Le groupe chinois Haite à Tanger: La politique des petits pas
“Les représentants de 40 entreprises du secteur privé étaient à Tanger cette semaine“, indique le président la région Ilyas El Omari à Médias24. Les projets maroco-chinois avancent sans vitesse excessive. 500 hectares sont confirmés et la maquette du projet est finalisée.
Après une première visite du PDG de Haite au Maroc en novembre 2015 puis la visite officielle du Roi Mohammed VI à Pékin en mai dernier, les annonces de projets maroco-chinois avaient commencé à fleurir. Photovoltaïque à Témara, production d’autobus électriques, cité industrielle chinoise à Tanger notamment.
12 mois après la réception du patron de Haite au siège de la CGEM et six mois après la rencontre entre Mohammed VI et le président chinois Xi Jinping, les contacts se poursuivent.
Selon Ilyas El Omari, “outre les 40 entreprises venues cette semaine et reçues à Tanger avec le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, un autre groupe d’entreprises publiques est attendu la semaine prochaine“. Du côté du cabinet du ministre de l’Industrie et de celui du président de la Région, on parle désormais de “conventions qui seront signées en décembre prochain “.
On s’attend donc à ce que le projet soit mis sur les rails avec la signature des premiers contrats de réalisation.
Différents acteurs et multiples échelons
Les négociations entre Marocains et Chinois impliquent de nombreux acteurs publics et privés, des banques, des entreprises, des apparatchiks du Parti communiste chinois et des élus du PAM.
Les deux pays et les deux régions de Tanger-Tétouan et de Chengdu sont aussi de tailles très différentes.
A ce jour, Pékin possède six cités industrielles sur le reste du continent: deux au Nigéria, une en Éthiopie et en Égypte, les trois pays africains les plus peuplés, et d’autres parcs industriels à Maurice et en Zambie.
L’édification d’un parc industriel n’est pas en soi la panacée, un synonyme de succès sans faille. Les échecs sont nombreux et pour la coopération Maroc-Chine, il s’agit de développer un modèle durable et mutuellement bénéfique.
La décision de finaliser un parc industriel chinois au nord du Maroc, qui ne sera pas prise dans la précipitation, envoie un message à plusieurs directions: les pays du Maghreb et africains, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis avec lesquels le Maroc a signé des accords de libre-échange. Avec l’élection de Donald Trump et ses tentations protectionnistes vis-à-vis de la Chine, s’installer au Maroc revêt plus d’intérêt pour les entreprises chinoises qu’auparavant.
Internationaliser des entreprises provinciales chinoises
Les Chinois ont également pour habitude de démarrer une coopération économique d’importance par ce qu’ils appellent le "duiko zhiyuan" ou l’assistance jumelée, indique le chercheur Xuefei Shi, rattaché au China Africa Research Initiative de la Johns Hopkins University de Washington.
Cette assistance et ce développement de liens bilatéraux sont d’abord initiés par les gouvernements provinciaux avec des homologues étrangers. L’un des objectifs de cette politique est "l’internationalisation des entreprises provinciales chinoises", indique Xuefei Shi.
La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima et celle de Chengdu, siège de Haite, ont un projet de jumelage mais il n’a pas encore été concrétisé. Une délégation de Chengdu – une ville de sept millions d’habitants et une province du même nom de 33 millions d’habitants – était à Tanger fin septembre pour démarrer cette "assistance jumelée", mais rien n’avait été fait sans que des explications aient été fournies par l’une ou l’autre des parties.
Présents à nouveau à Tanger cette semaine, les (futurs) partenaires chinois du Maroc ont pu entendre beaucoup d’informations sur Renault, PSA, Yazaki, Delphi, Lear ou Boeing au Maroc. Ils ont pu y constater la diversité et la force des partenaires des entreprises marocaines.
Le groupe chinois Haite envisage de localiser à Tanger des unités de fabrication de bus électriques et des installations de maintenance aéronautique alors qu’il développe de plus en plus ses capacités en énergies renouvelables, des secteurs d’intérêt certain pour le Maroc.
Au siège de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima cette semaine, une estampe représentant un couple de pandas a été offerte au président de la région par un responsable de Chengdu. 80% des pandas de Chine vivent dans la région du Sichuan dont Chengdu est la capitale. Cette semaine, on en sait un peu plus sur Chengdu et les pandas. La politique est faite de petits pas.
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