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ECONOMIE

Mobilisation pour sauver Buzichelli et Stroc, deux fleurons industriels

Le gouvernement et la profession se mobilisent pour résorber les difficultés d'un secteur fortement affecté. L'avenir de Buzichelli et Stroc Industries est entre les mains de la Justice. 

Mobilisation pour sauver Buzichelli et Stroc, deux fleurons industriels
Abdelali El Hourri
Le 6 juin 2018 à 15h03 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Deux fleurons de la filière chaudronnerie et construction métallique vivent de graves difficultés qui les ont conduits devant le tribunal de commerce: Buzichelli et Stroc Industries. Deux autres entreprises connues ont également des difficultés qui se traduisent par des retards de paiement aux fournisseurs.

Ces 4 cas sont les symptômes d'un secteur fortement affecté. Contacté par Médias24, Hamid Souiri, président de la FIMME (Fédération des industries métallurgiques mécaniques et électromécaniques), évoque "des moments difficiles, inquiétants". "Lorsqu'on voit des entreprises leaders de leur secteur tomber en difficulté, on ne peut que s'inquiéter".

Interrogé sur les raisons qui ont conduit à ces difficultés, il incrimine notamment le cas de gros donneurs d'ordres nationaux qui accordent des marchés à des multinationales qui à leur tour font travailler des sociétés marocaines avec des marges complètement écrasées. Dans au moins un cas, une société étrangère travaillant sur un gros marché dans le Royaume n'a toujours pas payé ses fournisseurs marocains.

Souiri et d'autres opérateurs du secteur évoquent également le cas de sociétés indienne ou chinoise qui, après avoir remporté des marchés marocains, amènent par bateaux leurs propres employés, ce qui prive le Maroc des emplois en question.

Selon des sources concordantes, à Casa et Rabat, le gouvernement et la profession se mobilisent pour trouver des solutions. Toutefois, ces solutions devraient davantage sauver tout le secteur plutôt que des cas particuliers.

Buzzichelli cherche solution

Le sort de Buzzichelli demeure incertain. Ce fleuron de l'industrie métallurgique est en redressement judiciaire depuis le 31 juillet 2017.

Désigné par le tribunal de commerce de Casabalanca, le syndic Mohamed Toukani devait, dans les 4 mois suivant la mise en redressement, déposer un rapport financier, économique et social au vu duquel il propose une solution aux difficultés de l'entreprise. Cela n'a pas eu lieu dans les délais légaux, soit jusqu'au 31 novembre. Ce qui avait conduit le tribunal à accorder 4 mois supplémentaires (jusqu'au 31 mars).

Le rapport a-t-il été déposé depuis? Négatif, affirme cette source judiciaire, ajoutant néanmoins que "le document est quasi-bouclé". Il sera soumis "incessamment" à Hamza Ouabi, juge-commissaire chargé du dossier Buzichelli.

Dans son rapport, le syndic proposera soit la continuation de l'entreprise, soit sa cession et au pire des cas sa liquidation. Le tribunal prononcera sa décision à la lumière de ces propositions, et après avoir entendu le Chef d'entreprise, les contrôleurs et les délégués du personnel.

"Le tribunal est attentif aux informations sur la mobilisation du gouvernement pour sauver le secteur. L'idée est de tempérer, pour voire ce dont il retourne. Après quoi il prendra sa décision. D'où les latitudes en matière de délai", nous explique cette source proche du dossier. Du reste, le code de commerce n'assortit aucun effet juridique aux dépassements des délais. Tout est fait pour maximiser les chances de redressement.

Buzzichelli emploie entre 270 et 300 salariés. Basée au sud ouest de Mohammedia, cette société créée en 1983 fait face à de sérieuses difficultés financières, sans que sa situation ne soit "irrémédiablement compromise", à en croire le jugement de redressement.

Devant la justice, le Directeur général de Buzzichelli avait déclaré une dette de 280 MDH, dont 230 MDH de dettes fournisseurs, imputant cette situation à la concurrence des entreprises étrangères (surtout coréennes) et à la chute du prix du pétrole.

Stroc entre les mains de la Justice 

Quid de Stroc ? L'avenir de cette société cotée en bourse est suspendu à une décision du tribunal de commerce de Casablanca. Cette juridiction se prononcera, jeudi 7 juin, sur l'ouverture ou pas d'une procédure de difficulté de l'entreprise.

Ce dossier a été enclenché à la demande d'un ancien salarié, qui réclame, selon son avocat, la mise en redressement de l'entreprise. Le management de Stroc a quant à lui demandé une mise sous sauvegarde, régime introduit par la récente réforme du livre V du code de commerce. 

Tout est possible. Suivant la situation de l'entreprise, le tribunal peut accéder à l'une ou l'autre demande. Il peut également choisir de tempérer, en ordonnant une expertise établissant le diagnostic précis des difficultés. C'est d'ailleurs ce que réclame le procureur du Roi, saisi pour avis dans cette affaire. Le pire des cas, et le plus improbable, serait la liquidation. Cette procédure est ouverte lorsque la situation de l'entreprise est irrémédiablement compromise.

 

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Abdelali El Hourri
Le 6 juin 2018 à 15h03

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