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Interdit d'alliance avec beIN Sports, Canal+ prié de revoir son modèle

Interdit d'alliance avec beIN Sports, Canal+ prié de revoir son modèle
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Le 10 juin 2016 à 10h05 | Modifié 10 juin 2016 à 10h05

Canal+ ne s'alliera pas avec son rival beIN: l'Autorité de la concurrence a interdit son projet de distribution exclusive des chaînes BeIN Sports en France et lui a vivement conseillé de revoir son modèle et de proposer des offres moins chères.

Cette décision est un échec pour le groupe, dont Vincent Bolloré a pris le contrôle cet été. Face à une hémorragie d'abonnés, l'accord semblait la réponse idéale pour récupérer les 2,5 millions de clients de beIN, qui lui a raflé la plupart des droits du foot.

Canal+ serait devenu le diffuseur exclusif de beIN et aurait proposé des offres couplées, ce pourquoi il était prêt à payer à beIN 1,5 à 2 milliards d'euros sur 5 ans.

Mais il lui fallait le feu vert de l'Autorité de la concurrence. Plus précisément, la levée de l'interdiction de distribuer une chaîne en exclusivité, imposée pour 5 ans en 2012 quand Canal+ avait avalé son rival TPS, qui, comme beIN maintenant, le concurrençait sur les droits sportifs.

Déjà, la fusion avec TPS posait de sérieux problèmes de concurrence, a souligné le président de l'Autorité Bruno Lasserre, pour qui l'accord avec beIN a un air de déjà vu.

"Ce projet comportait un risque de collusion dans les droits sportifs, car les deux acteurs auraient détenu 80% des droits. La Ligue de foot était inquiète", a expliqué Bruno Lasserre. L'Autorité a critiqué aussi le coup porté aux opérateurs télécoms, privés de la commercialisation de beIN.

"Nous disons non aujourd'hui. Mais dans un an, quand les injonctions arriveront à échéance, nous allons tout remettre à plat" pour décider si ces injonctions sont prolongées ou non, explique l'Autorité. Ce sera un rendez-vous crucial pour la stratégie future de Canal+.

Mais d'ici là, Canal+ est prié de trouver d'autres solutions, car "sa clientèle vieillit et s'érode".

"Je ne peux pas croire qu'un groupe comme Canal+ n'ait pas de plan B. Il doit être plus agressif commercialement, avec des offres low-cost, comme les télécoms ou l'aérien. Les jeunes n'ont pas d'argent pour des abonnements si chers. Canal+ doit revoir son modèle", a conseillé Bruno Lasserre. Des souhaits qu'il avait déjà formulés lors du rachat de TPS.

L'abonnement à Canal+ reste à 40 euros par mois pour un an minimum, quand les nouveaux concurrents comme Netflix ou beIN sont à 10-14 euros par mois et sans engagement.

L'Autorité a cependant lancé plusieurs perches à Canal+ pour accepter de dire "oui, mais". Par exemple, en demandant que les clients puissent s'abonner à beIN sur Internet ou que les opérateurs télécoms puissent continuer à commercialiser la chaîne sportive. Mais Canal+ a refusé. Quant aux menaces de Vincent Bolloré de fermer la chaîne, M. Lasserre n'y croit pas. Le groupe reste "largement rentable", relève-t-il, car même s'il affiche des pertes massives pour ses chaînes françaises, il lui paraît "impossible de séparer artificiellement les comptes" avec ceux du bouquet payant CanalSat, rentable.

Autre stratégie

Canal+ s'est borné à répondre jeudi qu'il "devra donc travailler sur d’autres solutions pour faire cesser les pertes des chaînes françaises de Canal+". Le groupe ne fera pas appel, selon des sources proches de la direction. De son côté, BeIn a aussi annoncé "envisager de nouvelles modalités pour sa commercialisation.

Canal+, qui a perdu 550.000 abonnés sur ses chaînes françaises en 5 ans, à 3,9 millions de clients, doit trouver une autre stratégie pour faire revenir des abonnés et réduire ses coûts.

"2016 va être une année charnière pour le groupe Canal. Ils ont une volonté de mieux segmenter le marché et mieux 'adresser' les différents profils, notamment les jeunes actifs, on va voir cela de plus en plus de leur part", estime Olivier Pascal, analyste principal chez Analysys Mason.

Côté commercial, le numéro 2 du groupe, Maxime Saada, a ainsi évoqué des offres thématiques séparées et moins chères, sans engagement.

Côté coûts, il veut réduire très nettement ses émissions en clair, trop coûteuses, afin d'investir dans des contenus exclusifs, comme des séries ou des films en co-distribution.

Le groupe pourrait aussi demander une diminution de ses obligations de financer le cinéma (12,5% de son chiffre d'affaires) qui lui coûtent 200 millions par an.

Le point noir reste un manque de sports majeurs et la situation est figée pour un moment.

"C’est une bonne nouvelle pour les consommateurs, tant les contours de cet accord laissaient présager des hausses de prix pour les abonnés de BeIN Sports"", s'est réjouit Que Choisir.

(Avec AFP)

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Le 10 juin 2016 à 10h05

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