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Procès Hirak. Six mois avant son arrestation, Zefzafi était déjà sur écoute

L'accusé recevait des appels sur plusieurs numéros. Les interceptions ne concernent que les communications ayant un lien direct avec les chefs de poursuite. Le contenu des conversations sera prochainement révélé.  

Procès Hirak. Six mois avant son arrestation, Zefzafi était déjà sur écoute

Le 10 janvier 2018 à 0h13

Modifié 11 avril 2021 à 2h44

L'accusé recevait des appels sur plusieurs numéros. Les interceptions ne concernent que les communications ayant un lien direct avec les chefs de poursuite. Le contenu des conversations sera prochainement révélé.  

136 communications, appels téléphoniques ou SMS, ont été interceptés par la BNPJ lors de l'enquête précédant l'arrestation des 54 accusés poursuivis, devant la cour d'appel de Casablanca, dans le cadre des événements d'Al Hoceima.

L'information a été dévoilée par Hakim El Ouardi, représentant du ministère public, qui répliquait, ce mardi 9 janvier, aux moyens de fond invoqués par la défense.

Mis sur écoute dès le 1er décembre 2016, Nasser Zefzafi accapare à lui seul 69 interceptions. Il a été arrêté le 29 mai 2017, à 7h30 du matin. L'intéressé recevait des appels sur plusieurs numéros. Le même procédé a été observé chez d'autres accusés. 

"L'interception des conversations téléphoniques et des communications à distance" est strictement encadrée (articles 108 et 109 du code de procédure pénale). Les opérations se déroulent sous le contrôle du procureur général du Roi et ne peuvent dépasser 4 mois, prorogeables une seule fois. 

Dans le cas d'espèce, "les interceptions ont toutes été autorisées par les procureurs généraux des cours d'appel de Rabat ou d'Al Hoceima, puis avalisées par les premiers présidents des mêmes juridictions", a certifié M. El Ouardi. Gravité des faits, urgence et crainte de perte des preuves ont motivé ces mesures exceptionnelles. Seules les communications ayant un lien direct avec les chefs de poursuite ont été retenues. Les détenus font face à l'accusation de "participation à un complot, en vue de porter atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", notamment. 

Ainsi, toutes les conversations susceptibles de constituer des preuves à charge ont été enregistrées sur des supports électroniques et consignées dans les PV de la BNPJ. Leur contenu sera révélé lors du débat au fond, mais le parquet a d'ores et déjà signalé l'identité de certains correspondants. Quelques-uns font partie de la cellule "madrilène, ou celle bruxelloise" du hirak et auxquelles le parquet avait déjà prêté, lors d'une audience précédente, des velléité séparatistes.

Le 27 février 2017, l'un des accusés a reçu un appel masqué. L'identité de l'appelant n'a pas pu être élucidée, mais, de par sa gravité, le sujet de la communication a retenu l'attention de la police judiciaire, a laissé entendre le substitut du procureur général.

Le téléphone de Hamid El Mehdaoui, "poursuivi pour non dénonciation d'un crime portant atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", n'était pas sur écoute. "En réalité, le journaliste avait été interpellé suite à une conversation  avec le recherché et "dangereux Ibrahim El Bouazzati", pour reprendre les termes de M. El Ouardi. C'est le numéro hollandais de cet individu qui était surveillé. Là aussi, le contenu de la conversation, semble-t-il "compromettant", sera dévoilé.

Mayssa Salama Ennaji, chroniqueuse connue des réseaux sociaux, apparaît dans les PV de la BNPJ. Dans un SMS adressé à Zefzafi, elle blâme ce dernier pour avoir prononcé une phrase où il s'en prend publiquement à l'Etat marocain. 

>>Lire aussi: Procès hirak. Torture: les conclusion des expertises médicales dévoilées 

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