Ramadan. Les Marocains dépensent 37% de plus en alimentation
C’est évidemment dans cette forte hausse de la demande qu’il faut voir l’origine de la hausse des prix. Celle-ci touche essentiellement le poisson, les œufs, les fruits et les agrumes.
Le HCP publie une intéressante note au sujet de l’évolution de la structure de la consommation des ménages pendant le mois de ramadan. Les conclusions, extrapolées à partir de la précédente enquête nationale sur les dépenses des ménages, font ressortir les évolutions suivantes :
-Les dépenses de consommation augmentent en moyenne nationale de 16,3%. La hausse dépasse 40% pour les couches les plus aisées.
-82% de cette hausse va à l’alimentation, qui augmente de 37%.
-les dépenses de transport, communication et loisirs augmentent également, celles de l’habillement baissent.
-La hausse de la consommation de produits alimentaires va surtout aux fruits, aux viandes, aux céréales, au lait et dérivés, aux boissons.
-La hausse des prix qui en découle se situe entre 3% et 6% pour les agrumes, les fruits, le poisson et les œufs.
Voici les grandes lignes de l’enquête du HCP:
Selon la dernière enquête sur les dépenses de consommation des ménages au Maroc, réalisée par le Haut-commissariat au Plan, entre juillet 2013 et juin 2014, la dépense de consommation par ménage s’apprécie de 16,3% en moyenne durant le mois sacré. Il est à noter que cette hausse dépend du niveau de vie des ménages.
En parallèle à cette appréciation globale du panier de la ménagère, le mois de ramadan est aussi à l’origine d’une reconfiguration substantielle de la structure de consommation.
Ainsi, les ménages dépensent plus d’un tiers de plus en alimentation (+37%). Cette augmentation de la dépense alimentaire touche toutes les catégories de la population et s’accroît au fur et à mesure qu’on avance dans l’échelle du niveau de vie (en passant de 22,5% à plus de 40% entre les deux classes extrêmes).
Les produits qui contribuent le plus à cette dépense supplémentaire sont les fruits (+163%), les viandes (+35%), les céréales (+35%), le lait et produits laitiers (+47%).
Même si cette reconfiguration reste à l’avantage du panier alimentaire, à l’origine de 82% de la hausse constatée de la dépense globale durant ce mois, il n’en reste pas moins que d’autres rubriques de dépenses subissent des modifications importantes.
C’est le cas notamment de la rubrique du «transport et communication» (avec une hausse de 20% de la dépense dédiée) et de l’«habitat et énergie» (+3,7%).
Fait assez important pour être souligné, la dépense d’habillement baisse de 13% en moyenne durant ce mois sacré, notamment en milieu rural (-17,3%). En définitive, la dépense en produits non alimentaires n’augmente que de 4,6%, ce qui est l’apanage essentiellement du changement de comportement des citadins.
Par ailleurs, ces changements de comportement auront des impacts sur les évolutions des prix à la consommation. Par référence aux observations des dernières années (depuis 2006), l’appréciation totale que connaîtraient les prix des produits alimentaires, durant le mois de ramadan en cours, est estimée à 0,6% (cf. figure 3). Cet impact global serait ressenti, en grande partie, durant ce mois de juin, étant donné que 24 journées de jeûne coïncident avec ce dernier.
Les produits qui seraient les plus touchés demeurent le poisson, les œufs et les fruits.
Le prix du poisson devrait, selon le HCP, s’inscrire en hausse de 6% durant le mois de juin (1,2% en juillet). L’impact sur les prix des œufs atteindrait 3,3% (0,7% respectivement). Le prix des fruits, en particulier les agrumes et fruits frais, s’inscrirait presque dans la même tendance.
Notons en dernier lieu que les estimations menées permettent de conclure à la non signification des effets du mois sacré sur 22 produits alimentaires (sur un total de 32, selon la nomenclature de 2006).
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