Nigéria: Le pays s'enfonce dans la crise économique
Le Nigéria s'enfonce dans la crise économique avec une contraction de son PIB de 2,24% au troisième trimestre par rapport à 2015, selon les chiffres du Bureau national des statistiques (BNS) publiés lundi 21 novembre.
Géant du continent africain, le Nigéria souffre notamment de la chute du prix du baril et d'attaques récurrentes de ses installations pétrolières par des groupes rebelles, entrainant une perte de revenus pour l'Etat, une forte inflation (+18%) et une pénurie de devises étrangères.
Avec une production de pétrole qui est passée de 2,17 millions de barils par jour en 2015 à 1,63 million de barils aujourd'hui, le "secteur pétrolier a ralenti de 22% par rapport à l'année dernière", note le rapport du BNS publié lundi et le Nigéria a perdu sa place de premier exportateur de l'Afrique sub-saharienne, au bénéfice de l'Angola.
Le pétrole compte pour 70% des revenus de l'Etat et 90% des exportations, et le pays n'a jamais diversifié son économie depuis la découverte de l'or noir dans les années 1960.
Le ralentissement des exportations a entraîné une lourde pénurie de devises étrangères, handicapant l'économie du pays: les plus pauvres qui souffrent d'une forte augmentation des prix de biens de consommation de base, et la classe moyenne et supérieure ne trouvent plus de dollars pour voyager à l'étranger.
Le secteur industriel (-2,9% selon le rapport) a été frappé de plein fouet par la dévaluation du naira et à cause de cette même pénurie, les grands acteurs économiques ne parviennent pas à importer leur matière première, payable en dollars, ou leurs fournisseurs.
Ce ralentissement du secteur industriel est "en partie dû à la chute du taux de change, qui rend les importations plus coûteuses", note l'agence nationale.
Le président Muhammadu Buhari a longtemps refusé de laisser flotter la monnaie, pour empêcher une forte hausse des prix, mais cela a contribué à développer un circuit de change au marché noir.
Aujourd'hui, malgré la dévaluation de juin dernier, les cours officiels (320 nairas pour 1 dollar) n'arrivent pas à rejoindre les cours du marché noir (440 nairas pour un dollar), encourageant une économie à deux vitesses.
Aucun signe d'amélioration n'est perceptible, les groupes rebelles indépendantistes du Delta ont promis de mettre l'économie du pays "à genoux" tant que leurs revendications ne sont pas entendues. Malgré des pourparlers avec le gouvernement, les Vengeurs du Delta, le plus actifs de ces groupes, ont fait exploser un oléoduc opéré par Agip la semaine dernière, qui fait transiter à lui seul 300.000 barils/jour.
Le Fonds monétaire international (FMI) a prévu une contraction du PIB de 1,7% pour le Nigéria pour 2016, une année noire de recul: la première depuis 20 ans selon l'agence Bloomberg.
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Viande de mouton : une inflation organisée qui défie l’État et prend l’Aïd en otage
À quelques semaines de Aïd al-Adha, le marché du mouton semble défier toutes les tentatives de stabilisation. Les prix ne reculent pas. Ils s’installent au contraire à des niveaux jamais observés, brouillant les repères habituels des consommateurs comme des professionnels.
Article : Un ancien inspecteur des finances, des universitaires, une chercheuse en France… qui sont les nouveaux membres du Conseil de Bank Al-Maghrib ?
Publiée au Bulletin officiel, la liste des nouveaux membres fait entrer au sein de l’instance monétaire six profils issus de la finance publique, de l’université, de la recherche économique et des institutions internationales.
Article : JK Hôtels : Saham Bank obtient à son tour un paiement anticipé sur une créance de 160 millions de DH
Après la BCP, la BMCI et la Banque Populaire Marrakech-Béni Mellal, l’ex-SGMB vient à son tour d’obtenir le feu vert du tribunal de commerce de Marrakech pour récupérer une partie de sa créance dans le dossier JK Hôtels.
Article : Raja-Wydad (Botola Pro 1) : quelle heure, quelle chaîne
Ce derby entre le Raja et le Wydad, qui arrive à un tournant décisif à seulement dix journées de la fin du championnat, pourrait bien dessiner les contours du futur champion.
Article : Marrakech accueille le 2e Congrès international sur l’économie bleue durable
Le Centre de conférences de l’Université Cadi Ayyad accueille la 2e édition du Congrès international sur l’économie bleue durable, réunissant experts, scientifiques et décideurs autour des enjeux de gouvernance maritime, de droit de la mer, d’innovation technologique et de développement durable des espaces océaniques.
Article : Maroc-UE : une délégation européenne à Dakhla pour évaluer les retombées des accords agricole et halieutique
Le CRI de Dakhla-Oued Eddahab a reçu une délégation de l’Union européenne dans le cadre du suivi des accords de partenariat dans l’agriculture et la pêche maritime, deux secteurs clés pour l’attractivité économique de la région.