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Une rentrée scolaire assombrie par les classes surchargées et le déficit en enseignants

Avec la rentrée scolaire, les problèmes de l’école publique marocaine resurgissent. Classes surchargées, enseignants en petit nombre, budget limité… le tableau n’est pas reluisant et ne donne pas des signes d’amélioration. 

Une rentrée scolaire assombrie par les classes surchargées et le déficit en enseignants
N. F.
Le 17 septembre 2016 à 12h49 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

72 élèves par classe. Sur les réseaux sociaux, ce chiffre effarant est partagé à grande échelle, accompagné de photos de classes bondées dans des écoles visiblement situées dans le monde rural. Les images sont désolantes, montrant des élèves par terre, quand ils ne sont pas trois ou quatre à partager le même banc.

Ce chiffre inquiétant est démenti par le ministère de l’Education nationale, dont une source autorisée parle de données exagérées. Elle précise, sous couvert d’anonymat, qu’à ce stade, il est impossible d’avoir des statistiques fiables et que le chiffre avancé ne repose sur aucune donnée officielle. Données exagérées, certes, mais les classes sont néanmoins bondées. Des enseignants nous ont annoncé que les effectifs pourront atteindre couramment 60 élèves par classe.

"Ce n’est qu’au courant de la semaine prochaine, au mieux deux à trois jours après la rentrée scolaire qui aura lieu le 19 septembre que les premiers chiffres seront disponibles", ajoute la même source. "La première carte scolaire sera alors établie, même si elle ne fournira que des projections. Elle est sujette à modification, suite aux impératifs de redéploiement des enseignants".

"Il s’agit d’une donnée devenue structurelle depuis quelques années, vu que le véritable problème est celui du recrutement dans le secteur. Même quand on essaie de masquer ce déficit, il réapparaît à travers  des classes surchargées. Il en découle également  l’abandon du concept de groupe de travail réduit pour les matières scientifiques", explique Youssef Allakouch, SG de la Fédération autonome de l’enseignement, affiliée à l’UGTM.

"Le ministère procède parfois à la fermeture d’écoles dans le périmètre urbain et regroupe jusqu’à 3 classes en une seule,car il n'a pas assez d'enseignants. Résultat: des classes contiennent jusqu’à 60 ou 70 élèves, au mépris des normes", ajoute-t-il.

"Dans le milieu rural, le regroupement se fait non seulement par classe du même niveau, mais parfois en rassemblant des élèves du 1er au 6ème au sein d’une même classe, sous prétexte que le nombre d’élèves est réduit", poursuit Youssef Allakouch.

"Alors que le besoin annuel est de 30.000 enseignants, la loi de Finances n’accorde en moyenne qu’entre 7.000 et 8.000 postes budgétaires. Il en faut au moins 15.000 pour couvrir le déficit et garantir un service minimum. Un enseignement de qualité exige, quant à lui, le recrutement d’au moins 30.000 enseignants par an. Même avec l’engagement des enseignants stagiaires, il restera un déficit à combler", conclut notre interlocuteur.

Le facteur budgétaire a été évoqué par Rachid Benmokhtar lui-même lors d’une séance parlementaire de questions orales, tenue en mai 2016. Il a évoqué aussi le problème de hausse des départs  à la retraite depuis quelques années, en rappelant que le ministère a procédé au prolongement d’une année scolaire de l’âge de départ à la retraite. "Cette mesure est effective depuis deux ans", souligne M. Allakouch.

Dans une déclaration à Al Majalla24, Abderrazak Drissi, SG de la Fédération nationale de l’enseignement, a déclaré que quelque 6.500 demandes de  départ anticipé à la retraite ont été envoyées au ministère par les académies régionales, contre 800 en 2013. Cette hausse s’explique par la réforme de la retraite, a-t-il ajouté.

Une grève menée par les trois syndicats  de l’enseignement les plus représentatifs (le Syndicat national de l’enseignement-FDT-, la Fédération autonome de l’enseignement-UGTM- et la Fédération autonome de l’enseignement) est programmée le jour de la rentrée scolaire pour dénoncer les conditions dans lesquelles évolue l’école publique. 

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N. F.
Le 17 septembre 2016 à 12h49

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