La croissance bleue, parmi les enjeux majeurs de la COP22
A l’occasion de la conférence ministérielle pour la préparation de la COP22 organisée en Île Maurice, Médias 24 a rencontré les représentants des grandes institutions internationales. Deux journées sont dédiées à l’économie bleue, un enjeu pour le Maroc.
Le gouvernement de la République de l'Île Maurice a organisé les 1er et 2 septembre, une conférence préparatoire pour sa participation à la COP 22. Notre présence à cet événement a été l’occasion d’interroger José Graziano da Silva, directeur général de la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture), et Jamal Saghir, conseiller régional principal de la région Afrique auprès de la Banque mondiale, sur les défis et les enjeux de la prochaine conférence des parties, qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre prochains.
Partenaire de cette conférence ministérielle préparatoire, la Banque mondiale est très largement représentée. Les défis liés au changement climatique et notamment l’érosion côtière font partie des problématiques principales des gouvernements des petits Etats insulaires et plus largement, côtiers.
A ce propos, Jamal Saghir ne cache pas sa satisfaction de voir une journée dédiée à l’océan, programmée lors de la COP22. Interrogé par Médias 24, il a déclaré: «Nous sommes réellement impressionnés par la préparation qui a été faite par les autorités marocaines et pensons que l’idée d’avoir une journée Océan est une chose importante.»
Pour lui, le rendez-vous de Marrakech sera celui de la concrétisation. Saghir ajoute: «La COP22 sera celle de l’action. Après l’accord remarquable que les autorités internationales ont réussi à trouver à Paris, le gouvernement marocain a mis en avant l’idée de sa mise en œuvre. D’ailleurs, nous sommes invités au Maroc à la fin du mois pour une réunion préparatoire avec le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime. La COP 22 sera donc celle de l’accélération et sera celle de l’Afrique, étant donné qu’elle se tiendra au Maroc.»
Même son de cloche du côté de la FAO. José Graziano da Silva a déclaré à ce propos que l'organisme qu'il représente a commencé à travailler avec le gouvernement marocain sur l’agenda de la COP22, en espérant développer davantage l’axe relatif à l’économie bleue.
«Le Maroc a une vision claire sur les objectifs énergétiques, mais suit une approche très générale en ce qui concerne les secteurs de l’agriculture, de la pêche... Toutefois, nous approchons petit à petit des objectifs et nous octroyons au Maroc les outils techniques pour renforcer ses engagements dans ce sens», a déclaré le directeur général de la FAO. Il s’agit concrètement d’adopter un agenda spécial, dans le cadre des événements parallèles pour répondre aux questions particulières concernant l’économie bleue.
En effet, le Maroc, pays côtier, n'échappe pas aux menaces auxquelles font face de nombreux Etats: élévation du niveau de la mer, érosion... Les conditions climatiques et les mauvaises pratiques contribuent, chacune à son niveau, à la détérioration du littoral et affectent la qualité de vie des populations vivant dans les régions côtières. A fortiori, elles limitent considérablement la croissance dans les pays côtiers.
Comme le note Jamal Saghir, "la majeure partie de l’activité économique des pays côtiers africains est concentrée dans des villes situées en bord de mer. La perte de plusieurs mètres de côte chaque année se répercute sur la croissance économique de ces pays."
À ce sujet, Jacqueline Alder, coordinatrice du programme des Nations-Unies pour l’environnement, rencontrée en marge d’une conférence ministérielle sur l’économie océanique, semble plutôt optimiste.
Elle salue en effet les efforts du Maroc dans la mise en place d'une économie bleue, alors que se prépare à l' Île Maurice, une feuille de route continentale pour la COP22. "La croissance bleue regroupe les secteur marin et le secteur de l’eau."
A partir de ces axes, "Nous avons défini trois segments: la communauté bleue, le marché bleu et la production bleue. Dans le détail, le programme comporte un grand volet dédié à l’aquaculture, au profit des petits pêcheurs. C'est un point sur lequel le Maroc s'engage très sérieusement", a expliqué Jacqueline Alder.
Sur le volet des investissements, Jacqueline Alder a noté qu’il y avait un réel engouement au Maroc pour la mise en place d’une économie bleue de la part des investisseurs privés. «Ce que nous appelons communauté bleue, c’est justement la connexion entre communautés aux niveaux local et global, mais également, leur connexion avec les sources de financement adéquates.»
Pour l’heure, conclut Jacqueline Alder, «Le Maroc est sur la bonne voie, il dispose d’énormément de potentiel pour valoriser ses ressources côtières.»
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