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ECONOMIE

Efficacité énergétique: des contrats-programmes sectoriels en attente d’un gouvernement

Ces contrats-programmes concernent plusieurs secteurs énergivores, mais sont victimes du blocage gouvernemental. Outre le volet réglementaire, ils permettront d'introduire des outils financiers nationaux dédiés à l'efficacité énergétique.

Efficacité énergétique: des contrats-programmes sectoriels en attente d’un gouvernement
Sara El Hanafi
Le 10 mars 2017 à 16h14 | Modifié 10 mars 2017 à 16h14

Industrie, transports, bâtiment, éclairage public, agriculture… plusieurs contrats-programmes multisectoriels d’efficacité énergétique, proposés par l’ADEREE (Agence Nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au Maroc), sont en stand-by et bloqués à cause de l'absence de gouvernement.

C’est ce qu’a annoncé Saïd Mouline, directeur général de l’ADEREE, ce 9 mars dans le cadre la seconde édition des rencontres de l’efficacité énergétique à Casablanca: "Le volet réglementaire est très important pour appuyer la concrétisation de l’efficacité énergétique. Les contrats-programmes en question sont prêts, mais il faut un gouvernement pour les entériner", regrette M. Mouline.

L’approbation gouvernementale est également espérée pour mettre en place de nouveaux outils financiers d’accompagnement des stratégies d’efficacité énergétique, au-delà des outils financiers de la coopération internationale: "Aujourd’hui, il est temps de mettre en place des outils financiers nationaux spécialement dédiés à l’efficacité énergétique, qui a d'ailleurs prouvé sa rentabilité", nous confie Saïd Mouline.

En effet, chaque Dirham investi dans l’efficacité énergétique peut en rapporter jusqu’à six. Sans compter les multiples bénéfices pour l’économie dans sa globalité. En 2016, la facture énergétique du Royaume s’est élevée à 70 MMDH, sans parler des années où le prix du pétrole avait atteint son pic et où la facture énergétique frôlait les 100 MMDH: "Rien qu’une réduction de 1% de la consommation d’énergie équivaut à une économie entre 700 MDH et 1 MMDH, selon le prix du pétrole", explique notre interlocuteur. L’impact est évident aussi sur la balance des paiements.

Success story

Au niveau microéconomique, il faut dire que success stories des entreprises et institutions qui ont adopté des programmes d’efficacité énergétique se font de plus en plus nombreuses.

Le secteur cimentier, à titre d’illustration, a entamé ses actions d’efficacité énergétique dès 1999, bien avant que le programme national ne se mette en place: "Nous y étions obligés, et ça nous a permis de gagner en compétitivité. C’était indispensable à notre survie", explique Mohamed Chaïbi, président de l’Association professionnelle des cimentiers.

Le secteur est, à vrai dire, très énergivore. L’énergie représente entre 65% et 75% du coût variable des cimenteries et, selon leur taille, chacune d’entre elles recèle entre 1.200 et 2.500 moteurs et machines qui tournent.

Une situation qui a poussé à la transition. Une transition réussie, d’ailleurs, puisqu’entre 1999 et 2009, les cimenteries ont pu réduire leur consommation d’énergie thermique de 50% et leur consommation d’énergie électrique de 35%. Idem pour leur consommation d’eau, qui a régressé de 60%: "En plus, le secteur cimentier sera bientôt alimenté à 80% en électricité éolienne", se targue M. Chaïbi.

Le financement ne suit pas

La demande pour des programmes d’efficacité énergétique est de plus en plus présente, mais les financements ne suivent pas. Les seuls outils financiers ciblant ce type de programmes émanent des grandes institutions financières internationales.

A titre d’exemple, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a injecté au Maroc, depuis 2012, 280 millions d’euros dans des programmes d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables. Ce montant représente 30% de l’investissement global de la banque dans le royaume.

La BERD a également contribué au développement  du MORSEFF (Ligne marocaine de financement de l’énergie durable), avec d’autres institutions européennes dont la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD).

Cette ligne de financement de 110 millions d’euros est prêtée à des banques partenaires marocaines. A partir de ce financement, celles-ci peuvent offrir des crédits aux entreprises privées marocaines, tous secteurs confondus, désirant investir dans des équipements ou projets qui permettent de l’efficacité énergétique ou des projets d’énergies renouvelables à petite échelle.

Jusqu’à aujourd’hui, 61 projets d’un montant dépassant 275 MDH ont été financés par le MORSEFF, dont 61% concernent les procédés industriels, 21% les transports, 13% les projets d’énergies renouvelables et 5% le bâtiment.

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Sara El Hanafi
Le 10 mars 2017 à 16h14

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