Une rentrée scolaire assombrie par les classes surchargées et le déficit en enseignants
Avec la rentrée scolaire, les problèmes de l’école publique marocaine resurgissent. Classes surchargées, enseignants en petit nombre, budget limité… le tableau n’est pas reluisant et ne donne pas des signes d’amélioration.
72 élèves par classe. Sur les réseaux sociaux, ce chiffre effarant est partagé à grande échelle, accompagné de photos de classes bondées dans des écoles visiblement situées dans le monde rural. Les images sont désolantes, montrant des élèves par terre, quand ils ne sont pas trois ou quatre à partager le même banc.
Ce chiffre inquiétant est démenti par le ministère de l’Education nationale, dont une source autorisée parle de données exagérées. Elle précise, sous couvert d’anonymat, qu’à ce stade, il est impossible d’avoir des statistiques fiables et que le chiffre avancé ne repose sur aucune donnée officielle. Données exagérées, certes, mais les classes sont néanmoins bondées. Des enseignants nous ont annoncé que les effectifs pourront atteindre couramment 60 élèves par classe.
"Ce n’est qu’au courant de la semaine prochaine, au mieux deux à trois jours après la rentrée scolaire qui aura lieu le 19 septembre que les premiers chiffres seront disponibles", ajoute la même source. "La première carte scolaire sera alors établie, même si elle ne fournira que des projections. Elle est sujette à modification, suite aux impératifs de redéploiement des enseignants".
"Il s’agit d’une donnée devenue structurelle depuis quelques années, vu que le véritable problème est celui du recrutement dans le secteur. Même quand on essaie de masquer ce déficit, il réapparaît à travers des classes surchargées. Il en découle également l’abandon du concept de groupe de travail réduit pour les matières scientifiques", explique Youssef Allakouch, SG de la Fédération autonome de l’enseignement, affiliée à l’UGTM.
"Le ministère procède parfois à la fermeture d’écoles dans le périmètre urbain et regroupe jusqu’à 3 classes en une seule,car il n'a pas assez d'enseignants. Résultat: des classes contiennent jusqu’à 60 ou 70 élèves, au mépris des normes", ajoute-t-il.
"Dans le milieu rural, le regroupement se fait non seulement par classe du même niveau, mais parfois en rassemblant des élèves du 1er au 6ème au sein d’une même classe, sous prétexte que le nombre d’élèves est réduit", poursuit Youssef Allakouch.
"Alors que le besoin annuel est de 30.000 enseignants, la loi de Finances n’accorde en moyenne qu’entre 7.000 et 8.000 postes budgétaires. Il en faut au moins 15.000 pour couvrir le déficit et garantir un service minimum. Un enseignement de qualité exige, quant à lui, le recrutement d’au moins 30.000 enseignants par an. Même avec l’engagement des enseignants stagiaires, il restera un déficit à combler", conclut notre interlocuteur.
Le facteur budgétaire a été évoqué par Rachid Benmokhtar lui-même lors d’une séance parlementaire de questions orales, tenue en mai 2016. Il a évoqué aussi le problème de hausse des départs à la retraite depuis quelques années, en rappelant que le ministère a procédé au prolongement d’une année scolaire de l’âge de départ à la retraite. "Cette mesure est effective depuis deux ans", souligne M. Allakouch.
Dans une déclaration à Al Majalla24, Abderrazak Drissi, SG de la Fédération nationale de l’enseignement, a déclaré que quelque 6.500 demandes de départ anticipé à la retraite ont été envoyées au ministère par les académies régionales, contre 800 en 2013. Cette hausse s’explique par la réforme de la retraite, a-t-il ajouté.
Une grève menée par les trois syndicats de l’enseignement les plus représentatifs (le Syndicat national de l’enseignement-FDT-, la Fédération autonome de l’enseignement-UGTM- et la Fédération autonome de l’enseignement) est programmée le jour de la rentrée scolaire pour dénoncer les conditions dans lesquelles évolue l’école publique.
à lire aussi
Article : Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords
ROUND-UP. Le Maroc a déjà largement ouvert son économie à travers plusieurs accords de libre-échange. De nouveaux dossiers sont aujourd’hui sur la table, notamment avec le Chili, le Pérou, la Chine ou la République de Corée. L’enjeu est désormais de mieux négocier ces partenariats, afin d’en tirer le maximum sans fragiliser le tissu productif national.
Article : Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne
Situé dans l’Atlantique nord-est, au sud des Canaries et à l’ouest des côtes du Sahara, le mont Tropic fait l’objet d’une nouvelle étude européenne qui confirme la qualité de ses phosphates sous-marins, comparables à des gisements exploités à terre. Mais l’intérêt du site ne s’arrête pas à la roche phosphatée : ces dépôts semblent avoir favorisé l’accumulation de cobalt, de manganèse, de terres rares et d’yttrium, dans une zone encore suspendue à la délimitation maritime entre Rabat et Madrid.
Article : Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV
Dans un entretien accordé à Médias24, Peter Mrkic, directeur général de TOD by beIN, détaille la feuille de route de la plateforme de streaming au Maroc. Alors que le service bénéficie désormais d'un cadre réglementaire stabilisé par l'autorisation de la HACA, le dirigeant revient sur les enjeux de pénétration du marché, la concurrence de l'informel et les défis techniques liés à la diffusion en direct du streaming.
Article : Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH
Cette extension doit porter la capacité annuelle de l’usine à environ 650 km de conduites et permettre la création de 58 emplois directs et plus de 200 emplois indirects.
Article : Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas
Enthousiastes, parfois fragiles en profondeur et épatants à la fois, les Lions de l’Atlas ont renversé les Néerlandais en seizième de finale, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique. Combatifs, les hommes de Mohamed Ouahbi ont réussi à éteindre leurs adversaires grâce à un plan de jeu où la prudence a laissé place à l’ambition au fil des minutes.
Article : Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments
Ce référentiel recense 1.001 aliments consommés au Maroc, dont des plats traditionnels, et les décrit à travers 43 constituants. Il doit permettre de convertir les quantités déclarées par les ménages en apports énergétiques fiables, afin de mieux suivre les carences, les excès et les disparités alimentaires.