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Réforme de la fonction publique: le Roi appelle à un changement de mentalités

Le Roi Mohammed VI appelle à adopter les mesures "nécessaires" pour mettre en marche le passage graduel d'un modèle de la fonction publique axé sur la gestion des carrières à un autre fondé sur celle des compétences.

Réforme de la fonction publique: le Roi appelle à un changement de mentalités
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Le 27 février 2018 à 11h00 | Modifié 27 février 2018 à 11h00

Le Forum national de la haute fonction publique a ouvert ses travaux mardi 27 février à Skhirate, autour du thème de la restructuration du système de la haute fonction publique.

La séance inaugurale de ce forum a été marquée par le message royal adressé aux participants, dont lecture a été donnée par Abdeltif Manouni, conseiller du Roi.

Dans son message, le Souverain rappelle les missions assidûment remplies par l'administration publique, "en dépit des difficultés auxquelles elle fait parfois face et des dysfonctionnements qui peuvent survenir conjoncturellement". 

Il appelle à une réflexion sereine sur les transformations que connaissent toutes les composantes du système de la fonction publique, ainsi que sur les insuffisances inhérentes à son fonctionnement. Il appelle également à examiner les mesures législatives et réglementaires qu’il convient de prendre pour améliorer le rendement des services et des établissements de l’Etat.

Le Souverain revient, encore, sur les "limites" du modèle de développement actuel, qui se révèle, désormais, inapte à générer des bénéfices en terme de développement global. "S’il ne répond plus aux attentes des citoyens, c’est qu’il se heurte à de multiples carences, notamment le rendement insuffisant de l’administration, son faible potentiel en compétence et en créativité et l’absence d’une bonne gouvernance administrative.

"Aujourd’hui, nous lançons un appel pour que la notion de service public soit inscrite au cœur de ce modèle grâce à une réforme globale et profonde de l’administration marocaine", souligne le message royal.

"Nos observations critiques sur le rendement et l’efficacité de l’administration publique sont parfois sévères. Mais ceci ne veut nullement suggérer que cette administration ne remplit pas son rôle. Le but n’est pas non plus de dévaloriser les compétences apportées par ceux qui y travaillent, ni de déprécier les efforts consentis pour accroître sa performance. Nous savons parfaitement que l’appareil administratif de notre pays connaît, depuis des années, une évolution significative. En outre, nous avons connaissance des remarquables réalisations dont il peut se prévaloir, des grands chantiers qu’il a contribué à faire aboutir", poursuit le Roi.

En définitive, ce que nous voulons, c’est hisser la productivité de l’administration à des niveaux supérieurs et l’infléchir pour qu’elle s’adapte aux changements intervenus à l’échelle nationale, qu’elle assimile les dynamiques d’évolution à l’œuvre au niveau mondial, et qu’elle contribue à relever les défis de développement auxquels est confronté notre pays.

"(...) La bonne gouvernance implique nécessairement primauté du mérite, intégrité, transparence et égalité des chances pour l’ensemble des Marocains. Nous nous attachons aussi à rendre opérationnel le principe constitutionnel de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes", insiste le Souverain.

Une charte des services publics s'impose

Dans son message, le Roi appelle à la célérité la plus grande pour que soit adoptée la Charte des services publics, prévue par la Constitution. Revêtue d’un caractère contraignant, elle doit devenir la référence fondamentale en matière de bonne gouvernance, de gestion des administrations publiques, des collectivités territoriales et des services publics. 

"Notre vœu est que cette charte soit l’expression franche et vigoureuse de notre nouveau concept d’autorité qui englobe, in extenso, les administrations et les services publics, tous paliers et toutes catégories confondus, et, au premier chef, le système de la haute fonction publique". 

L’impératif d’une gestion efficiente des ressources et la satisfaction nécessaire des exigences du développement global posent avec acuité la question fondamentale de l’efficacité de l’administration publique et des établissements de l’Etat. Pour un traitement judicieux de cette question, deux démarches sont indispensables: une révision des méthodes de travail des structures administratives et une refonte des modalités de gestion des ressources publiques, en vue d’une utilisation optimale des moyens en place.

En tant que mode pratique et efficient de gouvernance territoriale, la régionalisation avancée est le socle sur lequel l’administration doit s’appuyer pour offrir au citoyen les prestations et les services de proximité dont il a besoin et pour le rapprocher des centres de décision. Or l’opérationnalisation optimale de ce chantier structurant n’est possible qu’au prix d’une implication active de tous, notamment l’administration publique, centrale et locale.

S'inspirer du secteur privé

L’administration devrait disposer, à tous les paliers, de ressources humaines qualifiées. Il est, par conséquent, primordial de relever le défi de la formation et de la mise à niveau continues des membres du personnel administratif, cadres et agents, relève le Souverain. De plus, les recrutements doivent être effectués en parfait accord avec les besoins réels de l’administration concernée et en fonction des qualifications requises pour les postes à pourvoir. Dans la même veine, il faut veiller au strict respect des critères de compétence, de mérite et d’égalité des chances au cours de ces processus d’embauche.

Par ailleurs, outre la mise en place de conditions et de cadres de travail appropriés, le recours à une panoplie de mesures incitatives et disciplinaires est nécessaire pour assurer des niveaux élevés de rendement professionnel.

Il faut aussi s’attacher à former de nouvelles générations de responsables qui seront à terme insérés dans les différentes administrations et les divers services publics. Pour cela, il est important de pouvoir attirer des compétences hautement qualifiées, dotées d’un sens élevé des responsabilités et pourvues d’aptitudes avérées de communication, de planification stratégique et d’efficacité dans la gestion des projets. Ce sont de tels critères fondamentaux qui doivent présider aux procédures de nomination aux fonctions supérieures.

De plus, ce grand chantier de réforme nécessite l’amélioration des structures organisationnelles, le développement des méthodes de gestion, la moralisation du service public et le perfectionnement du cadre juridique. Pour cela, il est souhaitable et utile de s’inspirer du modèle managérial du secteur privé, ainsi que des meilleures pratiques internationales dans ce domaine.

A cet égard, l'utilisation des nouvelles technologies est un facteur clé pour améliorer le travail administratif. Il convient, par conséquent, de tendre vers une généralisation de l’administration électronique par la fourniture de services à distance et la facilitation, pour les différents départements, de l'accès commun aux informations.

Changement des mentalités

"L'administration marocaine ne pourra se hisser au niveau d’efficience et d’efficacité souhaité, si ne s’opèrent pas un changement des mentalités et une rupture avec des postures, des pratiques inavouables qui nuisent à l’administration et à son personnel. Nous pensons bien évidemment à la corruption, la prévarication, l'abus de pouvoir et l’absence de discipline dans l’exercice professionnel".

Il va sans dire que la réussite escomptée de la réforme reste tributaire d’une réelle volonté collective et de la capacité à surmonter les contraintes et les obstacles qui entravent l’évolution de notre modèle administratif et de notre schéma de développement. On peut citer la persistance d’attitudes réfractaires au changement et à la réforme, chez certains responsables qui craignent de perdre leurs privilèges; on peut également citer parfois leur manque de compétence et d'audace qui explique leur réticence à engager le processus de réforme.

L’élan réformateur implique aussi la recherche des meilleurs moyens de mettre à contribution le secteur privé, en s’efforçant, au mieux de l’intérêt du pays, d’assurer équilibre et synergie entre les impératifs purement administratifs et les exigences proprement dites du développement.

(Avec MAP)

 

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