Ratage de la réouverture du stade Mohammed V. Les explications du DG de Casa aménagement
La société de développement local, Casa Aménagement, est le maître d’ouvrage délégué pour la rénovation et la mise à niveau du stade Mohammed V. C’est donc elle qui est en charge des travaux. Entretien avec son DG, Driss Moulay Rchid, au sujet des couacs ayant marqué la réouverture du stade, le 3 avril. Casa Events pour sa part est en charge de la gestion du stade (billeterie, sécurité, gestion des accès...)
- Médias24: Vous êtes actuellement à 95% des travaux de la première tranche qui ne seront bouclés qu’en juin 2017. Pourquoi avoir fait le choix d’ouvrir le stade avant d’avoir tout terminé?
- Nous avons réouvert le stade pour démentir toutes les rumeurs selon lesquelles la ville n’avait pas l’intention de le faire et qu’elle essayait juste de gagner du temps. Il y a eu des loupés dans le premier match. Le deuxième match s’est par contre bien passé et le prochain se passera encore mieux.
- Qui a pris la décision d’ouvrir le stade avant la fin des travaux?
- Ce qu’il faut retenir, c’est qu’un match de foot peut se jouer dans ce stade. Nous avons pris sur nous de dire OK, sachant que les entreprises n’avaient pas encore fini. Mais cela s’est retourné contre nous.
C’est une décision collective entre les autorités, la police… Il y a eu quelques petits dérapages du fait que les gens n’étaient pas encore habitués à l’utilisation des tourniquets.
Mais retenons les choses positives. Dans les deux matches qui se sont joués, 4.000 à 5.000 mineurs ont tenté de sauter le mur mais ils ont compris qu’il leur était impossible d’accéder au stade en dehors du circuit organisé.
Tout un business était également organisé autour du stade. Aujourd’hui, il est impossible de franchir le stade sans passer par ce système et donc contrôler et calculer le nombre des entrées au spectateur près. Par exemple, dans le match Raja-Fath, il y a eu exactement 26.401 spectateurs qui sont passés par les passages électroniques. Il n’y a donc plus aucun moyen de manipuler les chiffres. Ceux qui avaient leur business autour ne sont pas contents.
- Quelles sont les raisons du ratage du premier match?
- Le problème qui s’est posé lors du premier match, c’est que les gens arrivaient en masse et ont donc bloqué le système des tourniquets. Dans le match suivant, nous avons installé des files et le match s’est déroulé sans incident, hormis les gens qui ont continué à passer à deux dans le passage, mais ce n’était pas significatif.
- Qu’est-ce qui reste à terminer dans cette première tranche?
- La première tranche concerne tout ce qui est apparent dans le stade: étanchéité, gradins, vidéosurveillance et installation des passages électroniques.
Les 5% qui restent concernent entre autres, l'installation des files d'orientation des spectateurs. C'est en cours et cela se fait au fur et à mesure. Ce sont ces barrières qui permettent de gérer les arrivées et de les orienter vers les passages électroniques, sachant qu'une arrivée en masse risque de bloquer les tourniquets.
- Et la deuxième tranche?
- Elle concerne les aménagements extérieurs (construction des nouveaux guichets en cours, le changement des portes et des grilles, les aménagements paysagers…). Elle pourra se faire sans bloquer les matches.
- Fait-elle partie des 220 millions de DH programmés initialement pour remettre à neuf le stade?
- Oui. Aujourd'hui, exactement, 101 millions de DH ont été engagés, soit moins de la moitié du budget global (220 millions). La deuxième tranche va concerner l’éclairage dont l’appel d’offres sera publié la semaine prochaine, celui pour les clôtures dans deux à trois semaines, et après la piscine semi-olympique…
Tous ces travaux seront bouclés avant la saison prochaine.
- Qu’en est-il des blocs sanitaires? Nous avons vu des photos où pour boire, les gens utilisaient des urinoirs…
- Des blocs sanitaires complets sont prévus dans les 5% restants. Il y en a 46 autres prévus et dans chacun d’eux, nous avons installés les urinoirs pour permettre. Si les gens ne sont pas prêts à faire la queue pour remplir une bouteille d’eau, nous ne pouvons pas installer 11.000 robinets pour 11.000 spectateurs dans une zone.
- Y avait-il des lave-mains?
- Bien sûr qu’il y a des lave-mains avec des robinets.
- En nombre suffisant?
- Dans tous les stades du monde, les gens font la queue pour entrer aux toilettes, pour se laver les mains ou remplir une bouteille d’eau. C’est plus une question d’éducation que d'aménagement. La preuve, c’est que certaines personnes ont préféré remplir leur bouteille dans l’urinoir que d’attendre leur tour pour accéder aux lave-mains.
Je précise que seulement 20% des blocs sanitaires sont prêts actuellement et chaque semaine, nous allons en installer d’autres. Au total, il y 46 blocs sanitaires comportant chacun entre 5 et 6 urinoirs en plus de 4 à 5 toilettes. On monte rapidement au nombre de 250-300 qui est largement dimensionné par rapport à un stade.
- Une photo a largement été diffusée sur les réseaux sociaux, celle de la rampe pour personnes à mobilité réduite…
-Ce n’est pas une rampe PMR. Elle date de la construction des gradins en 1983 pour les Jeux Méditerranéens. Il y a eu surélévation des gradins et la rampe a été mise par la suite pour que les gens ne se cognent pas la tête en montant l’escalier. Ils ont coulé la rampe à cet effet.
- Y-a-t-il une rampe PMR de prévue?
- Il y a un accès aux gradins pour les gens qui ont des béquilles. Les personnes en chaises roulantes doivent accéder au stade par les portes 12 et 13 réservées aux ambulances et aux camions des pompiers. Elles se font accompagner par un stadier à l’entrée et à la sortie.
Partout dans le monde, les gens en fauteuils regardent le match en bas des gradins, où ils auront la visibilité nécessaire.
Leurs places sont prévues là où il y a le départ des 100 mètres de façon à ce qu’ils ne soient pas touchés ou blessés par le ballon.
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