Putréfaction des viandes de l'Aïd: Les pharmaciens du sud accusent les vétérinaires
Dans un communiqué, les membres du Bureau du Conseil de l'Ordre des pharmaciens d'officine du sud incriminent les vétérinaires qui "cumulent paradoxalement la vente et la prescription des médicaments vétérinaires", dans l'affaire de la putréfaction de la viande de l'Aïd Al Adha 2017.
Les pharmaciens du sud confirment que l'usage illicite d'anabolisants et de contraceptifs est l'une des causes de la putréfaction des viandes de l'Aïd de l'année dernière, mais accusent les vétérinaires.
"Tout d’abord, l’étude menée par l’ONSSA comme a été annoncé lors de la réunion du 1er juin 2018 au sein du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, explique la dégradation de la viande observée par le recours de certains éleveurs et revendeurs à une alimentation inappropriée. Celle-ci renferme, entre autres, de la fiente de volaille, le recours à certains médicaments notamment des anti-inflammatoires à usage vétérinaire, des anabolisants et des contraceptifs oraux. La chaleur qui a prévalu pendant la dernière fête de Aïd Al Adha et les mauvaises conditions de conservation des carcasses des animaux ont aggravé la situation", lit-on sur le communiqué.
Or, les résultats communiqués par l'ONSSA en 2017 avaient conclu à l'absence de résidus de médicaments ou d'anabolisants.
Le Conseil de l'Ordre des pharmaciens d'officine du sud pointe du doigt les vétérinaires: "les médicaments vétérinaires ne sont quasiment plus dispensés par les pharmaciens d’officine. Ceci s’explique par le fait que les vétérinaires cumulent paradoxalement la vente et la prescription des médicaments vétérinaires ce qui met à mal la concurrentiabilité des pharmaciens qui réalisent des chiffres d’affaires insignifiants sur ces médicaments".
Dans un précédent communiqué, et afin de protéger la santé des consommateurs, le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens s'était engagé à "mettre en place un ensemble de mesures de vigilance, notamment en veillant à ce que la délivrance d'anabolisants et des contraceptifs féminins ("Minidril" ou traitement équivalent) soit contrôlée et suivie; et en avisant les services de l'ONSSA en cas de constat de demandes anormales ou excessives en produits pharmaceutiques tels que ceux précités".
Le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens affirme donc par ce communiqué que les anabolisants se vendent bien en pharmacie. Selon les pharmaciens du sud, "les anabolisants ne sont vendus en pharmacie qu’à titre exceptionnel".
"Ceci est facilement vérifiable auprès des grossistes répartiteurs, qui approvisionnent les 11.000 pharmacies marocaines", ajoute le communiqué.
Par ailleurs, "nul ne peut nier que certains éleveurs et revendeurs (...) se procurent les anabolisants et des médicaments à usage vétérinaire en dehors du circuit légal. (...) Plusieurs souks hebdomadaires les proposent ainsi que toutes sortes de produits illicites provenant du circuit parallèle (contrebande, contrefaçon), y compris les produits vétérinaires" indiquent-ils.
"Cette situation trouve son explication essentiellement dans le défaut de maîtrise du circuit des médicaments vétérinaires. Quant aux pharmaciens d’officine (...), ils ne peuvent en aucun cas être tenus pour responsables du mésusage dont les contraceptifs oraux font l’objet. La vente de ces médicaments se fait généralement à l’unité", conclut le communiqué.
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