenciés. Nous exigeons qu’ils soient traités comme nous et le cas échéant, reclassés dans un emploi au sol et avec un salaire décent et de bonnes conditions de travail", a conclu Mkinsi qui a révélé qu’une réunion était prévue ce lundi à 15 heures avec la direction pour tenter de trouver un accord sur ces 4 points.

En attendant d’en savoir plus sur ce nouveau round de négociations, il faut espérer qu’un accord sera trouvé rapidement pour faire cesser des perturbations croissantes qui touchent les passagers et risquent d’impacter l’équilibre financier du transporteur national.

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Samir El Ouardighi
Le 23 juillet 2018 à 17h30

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