Siemens Maroc: Quelques confidences à chaud du nouveau PDG
Ayant pris ses fonctions il y a à peine quelques jours, le nouveau président-directeur général de Siemens Maroc, Dirk De Bilde, un ancien de Siemens qui arrive de la Belgique, nous accorde son premier entretien.
Siemens est installée officiellement au Maroc depuis 1956. Mais l’activité de la marque dans notre pays remonte à 1929 quand Siemens & Halske fournissait des installations électriques à une cimenterie de Casablanca.
Aujourd’hui, Siemens Maroc opère dans l’électrification et l’industrie, et emploie près de 200 collaborateurs, tous profils confondus, avec 20% de taux de féminisation de l’effectif.
Avec l’ouverture de son usine de pales d’éoliennes à Tanger, prévue pour le printemps 2017, Siemens Maroc élargira sa présence dans le pays, en créant près de 700 emplois directs et 500 emplois directs.
Siemens compte également à son actif d’autres projets dans le domaine des énergies renouvelables au Maroc, notamment le parc éolien de Tarfaya, dont la capacité s’élève à 300 mégawatts, ainsi que le parc Haouma de 50 mégawatts réalisé en partenariat avec Nareva. L’entreprise a également réalisé, en 2005, la centrale à cycle combiné de Tahaddart, d’une capacité de 384 MW. Siemens va également livrer, fin 2016, des turbines pour la centrale solaire Noor II et Noor III.
Présent au stand de l’entreprise à la zone verte de la COP22 à Marrakech, le nouveau PDG de Siemens Maroc, Dirk de Bilde, livre à Médias24 ses ambitions et ses plans pour l’entreprise qu’il dirige à présent.
Enthousiaste et ambitieux, Dirk de Bilde demeure toutefois discret et ne s’aventure pas à livrer des détails sur sa feuille de route. Il se contente plutôt d’indiquer quelques chantiers sur lesquels il veut travailler.
Médias24 : Vous avez pris vos fonctions il y a quelques jours. Quelles sont vos ambitions pour Siemens Maroc?
Dirk de Bilde: Il me faudra tout d’abord découvrir la situation dans le pays. Mais a priori, je peux vous dire que je veux travailler sur deux axes en particulier. Le premier, c’est le capital humain. Siemens a un portefeuille de clients connus, et pour le maintenir et le renforcer, il faut avoir les bonnes compétences. Des compétences qui font la différence.
C’est pour cela que dans notre programme pour Siemens Maroc, nous voulons certes créer des opportunités d’investissement, donner des possibilités de décollage… mais nous voulons surtout que tout cela soit fait par un capital humain marocain.
Le deuxième axe est, bien sûr, le business, surtout avec toutes les initiatives et opportunités qui se manifestent au Maroc. Nous voulons et nous devons suivre de près ces initiatives afin de développer notre business, plus particulièrement à travers trois activités : l’électrification, l’automatisation et la digitalisation.
Au niveau de l’électrification et de l’automatisation, nous avons déjà plusieurs références ici au Maroc et nous avons travaillé sur plusieurs projets dans ces domaines, avec de grands acteurs. C’est plutôt la troisième activité, la digitalisation, que nous voulons introduire et sur laquelle nous voulons nous positionner aussi.
Il est vrai que tout le monde en parle, mais il n’y a pas beaucoup de concret. La digitalisation est un grand concept : il s’agit de vérifier tous les processus et toute la chaîne de création de valeur et d’en évaluer les outputs à un niveau digital, au lieu de les évaluer une fois réalisés. Cela implique d’énormes économies de coûts et de temps. Je suis convaincu que Siemens peut bien se positionner sur ce segment.
-En marge de la COP22, vous vous êtes engagé dans un projet de production de l’électricité à partir des déchets au Maroc. Quelle sera exactement votre contribution?
-Ce projet est très bien pensé, il m’a surpris et a même dépassé mes exigences. La prochaine étape est l’élaboration d’un business plan afin de voir comment le travail se fera.
La contribution de Siemens est double : elle est, tout d’abord, d’ordre technologique, car nous sommes un des grands experts dans la fabrication des turbines dont le projet a besoin. Qui plus est, nous allons offrir notre conseil et notre expertise à PEPS [L’entreprise partenaire, ndlr.]
Par ailleurs, Siemens est une grande société connue, représentée dans 195 pays à travers le monde, elle offre donc à PEPS l’occasion de s’associer à un partenaire qui peut accélérer son programme grâce à une bonne commercialisation et une bonne publicité.
-Vous avez parlé du capital humain comme étant l’un des deux axes majeurs sur lesquels vous voulez capitaliser. En même temps, vous avez entamé le recrutement et la formation pour votre usine en cours de construction à Tanger. Pensez-vous jusque-là que les compétences marocaines satisfont vos exigences?
-Au niveau des gens que j’ai déjà rencontrés, je peux dire que oui, les compétences sont là. Mais cela n’implique pas que l’on doit arrêter d’investir dans la formation, qu’elle soit d’ordre technologique ou liée aux soft skills, ces qualités personnelles comme l’intelligence émotionnelle, la communication, la créativité, etc.
Nous sommes une société d’ingénierie certes, mais pour faire du business nous avons besoin de compétences au-delà de la seule compétence technologique. C’est quelque chose que nous voulons encourager chez les équipes de Siemens au Maroc.
-Et quel est justement l’état d’avancement des travaux de votre usine tangéroise?
-Tout est dans les temps. Les travaux avancent parfaitement et l’ouverture est toujours prévue au printemps 2017.
-Siemens Maroc affiche également des ambitions dans d’autres secteurs, à savoir le gaz, les transports ou même la santé. Qu’en est-il de ces ambitions aujourd’hui ?
-Au niveau des transports, nous n’avons pas encore de références au Maroc, mais nous suivons de très près les évolutions du secteur et nous voulons bien nous y positionner.
Pour le secteur de la santé, il faut savoir que l’unité Health Care de Siemens est à présent une entité séparée, car le modèle de business lié à la santé est très différent des projets industriels. Mais je sais que cette filière du groupe a plusieurs ambitions de développement au Maroc et également dans tout le continent africain.
Quant au gaz, nous pensons que c’est véritablement le projet phare des prochaines années. Les récentes découvertes de Sound Energy sont une véritable opportunité pour le pays vu que sa force de négociation augmente, et c’est un levier sûr et certain pour le projet Gas to power que nous suivons de très près et sur lequel nous espérons nous positionner.
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