Le modèle de développement du Maroc a atteint ses limites pour les chefs d'entreprises (Enquête CMC)
Le Centre Marocain de Conjoncture vient de publier les résultats d'une enquête qu'il a menée auprès des chefs d'entreprises au premier trimestre 2018, au sujet de la pertinence d'un nouveau modèle de développement pour le Maroc. Pour eux, le nouveau modèle doit reposer sur une stratégie combinant le développement du marché intérieur et l’intégration des marchés internationaux.
L’adoption d’un nouveau modèle de développement pour le Maroc devient urgente. Le Roi Mohammed VI a insisté sur ce point dans son discours d’ouverture de la session parlementaire en octobre dernier.
Le Souverain avait appelé le gouvernement, le parlement et toutes les institutions ou instances concernées à revoir le modèle actuel, qui présente de multiples lacunes, afin de l’adapter aux évolutions que connaît le pays et aux aspirations des Marocains.
En juillet 2017, l’OCDE avait présenté la première partie de son rapport sur l’examen multidimensionnel du Maroc, où il a diagnostiqué de manière détaillée la situation du Maroc et les insuffisances de son modèle de développement actuel.
En mai dernier, l’organisation a soumis au gouvernement la deuxième partie de son rapport contenant des recommandations concrètes dans tous les domaines couverts.
Suivra une troisième partie consacrée aux modalités de mise en œuvre.
Le Maroc manque d’une vision de développement à très long terme
Education, emploi, industrie, infrastructures… Le Maroc dispose de plusieurs stratégies nationales, anciennes ou récentes, mais celles-ci peinent à produire des résultats ou favorisent un développement qui ne profite pas à tous, générateur de plusieurs déficits et qui n’est pas soutenable.
Le Maroc manque d’une vision de développement à très long terme, avec des objectifs globaux clairs et partagés, des plans d’actions cohérents où moyens et responsabilités sont bien définis et une gouvernance nationale et locale permettant une mise en œuvre efficace et rapide.
En attendant que les parties appelées à définir et décliner ce nouveau modèle de développement se mobilisent, le débat se poursuit sur la question, alimenté notamment par les économistes et les experts marocains et internationaux.
Dans ce cadre, le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) a publié les résultats d'une enquête menée auprès des chefs d’entreprises sur «la pertinence d’un nouveau modèle de développement au Maroc».
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Nouveau modèle de développement: Le CMC s’invite au débat
Cette enquête a été réalisée au premier trimestre 2018 auprès d’un échantillon qualifié de représentatif par le CMC, composé de 200 organismes parmi lesquels des associations et fédérations professionnelles ainsi que des entreprises du secteur privé "à taille significative".
Inégalités, croissance et création d'emploi faibles, les principales causes
Pour les opérateurs sondés, les critères d’évaluation d’un modèle économique sont, par ordre d’importance :
- La performance économique et financière,
- Le développement social,
- La qualité des institutions,
- Le progrès au niveau de la répartition de l’équité et de la justice sociale,
- La diversification de ses structures productives,
- Le niveau de productivité et de compétitivité,
- La capacité à faire face aux changements de l’environnement,
- La protection de l’environnement et la préservation du futur.
Selon ces critères, le modèle de développement actuel a atteint ses limites et doit évoluer pour 97,40% des sondés.
Pour eux, les raisons sont:
- La persistance des inégalités sociales et territoriales,
- La faiblesse de la capacité de création d’emploi,
- L’essoufflement de la croissance,
- La déficience du système de gouvernance,
- La faible diversification productive,
- La compétitivité insuffisante et la faiblesse du secteur exportateur,
- La faible vitesse de convergence vers les pays émergents,
- Le faible rendement des investissements
- La détérioration des équilibres financiers
Le nouveau modèle de développement doit, pour 85,70% de l’échantillon, reposer sur une stratégie combinant le développement du marché intérieur et l’intégration des marchés internationaux.
Les priorités? Le développement régional et la réduction des inégalités, suivis de l’amélioration des performances économiques, puis par la convergence vers les standards des pays émergents.
Les secteurs à dynamiser en urgence sont l’industrie, les NTIC et services à forte valeur ajoutée, l’agriculture, l’énergie et le tourisme.
Pour les sondés, les leviers à actionner pour atteindre les objectifs sont:
- Le renforcement des compétences et le développement du capital humain,
- L’accélération des réformes visant l’amélioration du climat des affaires, de la performance de l’administration, des systèmes fiscal et judiciaire,
- L’amélioration du système de gouvernance,
- Le développement des infrastructures de base,
- La promotion de la R&D dans les secteurs public et privé,
- L’intensification de l’investissement,
- L’amélioration de la compétitivité à l’international et intégration des marchés étrangers
- La facilitation des moyens de financement des entreprises.
Le rôle de l’Etat doit se limiter à l’accompagnement (facilitateur, régulateur, partenaire du secteur privé) pour les deux tiers des sondés. La moitié juge aussi qu’il doit fixer les stratégies à long terme et les conditions de leur réalisation.
Et à propos de stratégies, les industriels sondés pensent que les options de développement à privilégier à l’avenir sont l’économie sociale et solidaire, l’économie numérique ainsi que l’économie verte.
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