Les détails d’un S1 mitigé pour Marsa Maroc
C’est un premier semestre assez mitigé qu’a connu Marsa Maroc. La bonne campagne agricole impacte négativement son trafic de céréales, ce qui est compensé par une forte importation des engrais. L’opérateur a aussi investi dans ses nouvelles concessions.
"Nous avons au cours de ce premier semestre, réussit à consolider les réalisations exceptionnelles enregistrées durant l’exercice précédent. Nous avons évité un retour vers les niveaux enregistrés en 2015". C’est ainsi que Mustapha Sahabi, directeur financier de Marsa Maroc, a tenté de rassurer son auditoire ce 12 octobre, lors d’une conférence de presse, concernant le premier semestre mitigé qu’a connu l’opérateur portuaire.
Les dirigeants de Marsa Maroc expliquent que les chiffres de ce premier semestre ont été grevés par les différents investissements entrepris cette année. Du côté de l’exploitation, l’activité de l'acteur portuaire public semble être sur la bonne ligne.
Une compensation presque parfaite
Si le chiffre d’affaires est resté quasi stable, à 1,2 milliard de dirhams, c’est notamment grâce à l’activité conteneurs, qui est fortement rémunératrice. Sur les six premiers mois de l’année, l’entreprise publique a traité 3% de conteneurs en plus que le niveau enregistré à la même période de l’exercice précédent.
"Ceci s’explique aussi par la bonne performance de la filiale TC3PC, lancée en octobre 2016, qui réalise près de 50% du trafic Marsa Maroc au port de Casablanca", précise le directeur financier.
L’activité du vrac solide n’a par contre réalisé qu’une petite hausse de 3% en terme de volume. Cette branche pâtit de la baisse des importations des céréales. Si au niveau national, les ports marocains ont accueilli 19% en moins que l’année dernière, Marsa Maroc a eu un premier semestre plus difficile. "Le trafic des céréales a chuté chez nous de 32%", ajoute Mustapha Sahabi.
Le Maroc prévoit une bonne campagne agricole, et cette baisse est très logique. Ce recul au niveau des céréales a, cependant, été compensé, comme attendu, par une hausse très importante (35,4%) des importations des engrais.
L’autre élément qui a beaucoup impacté le chiffre d’affaires de Marsa Maroc, c’est le recul du trafic sidérurgique au port de Casablanca de 31%. Cette situation se justifie par l’activité en baisse du secteur du BTP au Maroc, en plus des mesures de sauvegarde mises en place pour protéger les sidérurgistes marocains.
Des investissements importants
La rubrique des charges d’exploitation a progressé de 6% pour atteindre 911 millions de DH, sur les six premiers mois de l’année. "Cette hausse s’explique par la création de nouvelles sociétés qui nécessite un investissement de départ, comme l’achat du matériel et les redevances, en plus de la maintenance régulière de nos équipements", ajoute le directeur financier de Marsa Maroc.
Il faut aussi savoir que les charges du personnel de la filiale SMA (Agadir) sont aussi prises en compte sur cette rubrique. Par contre, le matériel est toujours en cours de mise en place, et n’a pas été comptabilisé sur ce premier semestre.
Avec la stagnation du chiffre d’affaires et la hausse des charges d’exploitation, il est logique qu’on retrouve une baisse au niveau du résultat de l’exploitation. "Ce recul est la résultante de la progression des dotations d’amortissement liée à la mise en service des nouvelles concessions", se justifie Mustapha Sahabi.
En toute logique, nous retrouvons un RNPG en recul de 9,5% à 259 millions de DH. "Nous avons durant ce premier semestre mis en place de nouveaux emprunts long terme pour la filiale TC3PC et SMA. C’est ainsi que le résultat financier a beaucoup baissé et a impacté notre RNPG", conclut le directeur financier de Marsa Maroc.
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