Textile. Les pistes alternatives pour ne pas perdre le marché américain
Même si le Maroc garde toujours un petit espoir quant à l’aboutissement du travail d’un lobbyiste américain pour la reconduction du tarif préférentiel, d’autres pistes dont explorées en parallèle.
Les textiliens continuent de payer les services d’un cabinet de lobbying américain, spécialisé dans le commerce international, dans l’espoir de convaincre les Etats-unis de reconduire le TPL (Tariff Preference Level) pour dix ans supplémentaires, mais "ils n’y croient plus beaucoup", nous confie Mohamed Tazi, DG de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement.
En tous les cas, pas autant qu’en septembre 2014, date à laquelle l’Amith avait engagé ce cabinet en prévision de l’arrivée à terme, fin 2015, de la clause de flexibilité des règles d’origine accordée au Maroc dans le cadre de l’ALE. Cette dérogation à la règle de la triple transformation permettait d’utiliser, durant les dix premières années de l’ALE, des matières premières hors zone de libre-échange, sans être assujettis aux droits de douane. Cet avantage est aujourd’hui perdu.
Néanmoins, même si le Maroc garde toujours un petit espoir quant à l’aboutissement du travail du lobbyiste américain, il explore d’autres pistes en parallèle.
«Pour ne pas hypothéquer les opportunités offertes par l’immense marché américain, nous sommes en train de mettre en œuvre des scénarios alternatifs, tels la short supply pour le court terme et le développement des sourcing matières marocaines et américaines sur le moyen et long termes», a déclaré Mohamed Sajid, l’ex-président de l’Amith, lors de l’assemblée élective du 1er juin 2016.
Cette short supply pourrait contenir un certain nombre de matières premières, dont la liste est convenue à l’avance entre les deux parties. «Nous nous sommes penchés sur ce scénario alternatif dès le départ des négociations en 2014, mais vu qu’il s’agit d’une procédure assez longue et peu certaine, nous avons à l’époque privilégié la TPL», explique le DG de l’Amith.
Actuellement, «certaines matières comme le tencel -se situant entre le coton et la soie- font partie de la short supply et permettent des exportations de textiles marocains vers le marché américain sous ALE», nous confie la même source.
La piste de travailler à partir de matières américaines n’est pas non plus totalement écartée. «Tout est question de coût et de calcul. Si une matière peut supporter les frais de transport, l’export devient possible. Mais à ce niveau, seul le haut de gamme peut être concerné», souligne M.Tazi.
D’un autre côté et à moyen terme, pour être conforme aux exigences de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, l’Amtih compte monter des unités de filature au Maroc. «Nous sommes en contact avec des filatures à l’international», ajoute-t-il.
Rappelons que le marché américain constitue moins de 2% (450 MDH en 2015) de l’export textile. Il est parmi les plus difficiles d’accès, à cause notamment de procédures de dédouanement très strictes, qui nécessitent des délais longs. Cela pose des difficultés aux professionnels du textile, tenus par la saisonnalité des collections.
«Les exigences en matière de protection du consommateur sont à leur tour très complexes, non harmonisées avec celles de l'UE et varient selon les États», selon une note de Maroc Export. Ainsi, concernant l'inflammabilité des articles textiles, il existe trois réglementations différentes. De nombreux tests chimiques sont réclamés, une multitude, au niveau des normes (plus de 94.000 normes) sur l'étiquetage des produits et sur les dénominations à utiliser dans la composition des articles textiles.
Pourtant, les textiliens ne baissent pas les bras et comptent tirer profit d’une conjoncture jugée des plus favorables au courant de ces 10 dernières années. «Les conditions de change sont intéressantes, faisant des Etats-Unis un marché prioritaire pour le Maroc, sans oublier que certains donneurs d’ordre, sous l’effet de l’augmentation des coûts en Asie, considèrent le Maroc comme une solution alternative intéressante», conclut Mohamed Tazi.
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