Immobilier de bureaux. Les raisons de l’effondrement des prix à Marrakech

Une baisse qui dépasse les 20% interpelle forcément. Que signifie-t-elle ? Un manque de maturité du marché, un recul du tourisme considéré comme la principale activité économique de la ville ? Des experts répondent.

Immobilier de bureaux. Les raisons de l’effondrement des prix à Marrakech

Le 18 août 2016 à 16h57

Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Une baisse qui dépasse les 20% interpelle forcément. Que signifie-t-elle ? Un manque de maturité du marché, un recul du tourisme considéré comme la principale activité économique de la ville ? Des experts répondent.

L’un des points saillants de l’indice de l’immobilier pour le deuxième trimestre 2016, publié le 16 août par Bank Al Maghrib, concerne la forte baisse des prix des bureaux dans la ville de Marrakech: 27%  par rapport au trimestre précédent et 21,5% par rapport à la même période de l’année dernière.

Que signifie cette baisse? Augure-t-elle un effondrement de l’immobilier de bureaux à Marrakech?

«Il faudrait d’abord qu’il y ait un marché mature dans la ville ocre au niveau de ce segment pour craindre son effondrement. Or, le marché y manque tellement de profondeur que l’indice peut vaciller à la moindre transaction passée à un prix nettement supérieur ou inférieur au trimestre précédent. Les producteurs de statistiques doivent être vigilants en traitant ce type de marché et ne pas se contenter de donner des chiffres mais les accompagner d’analyses pour permettre une lecture qui reflète la réalité», lance d’emblée William Simoncelli, DG de l’agence Carré Immobilier.

«Des investisseurs étrangers, qui ne connaissent pas bien le secteur, peuvent avoir l’impression que le marché est dangereux, risqué et qu’en parallèle, il peut présenter des opportunités d’investissement, alors qu’il est juste petit. Un indice qui augmente de 24,8% au premier trimestre et baisse le trimestre suivant de 21,5% ne peut pas être représentatif  d’un marché mature», ajoute-t-il.

Même son de cloche du côté d’Imane Kabbaj, DG de l’agence immobilière CBRE, spécialisée dans l’immobilier d’entreprises. «Il faut savoir que sur ce segment, l’activité est peu liquide dans la ville ocre. Très peu de transactions y sont réalisées. L’indice moyen est vite tiré vers le haut ou vers le  bas. C’est un marché où l’offre est très limitée et la demande peu existante. Il est classé loin derrière Casablanca qui totalise 80% de l’activité, Rabat et Tanger. Les bureaux sont logés essentiellement dans des immeubles mixtes-résidentiel et professionnel- et l’offre n’est pas toujours qualitative».  

D’un autre côté, les experts en immobilier contactés par Médias24 sont unanimes à dire que le comportement de l’immobilier d’entreprise dans une ville est intimement lié à la dynamique de l’activité économique. C’est un  principe incontestable. «La corrélation est mécanique», ajoute Mme Kabbaj.

«Vu le ralentissement de l’activité  touristique, principal demandeur d’immobilier d’entreprise dans cette ville, il est normal que les prix baissent. Les agences de voyages et les métiers qui gravitent autour de l’hôtellerie et du tourisme temporisent. C’est l’une des explications les plus rationnelles», note pour sa part William Simoncelli.

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