Edition. En une année, seuls 66 titres ont été publiés en amazigh
L’arabisation du secteur de l’édition se poursuit au Maroc. 82% de la production est éditée en langue arabe. Les éditions en langue française sont désormais en berne.
La Fondation du Roi Abdul Aziz Al-Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines publie son rapport annuel sur l'état de l'édition et du livre au Maroc. Ce rapport vise à apporter des informations bibliométriques détaillées sur la production culturelle, littéraire et scientifique marocaine.
Quelque 3.833 documents (imprimés et numériques) ont été édités au Maroc en 2016-2017, soit une augmentation de 16% par rapport à la saison précédente. 88,44% de la production éditoriale marocaine est réalisé et diffusé en format papier (livres et revues), relève le rapport.
L’édition numérique a doublé par rapport à l’année précédente, avec 443 titres contre seulement 222 titres en 2015-2016.
Ce volume représente 11,55% de l’ensemble des revues et ouvrages en littérature, sciences humaines et sociales recensés en 2016-2017. Les principaux éditeurs marocains de documents électroniques sont essentiellement des institutions publiques, productrices de rapports, enquêtes ou actes de colloques.
82% des livres sont publiés en langue arabe
Le processus d’arabisation du secteur de l’édition se poursuit. En effet, la part des livres en langue arabe frôle les 82% des titres édités.
A l’inverse, la part des publications marocaines en langue française accuse un net recul. Avec 427 titres (livres) édités au cours de l’année 2016-2017, les publications francophones ne couvrent plus que 14,54% du volume de l’activité des éditeurs marocains.
Quant à la part des publications marocaines dans la seconde langue, l’amazigh, elle ne dépasse pas les 66 titres, soit 2,25% du volume des livres imprimés.
Par ailleurs, l’édition dans les langues étrangères autres que le français n’occupe qu’une infime part du volume de la production éditoriale du pays, avec 0,75% pour l’anglais et 0,58% pour l’espagnol.
Cinq champs dominants
L'étude relève une montée en puissance de domaines de création littéraire et intellectuelle, qui ont connu une arabisation ancienne et avancée, notamment en matière d’enseignement supérieur.
Il s’agit des domaines de la création littéraire (roman, nouvelles, poésie, littérature dramatique, etc.), avec 24,17% de l’ensemble (710 titres). Les études juridiques (droit) arrivent en seconde position avec 429 titres (14,61%), suivies des traités à caractère historique avec 366 titres (12,46%), les études littéraires qui comptent 283 titres (9,64%) et les études islamiques avec 271 titres (9,23%).
Ces cinq champs disciplinaires totalisent ainsi plus de 70% de la production éditoriale marocaine.
La philosophie, la sociologie, l’anthropologie, la psychanalyse, la psychologie, la géographie, l’archéologie, la linguistique ou les travaux sur l’art n’occupent qu’une place mineure dans la production intellectuelle marocaine.
Le livre marocain, le moins cher au Maghreb
Le prix moyen d’un livre marocain publié en 2016-2017 est de 64,93 DH, soit une augmentation de 3,83 DH par rapport à la moyenne du prix du livre au cours de l’année précédente.
Le rapport note que le livre marocain reste le moins cher au Maghreb: 92,84 DH en Algérie et 112,32 DH en Tunisie.
Quand on le compare au prix du livre en Europe, le livre marocain ne coûte ainsi que 23% du prix public moyen du livre français, souligne l'étude.
Par ailleurs, seuls 510 titres, soit près de 18% des ouvrages publiés au cours de l'année 2016-2017, ont bénéficié d’un soutien à l’édition.
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