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Hayat Jabrane: "Pourquoi j’ai démissionné de la CNT"

Quelques jours après une réunion avec la secrétaire d’Etat au tourisme, Hayat Jabrane a claqué la porte de la CNT dont elle était la secrétaire générale, pour manifester son désaccord avec les méthodes "autoritaires" de Lamia Boutaleb. Une démission qui remet en question la lune de miel naissante entre le secteur privé et la nouvelle équipe du ministère pour les cinq prochaines années.

Hayat Jabrane: "Pourquoi j’ai démissionné de la CNT"

Le 12 juillet 2017 à 15h36

Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Quelques jours après une réunion avec la secrétaire d’Etat au tourisme, Hayat Jabrane a claqué la porte de la CNT dont elle était la secrétaire générale, pour manifester son désaccord avec les méthodes "autoritaires" de Lamia Boutaleb. Une démission qui remet en question la lune de miel naissante entre le secteur privé et la nouvelle équipe du ministère pour les cinq prochaines années.

Alors que l’ensemble de la profession se félicitait de la nomination de Lamia Boutaleb aux côtés de Mohamed Sajid, une réunion houleuse aura suffi à installer de la méfiance et même de la défiance à l’égard de la secrétaire d’Etat. C'est du moins la version qui circule dans la profession.

Quatre jours après la rencontre du jeudi 6 juillet entre cette dernière et les opérateurs privés, la secrétaire générale de la CNT a démissionné de son poste pour retrouver sa liberté de ton et dénoncer la situation actuelle du partenariat public-privé censé être basé sur une relation de confiance et de respect et qui commencerait par des réunions d’égal à égal.

Interrogée par Médias24, Hayat Jabrane se pose la question de savoir si l’Etat souhaite une représentativité forte du secteur privé pour le soutenir et cautionner son travail ou cantonner les opérateurs à un rôle de simple figuration.

 « Ma démission qui est le fruit d’un ras le bol de plusieurs mois doit servir à la CNT pour fédérer ses membres et se renforcer. Les autorités de tutelle doivent la soutenir davantage et lui donner les moyens qui ne lui ont pas été accordés jusqu’à présent. Alors que le précédent ministre nous avait promis des subventions publiques dans le cadre de contrats-progrès pour travailler décemment, Boutaleb nous a annoncé que cette aide n’était plus à l’ordre du jour », explique l’ex-membre de l’organisme qui réunit voyagistes, hôteliers, transporteurs, restaurateurs, guides, et investisseurs

Selon elle, le refus de la secrétaire d’Etat de respecter l’engagement de l’équipe précédente en accordant un soutien à la CNT pour financer ses actions a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

« Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration et prendre le thé lors de réunions stériles où tout est décidé à l’avance alors que nous devrions être impliqués dans toutes les décisions d’avenir. Les relations public-privé ne doivent plus être qu’un slogan car 500.000 familles vivent grâce aux opérateurs privés. Sans eux, l’Etat ne pourra pas développer ce secteur lucratif car ce sont nos entreprises qui ramènent des milliards de devises sans crise sociale malgré une conjoncture morose. Comment voulez-vous relancer le tourisme si les opérateurs ne sont pas soutenus ni écoutés ? », se demande Jabrane.

Pour illustrer ce manque de considération, notre interlocutrice rappelle qu’à la première rencontre de la CNT avec la secrétaire d’Etat, cette dernière s’était engagée à élaborer une nouvelle feuille de route en associant la profession avant d’annoncer son contenu, sans l’aviser, dans la presse quelques jours après.

Concernant les résultats de l’étude du cabinet Boston Consulting Group censés relancer la vision 20-20 et considérés comme « sans aucun intérêt » par toute la profession, elle se demande pourquoi le binôme ministériel a encore une fois décidé de confier l’élaboration d’une nouvelle feuille au même cabinet américain ».

 « L’audit commandée en 2016 par Haddad qui avait coûté 7 millions de dirhams n’a abouti à rien de concret sinon à des généralités. La nouvelle équipe refait la même erreur alors qu’elle dispose d’une direction de la stratégie constituée de 40 spécialistes capables de préparer, en concertation avec la CNT, une nouvelle stratégie qui ne couterait rien », s’insurge la DG de l’agence « Goal Voyage » spécialisée dans le réceptif du marché chinois qui explose au Maroc.

Notre interlocutrice s’interroge également sur la désignation de l’ancien président de la société d’équipement et d’aménagement de la société Mogador pour piloter la commission des experts qui va recadrer avec le secteur public la vision 20-20.

« Amine Alami a participé à l’élaboration de la vision 2010 puis 2020 avec les résultats que l’on sait. Deux échecs cuisants et voilà que Jalil Benabbès Tâarji qui préside l’ANIT (association nationale des investisseurs touristiques) réussit à l’imposer à la CNT qu’il a pourtant violemment attaqué récemment sur sa prétendue faible représentativité alors qu’il en fait partie. Je ne sais pas où tout cela nous mènera mais j’espère que les autorités de tutelle finiront par comprendre l’urgence de la situation », conclut notre source en ajoutant qu’elle a quitté la table des négociations mais pas la scène touristique. 

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