COP22: Le comité de pilotage prévoit des avancées, les négociations presque finies
Vendredi après-midi, les négociateurs des 190 Etats participants à cette COP22 n’avaient pas terminé et il n’était pas exclu qu’ils ne terminent que samedi, selon les propos de M. Mezouar, président de la COP22, au cours d’une rencontre avec la presse.
À ce stade, il reste difficile de se faire une idée globale et synthétique de cette COP22 qui touche à sa fin. Il y a eu pas mal d’initiatives concrètes, mais ne restent-elles pas limitées par rapport à l’ampleur d’un problème planétaire?
La conférence de presse de vendredi après-midi 18 novembre permet de se faire une idée provisoire.
Mézouar a eu raison de noter l’énergie des jeunes, de la société civile, des entreprises dans cette COP…
Mais cet événement devait être celui de l’inflexion, de la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Les objectifs avaient été définis par l’Accord de Paris, plus de 110 États l’ont ratifié. Il reste à le mettre en œuvre, à lui donner un contenu, une feuille de route, un agenda qui va courir de 2016 à 2018. Ce sera la feuille de route de la CMA (réunion des parties à l’Accord de Paris).
C’est cet agenda qui permettra de donner un contenu à l’accord de Paris et atteindre les objectifs en termes de réduction des émissions de GES (gaz à effet de serre) et de financement (100 milliards par an à partir de 2020).
La Proclamation de Marrakch est une réaffirmation de l’engagement international contre ce réchauffement climatique, estime Salaheddine Mezouar, qui la considère comme l’un des premiers résultats importants et concrets de cette COP.
Hakima El Haité, la championne nationale du climat, abandonne son smartphone et prend la parole. Elle met en avant “la construction pour la première fois de l’histoire des négociations climatiques de ce partenariat de l’action qui relie pour la première fois des États, des acteurs non étatiques, aux parties. Elle rappelle les annonces concrètes comme le réseau de centres de compétences ou les NDC partnership, doté de 50 millions de dollars, qui va aider les États à mettre en place leurs NDC (engagements des États en matière de réduction des GES).“
Lorsque Nizar Baraka, président du comité scientifique de la COP22, prend la parole, les choses sont plus claires. Il fait un focus sur les financements, sur lesquels la présidence marocaine a travaillé, car c’est primordial, c’est ce qui va rassurer les parties situées au Sud.
Le Maroc a conçu une initiative qui sera présentée au printemps dans le cadre de l’assemblée de la Banque mondiale et qui consiste à ce que les États conçoivent des budgets sensibles au climat, qui intègrent les NDC et les objectifs de développement durable.
En matière d’adaptation, il y a eu des avancées concernant l’objectif de 100 MM$ de financements à l’horizon 2020. Il y a maintenant un engagement pour augmenter de 54% l’effort des finances publiques (des pays développés) pour atteindre les deux tiers des 100 milliards, ou 67 MM$ en 2020. La part de l’adaptation sera doublée, elle passera de 12 à 25%.
Les banques de développement seront impliquées, leur part passera à 25 à 30%.
Enfin, en utilisant l’effet de levier et en impliquant le secteur privé, les fonds de pension, l’épargne verte, les assurances, la philanthropie, on pourrait passer “des milliards aux trillions“, selon M. Baraka.
Le président du comité scientifique révèlera qu’il y a eu “pas mal de résistances sur l’agriculture“. C’est le Maroc qui a proposé d’introduire l’agriculture dans les objectifs et l’agenda, sachant que cette activité est extrêmement vulnérable au réchauffement climatique. Selon M. Baraka, le Maroc a réussi, malgré les résistances, à maintenir l’agriculture dans l’agenda.
En attendant les décisions qui seront conclues par les négociateurs, disons que la présidence marocaine et le comité de pilotage semblent avoir bien travaillé et en tous les cas avoir une vision claire des objectifs et des étapes. Peut-être que les décisions de mise en œuvre ne seront pas toutes prises à cette session, mais il y aura eu de l’imagination et des initiatives.
48 pays s’engagent sur 100% d’énergies renouvelables
Vendredi, 48 pays membres du "Climate Vulnerable Forum", représentant plus d’un milliard de personnes parmi les plus exposées au changement climatique, sont allés plus loin.
Ils se sont engagés à relever leurs objectifs de réduction des émissions de GES "avant 2020", ce que préconisent les scientifiques pour maximiser les chances de rester sous 2 °C. Ils ont aussi dit vouloir atteindre100% d’énergies renouvelables "aussi tôt que possible" d’ici à 2050.
Pour rester en deçà de 2 °C, les émissions de GES doivent être drastiquement réduites d’ici à 2050, ce qui passe par un abandon progressif des énergies fossiles.
"Toutes les parties (pays) doivent entamer leur transition (vers les énergies renouvelables), sinon nous souffrirons tous", a commenté Edgar Gutierrez,ministre de l’Environnement et de l’énergie du Costa Rica.
À Marrakech, les discussions sur l’aide financière promise par les pays industrialisés aux plus vulnérables pour faire face au réchauffement ont de nouveau été difficiles.
Les débats se focalisent sur le montant de l’aide pour les projets d’adaptation (digues, surélévation des habitations, système d’alerte météo, etc.), qui ne représente qu’environ 16% de l’aide actuelle, selon l’OCDE.
"Les pays en développement ont demandé que l’aide à l’adaptation soit quadruplée, mais les pays riches s’en sont tenus à un doublement des montants pour ce type de projets", indique Armelle Le Comte, de l’ONG Oxfam.
Sujet d’autant plus complexe qu’il n’y a "pas de méthodologie commune pour comptabiliser les projets en faveur du climat", ajoute-t-elle.
Le reste des discussions a porté sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris: préparer le rendez-vous de 2018 lors duquel un premier bilan des actions engagées par les différents pays doit être dressé et s’entendre sur les informations qu’à terme ils devront fournir afin que le processus soit le plus transparent possible.
Les débats se poursuivront à la COP23, qui sera organisée fin 2017 par les îles Fidji, mais qui aura lieu en Allemagne pour des raisons logistiques.
"Après un cycle de négociations long et difficile (avant Paris), il fallait commencer à travailler sur le 'comment faire' (...), mais sans forcément espérer de grands résultats concrets ici", a confié à l’AFP Teresa Ribera, directrice du think-tank Iddri.
"C’était une COP très différente, un nouveau cycle commence", selon l’ancienne négociatrice espagnole.
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