Intelligence artificielle et satellites modifient le management et notre regard sur le monde
Watson peut établir votre profil psychologique en discutant avec vous. Spaceknow peut vous dire ce qu’il se passe sur l’une des 6.000 zones industrielles chinoises.
Watson et Spaceknow sont un robot doté d’IA et une start-up qui observe l’activité humaine, économique et militaire partout sur la planète. Ils constituent deux révélations du dernier rendez-vous mondial des nouvelles technologies qui s’est achevé à Austin au Texas le 15 mars dernier. C’est le désormais fameux South by Southwest (SXSW).
Conçu par des ingénieurs d’IBM –qui avait vendu sa division ordinateurs à Lenovo mais gardé ses départements de recherche aux Etats-Unis-, Watson peut discuter avec un humain par écrit et, petit à petit, dresser de lui un portrait psychologique.
Il commence par des banalités du genre "je suis ravi de vous rencontrer" et "d’où venez-vous?", rapporte Morgane Tual du Monde qui l’a rencontré. "A la fin, il vous dit quel est votre profil psychologique". Dans le cas de la journaliste du Monde, Watson détermine par exemple que "vous vous reposez sur vos expériences passées pour avoir une idée de ce qui attend (…) Vous envisagez sainement la vie".
Watson intègre également dans ses analyses les émotions et le ton utilisé lors des discussions. Un tel outil fait progressivement son entrée dans les cabinets d’avocats, dans les hôpitaux et chez les banques. "Il ne s’agit pas de répliquer l’humain, explique-t-on chez IBM, mais de reconnaître ses limites".
Selon les ingénieurs d’IBM, "ces systèmes intelligents doivent être en mesure de nous comprendre, de comprendre ce que nous voulons dire et les problèmes que nous essayons de résoudre". Des milliards d’informations sont générées chaque jour et nous prenons des décisions sans vraiment les connaître toutes.
"Nous avons besoin de systèmes pour nous aider à faire de meilleurs choix, mieux informés, fondés scientifiquement sur la réalité". Watson est nourri de données juridiques dans un cabinet d’avocats et celui-ci recherchera les textes de loi en rapport avec les cas étudiés et la jurisprudence.
Les médecins l’utilisent pour être à jour sur les derniers remèdes disponibles et les diagnostics possibles, les banques pour mieux étudier les demandes de crédit soumises et les profils des demandeurs.
Africa Night Light Index et zones industrielles chinoises
Une autre révélation du dernier SXSW d’Austin s’appelle Spaceknow. Le job de cette start-up est d’étudier en permanence des milliers de photos satellite pour en tirer des informations sur l’activité humaine. Le développement de Spaceknow est notamment permis par la baisse du coût des images spatiales et le développement du "nuage" (cloud) et de ses capacités de stockage.
Spaceknow peut aider à déterminer l’activité dans un port, une zone industrielle ou dans une ferme. Si Spaceknow reconnaît aujourd’hui qu’il a de nombreux clients dans le secteur de la défense, il en a aussi beaucoup dans le secteur de la finance.
En permanence, l’activité des 6.000 zones industrielles chinoises est observée. Quand on sait les désaccords qui existent sur les chiffres de l’économie chinoise –et d’autres économies-, Spaceknow aide à rapprocher les chiffres fournit des mouvements observés: ceux des camions, des trains, des bateaux et des conteneurs.
Spaceknow propose également depuis deux ans l’Africa Night Light Index qui couvre l’ensemble du continent. Ici, il s’agit de déterminer l’importance de l’activité économique à partir de l’éclairage et de l’électrification qui ne coïncident aussi pas toujours. "C’est une mesure de l’activité économique par procuration", expliquent les promoteurs de Spaceknow.
La start-up ne cache pas également qu’il existe une différence entre ce que le satellite reconnaît, transmet et l’interprétation qui peut être faite de ces images. C’est là où Spaceknow fait intervenir des "données secondaires": bases de données spécialisées, réseaux sociaux.
A terme, le fondateur de Spaceknow aimerait faire analyser par son intelligence artificielle l’intégralité du globe, en permanence, "afin de comprendre, saisir toute l’activité humaine".
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