Casablanca. La décharge de Médiouna restera ouverte!
Ceux qui espéraient une fermeture de la décharge de Médiouna pour ce 1er janvier 2017 devront déchanter et patienter.
Le Conseil de la ville de Casablanca, réuni en session extraordinaire ce mercredi 16 novembre, a décidé de prolonger l’utilisation de la décharge de Médiouna pour 6 mois supplémentaires. Rien n’indique que cette durée suffira pour régler un problème posé depuis plusieurs années.
Maintenant que la COP22 est quasiment passée, le Conseil de la ville sent moins de pression et ne s'en cache pas.
Officiellement, le Conseil invoque une difficulté majeure: la relation avec le gestionnaire du site, la société Ecomed, qui dispose d'un contrat courant sur 16 ans encore.
La société Ecomed a déposé, début juin 2016, un recours devant le tribunal de commerce de Casablanca, contre la ville de Casablanca.
Ecomed accuse la ville de ne pas l’avoir payée depuis 8 mois avant la date du recours. Et en second lieu, et pendant plusieurs années d’exploitation, d’avoir minoré les tonnages traités pour payer uniquement la moitié des sommes dues. Elle réclame 150 MDH à la ville. Le maire Abdelaziz Omari est au courant, il a été saisi officiellement avant le recours judiciaire, mais n’a pas réagi, selon nos sources. De son côté, la ville affirme que les demandes d'Ecomed sont trop élevées.
La ville accuse Ecomed d'être débitrice de la somme de "46 MDH selon les déclarations de la Cour des comptes". "Le gestionnaire n’a pas respecté l’une des clauses du contrat qui consiste à réaliser le tri des déchets à 6,34 DH/tonne", nous explique une source du Conseil de la ville.
Le tarif proposé par la société pour la gestion de la nouvelle décharge est jugé excessif: 120 DH pour chaque tonne de déchets traitée, alors que cette opération coûte 42 DH dans l'actuelle décharge, selon cette source. Contacté par nos soins, un responsable d'Ecomed dément catégoriquemet cette accusation: "Notre tarif est inchangé, c'est celui prévu par le contrat. La vraie source du blocage est l'absence d'autorisation de la commune Mejjatia".
La création de la nouvelle décharge bénéficiera, selon nos sources, d'une subvention de 70 MDH allouée par le ministère de l'Environnement à la commune de Casablanca en tant que gestionnaire du projet. La ville participera à son tour avec un montant de 20,4 MDH.
Le risque de blocage provient du fait que le contrat autorise Ecomed à arrêter ses prestations en cas de non-paiement. Le contrat court sur 18 ans. Si le problème n’est pas réglé, c’est tout le projet de construction d’une décharge contrôlée aux bons standards qui est menacé.
La ville aurait aimé, selon nos sources, dénoncer le contrat, mais jurdiquement cela semble compliqué, voire illégal et coûteux.
La décharge de Médiouna est gérée par la société Ecomed depuis 2008. Le contrat prévoyait une exploitation pendant deux ans, suivie d’une fermeture de ce site et l’ouverture concomitante d’une seconde décharge de 80 hectares située à proximité.
La ville s’engageait à ce que les deux terrains concernés soient “libres de toute occupation“, engagement qui n’a pas été respecté, puisque la ville n’est jamais parvenue à évacuer ni interdire l’accès aux chiffonniers ni au bétail.
L'autre problème qui se posait concernait le terrain sur lequel doit être établie la nouvelle décharge. Le problème a fini par être réglé et l'acquisition finalisée cette année.
Une source informée proche du Conseil de la ville a indiqué à Médias24 que le vrai problème qui provoque le blocage est celui de l'absence d'autorisation de la part de la commune Mejjatia-Oulad Taleb sur laquelle doit être construite la nouvelle décharge. Le Conseil de la ville de Casablanca espérait une intervention de la tutelle (ministère de l'Intérieur) pour que la commune accepte d'accorder cette autorisation. Selon notre source, aucune autorisation n'a été à ce jour octroyée.
Le dossier est géré au sein du Conseil de la ville avec une discrétion qui frôle l'opacité.
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