χ

Procès Hirak. Torture: les conclusions des expertises médicales dévoilées

Pour élucider les allégations de torture, le juge d'instruction avait ordonné des examens médicaux sur 22 accusés. Le ministère public vient d'en dévoiler les résultats. 

Procès Hirak. Torture: les conclusions des expertises médicales dévoilées

Le 9 janvier 2018 à 15h34

Modifié 9 janvier 2018 à 15h34

Pour élucider les allégations de torture, le juge d'instruction avait ordonné des examens médicaux sur 22 accusés. Le ministère public vient d'en dévoiler les résultats. 

Dix heures et quelques minutes. A la salle 7 de la cour d'appel de Casablanca, des gouttes d'eau tombent du plafond. Mais tous les yeux sont rivés sur Hakim El Ouardi. Le jeune substitut du procureur général du Roi poursuivait, ce mardi 9 janvier, son opération "démolition" dans le procès de Nasser Zefzafi et les 53 personnes poursuivies suite aux événements d'Al Hoceima.

"Démolir" les allégations de torture avancées par les accusés, comme il a voulu, lors de l'audience précédente, torpiller celles de l'enlèvement et comme il répliquera, plus tard, aux accusations d'écoutes téléphoniques illégales. Le tout, en se posant comme le défenseur assumé de la BNPJ, dont il a continuellement, au cours de ce procès, salué "le professionnalisme".

Bouteille, chalumeau, menaces de viol sur des proches, ces procédés attribués à la BNPJ ont été évoqués dans les récits de certains accusés, rapportés par leur défense. Sauf que "la BNPJ n'avait pas besoin d'extorquer des aveux. La flagrance du crime a été établie par le son, l'image et les publications sur Facebook", a rétorqué M. El Ouardi, dénonçant "des allégations dépourvues de preuves, qui ne trouvent aucun fondement dans les faits".

Le magistrat en veut pour preuve les propos d'au "moins 5 accusés, parmi ceux qui ont une position morale dans le système qui encadrait les protestations", et qui "ont nié avoir été victimes de violences lors de la garde à vue".

Nasser Zefzafi fait partie du lot. Devant le juge d'instruction, le leader du Hirak affirmera "avoir été bien traité par la police judiciaire". Ibrahim Abakoui, autre figure du mouvement contestataire, ira même jusqu'à qualifier de "rumeurs, les informations qui circulent à propos de la torture". 

Chakir Makhrout est un cas particulier. Au cours de l'instruction préparatoire, il niera avoir fait l'objet d'une violence quelconque, avant de se rétracter lors de l'instruction approfondie (interrogatoire au fond). "Une volte face qui rend nulle la crédibilité de l'accusé", selon l'accusation.

Sur ordre du juge d'instruction, 22 accusés ont fait l'objet d'examens médicaux. Une mission dévolue au Dr Jamal Abbassi, président de l'Association marocaine des médecins légistes. Il lui a été demandé de constater l'existence de traces apparentes de blessures sur les détenus, tout en déterminant la date de leur survenance, "pour voir si elles ont été provoquées lors de la garde à vue".

Négatif! "Aucun des accusés n'a fait l'objet de violence physique lors de la garde à vue", à en croire les conclusions de l'expertise lues publiquement par le substitut.

Pour certains accusés, dont Zefzafi, les blessures remontent à la date de l'arrestation. "L'arrestation n'est généralement pas une balade de santé", répond El Ouardi. Et dans le cas de Zefzafi, "il y avait non seulement résistance chez l'accusé, mais aussi des informations faisant état de sa volonté de fuir [vers un pays étranger] en vue d'obtenir l'asile politique." 

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

ARADEI CAPITAL : communication financière au 31 Décembre 2021

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.