Maroc: 34 Subsahariens refoulés vers la frontière avec l’Algérie selon le Gadem
Le Gadem et 15 autres organisations signataires ont dénoncé ce 14 mars l’expulsion de 34 Subsahariens vers le no man’s land frontalier séparant le Maroc de l’Algérie.
Selon le Gadem, ces personnes sont de nationalités camerounaise, guinéenne, ivoirienne, malienne et sénégalaise. Elles ont été "arrêtées et refoulées entre le 2 et le 10 mars 2017, [et] sont bloquées dans le no man’s land entre le Maroc et l’Algérie."
Le Groupement antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et des migrants a recueilli des témoignages sur ces arrestations qui se sont déroulées dans la région d’Oujda. Ces arrestations ont été accompagnées de prises de photos et des empreintes digitales.
Joint par Médias 24, le professeur et membre du Gadem, Mehdi Alioua, estime que "cette vague de détentions et d’expulsions est probablement une erreur de la part des autorités locales". Il juge "incompréhensible" que des actions aussi brutales soient menées en totale contradiction avec la politique de régularisation des sans-papiers et la volonté marocaine de développer les liens avec l’Afrique.
Ainsi, A.I. a été arrêté par les forces auxiliaires le 2 mars 2017 à un arrêt de bus alors qu’il était sorti faire ses courses, rapporte le Gadem. Il sera conduit à la gendarmerie, sa photo prise, et ses empreintes saisies, avant son transfert à un camp près de la frontière. Il sera expulsé trois jours plus tard. Il existerait plusieurs cas similaires.
Demandes de régularisation
Des femmes et des enfants figurent parmi les personnes arrêtées, précise le Gadem. Des personnes ayant déposé des demandes de régularisation font également partie du groupe des expulsés. Au moins six des 34 expulsés ont déposé des demandes de régularisation selon les déclarations citées par le Gadem.
"Ces arrestations et refoulements interviennent dans un contexte de renforcement de répression contre les personnes en migration dans les régions de Tanger-Tétouan et Nador depuis début 2017", affirme le Gadem.
Depuis trois mois, les tentatives de forcer les grillages de Sebta et de Melilia par les migrants subsahariens se font plus massives et plus déterminées. Plus de 500 ont réussi à passer depuis 10 semaines, uniquement pour Sebta.
Le Gadem et les organisations signataires demandent dans ce même communiqué "l’arrêt immédiat de toute mesure d’éloignement prise à l’encontre des enfants", "la réadmission des personnes injustement refoulées", "la garantie pour ces personnes d’accéder de toute urgence à des soins", et "l’arrêt immédiat des violences autant du côté marocain qu’algérien".
Pour l’instant le ministère de l’Intérieur à Rabat ou le CNDH, Conseil national des droits de l’homme, n’ont pas encore réagi aux affirmations des 15 ONG signataires du communiqué, tout comme aucune mesure de réadmission ou de réexamen de la situation des expulsés n’a été annoncée.
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